‹ La créationChapitre 46 sur 113 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

au loin son étendard pour avertir celui qui est dans la nuit. » Et on Texcité par ces mots : « Donne la mort à ces mauvais esprits qui se cachent sous la forme de la chouette, du chat-huant, du chien , du loup , du vautour, » Preuve que le chien était encore un animal sauvage ; et qui sait combien il a fallu de temps avant qu'il de- TÎnt le compagnon et le serviteur de Thomme?

Tant que dure le combat de la lumière et de l'ombre, aux premières heures matinales, tous les chants qui s'élèvent des huttes de pasteurs, pressent, encouragent, acclament la victoire du jour blanc sur le jour noir. Nulle part, dans aucune œuvré humaine, n'éclate à ce degré la joie de revoir la lumière après l'obscurité de la nuit. Pour l'homme primitif, comme pour l'oiseau, revoir la' lumière est la plus grande des félicités, celle qui contient toutes les autres. Et de même qu'à ce premier moment du jour, toutes les voix des oiseaux se délient, on sent cette même extase dans chacun des hymnes qui s'élèvent parmi les peuples pasteurs disséminés sur les plateaux et dans les vallées de l'Inde. Les hymnes védiques sont le gazouillement des races humaines à l'approche du jour.

Aussi, ce même feu de berger qui n'était tout à l'heure qu'un dieu enfant, le Toilà devenu le roi des êtres. Il semble créer le ciel et la terre parce qu'il les montre. Dans sa joie infinie de retrouver l'univers, l'homme n'épargne pas sa reconnaissance au génie de son foyer. Agni n'at-il pas paru, dans sa hutte, et allumé les feuilles sèches, longtemps avant que l'aurore ait jailli? C'est donc Agni, l'hôte de son toit, l'ami de la maison qui précède les aurores? C'est donc lui qui les éveille et leô colore de ses feux? Le ciel lumineux n'est que le foyer du grand pasteur des mondes. • Il est* mort hier, il renaît aujourd'hui. » Premier instinct d'immortalité.

Celui qui rampait tout à l'heure , maintenant soulevé et grandi par l'hymne, remplit l'immensité. «De lui naît le soleil, il s'élance et enfante la magie des dieux. » Il est le parent du soleil qui est un autre lui-même. Ou plutôt il habite en haut, en bas, avec les mortels et les immortels. « Il enfante les mondes. » Il est la vie, il est le souffle, il devient Brahma, il renferme en lui tous les dieux, comme la jante renferme en elle tous les rayons de la roue.

Ici l'extase de la lumière se perd dans l'éblouis»

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