‹ La créationChapitre 45 sur 113 · LIVRE HUiTlÈMB · texte numérisé non relu

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des montagnes. Qu'est-ce que cela? C'est Agni qui monte dans les nues. Et pourquoi ? Pour porter sur les lieux hauts, à la race des immortels, leur part de Tholocauste.

U monte, il monte encore pour avertir les dieux, pour leur porter l'IiQureux message, pour les prendre sur son char et les amener dans la maison du chef de famille où des sièges de gazon sont déjà préparés autour du foyer. « Portes divines, ouvrez-vous! laissez entrer les dieux protecteurs qui viennent compléter le sacrifice. »

Les dieux, en effet, «sont descendus, les voilà. Us ont pris leur place sur les touffes d'herbe nouvelle, amassées autour du foyer. Ainsi, le sage Agni est devenu le messager des hommes et des dieux. Il est leur médiateur. Il se fait volontairement mortel pour attirer ici-bas les immortels dans la demeure dçs hommes. Sage, il monte vers les hautes régions ; il rassemble les races divines et les races humaines ; messager^^ héraut, sauveur, il s'interpose entre le ciel et la teire pour les unir. «Agni, dieu à la barbe d'or, porte nos holocaustes dans les lieux hauts. Que l'amitié fraternelle qui existe entre nous, et vous autres dieux, nous soit favorable ! »

Bon, doux, clément, adoré, adorable, ce dieu du foyer, ne le louera-t-on pas aussi de la chaleur qu'il répand? Ne le célébrera -t-on pas comme le vainqueur de l'hiver ? Non, c'est le seul éloge qui ne lui soit pas donné. Chose étrange, je ne trouve nulle part, dans aucun hymne, l'impression du froid qui se dissipe au souffle d'Agni. On remercie de toutes choses le dieu du feu excepté de la chaleur qu'il apporte. Preuve mani-

feste qne ces hymnes -sont nés dans les régions heureuses de l'Inde, là où l'homme ne connut jamais le supplice de l'hiver. Que nous sommes loin déjà de la nature morte, pendant les siècles de l'époque glaciaire I

Dans les tièdee régions de l'Inde, ce que l'homme redoute, ce n'est pas le froid, ce sont les ténèbres. Nées dans la lumière, ces races ont horreur dé l'obscurité. La nuit, le jour noir, voilà pour eux le fléau. Aussi le bienfait principal du dieu du foyer, du brillant Agni, c'est d'être un dieu de lumière. A peine né, le Héros rouge (1) poursuit de ses flèches la troupe noire des ténèbres. II les perce de ses aiguillons. « Il élève

(1) Arushah Vrishè. — The red Hero (Agni). Rig-Véda. Max Muller. Vol. 1, p. 8.

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