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UVRE HUITIÈME. U

Qae faut-il pour que le nouveau-né grandisse? Il faut lui apporter les offrandes qui lui plaisent^ les branches du couza dont il aime à se nourrir. Il faut verser sur lui, dans sa bouche dévorante^ le beurre liquide. Si le souffle de l'homme ^t impuissant^ il faut appeler, par la force du chant, les vents déchaînés, les Marouts. Ils viendront sur leurs chars attelés de daims ; ils seront lesf premiers à célébrer la nativité du dieu enfant.

Voyez ! Le chef de famille, debout dans Tinté* rieur de sa hutte, a salué le jeune Agni en se prosternant jusqu'à terre. Les membres du dieu se sont développés à chaque verset de l'hymne. Le voilà maintenant qui secoue sa chevelure dorée sur le foyer.

De quel nom l'appellerons-nous pour mieux l'honorer? Il aura d'abord tous les noms qui conviennent à l'enfant divin. « Je l'ai vu à sa naissance au moment où sa mère le mettait au monde ; il ouvrait ses mille yeux pour voir celui qui lui apportait ses aliments. »

Mais hàtons-nous de lui donner les attributs qui plaisent le plus à une peuplade de bergers , et puisque tout est contenu, pour eux, dans la possession d'un bon troupeau de vaches, louons

le jeune dieu pour la beauté de son troupeau de vaches lumineuses qui s'agitent en mugissant dans les flammes de son bûcher : « Je l'ai tu s'environnant de ses rayons comme de son riche troupeau. »

Ainsi, il est maintenant un Dieu-pasteur qui erre de tous côtés pour garder ses vaches de feu (1)* Si le foyer s'éteint, la lumière et la vie disparaissent ; c'est que le troupeau a été enlevé par des méchants. Il faut le poursuivre, le ramener au bercail.

Langage de bergers qui ne prennent pas à la lettre chacune de ces images, mais qui s'en servent pour caresser le dieu nouveau venu. Et n'est-ce pas ainsi que, dans les litanies de la Vierge, véritables évocations, tous les noms les plus étranges, tour d'ivoire, étoile du matin, rose mystique' lui sont donnés, sans que l'idée vienne à personne de la confondre avec une tour, une étoile ou une rose? De même, de rudes bergers de l'Himalaya pensent ne pouvoir mieux charmer, caresser, gâter le jeune Agni, qu'en le fêtant, comme le roi des bergers, pendant sa

(1) Rig-Véda. Langlois. T. II, p. 116.

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