CHAPITRE VIII
TERRAINS TERTIAIRES (Suite).
l Eo ce lies, Ce qu'on entend pah terrains j Miocènes, ( Pliocènes.
Richesse de la faune de celte période.
Est-ce tout, et faut-il s'arrêter et conclure? Ce serait te trahir, ô féconde Nature, Et mal approfondir ton œuvre et les desseins • Ce serait délcnir le meilleur de tes biens ; Oui, quand de jour en jour la prévoyance active Donne de ses effets une marque plus vive, Ce serait lâchement laisser sous le boisseau Ton auguste clarté dont réclat est si beau.
Mais quoi ! voici déjà, brillante à son aurore, Une création qui s'empresse d'éclore.
La terre est rajeunie et fait, en ses transports, Naître mille produits dignes de ses efforts. La végétation splendide, souveraine, Partout couvre les monts et verdit dans la plaine ; Et la sombre forêt, sous ses épais rameaux, Cache, abrite, nourrit d'énormes animaux.
famille des Bupcinoïdcs (voir plus haut, note 27). Ce Mollusque a cela do particulier qu'il a une incision, une ouverture sur le côté.
« La Voliita Lamherti est aussi un buccinoïde de la tribu des Angystomes. Les Angystomes sont ainsi nommés à cause de leur ouverture étroite (grec, o^yeTov, a-j'Yoç, vase étroit, à ouverture étroite; Tojjivi, incision, ouverture). Ils ont un siphon très développé. Ce sont les Angystomes qui fournissent les coquilles les plus rares et les plus estimées : les Cônes, si connus dans le commerce sous le nom de coquille Amiral; les Porcelaines, si remarquables par l'éclat de leurs couleurs; les Olives; le genre Volute, qui comprend plus de cent espèces dont les plus remarquables sont : la Volute yondole (Voluta cymbium), vulgairement appelée char de Neptune: la Volute pavillon ; les Mitres, parmi lesquelles la Mitre pontificale et la Mitre papale.
« Tous ces buccinoiilcs peiiplcnl les mers dos [);iys chauds. » D. V.
Dont les racos, malgré leurs étranges structures, Préparent la venue aux espèces futures.
Pour marquer ces rapports, formels, prémédités, La science a trois noms, dès longtemps adoptés.
Le premier de ces noms est le mot Éocène^ Dont le sens est précis : c'est l'aurore sereine D'un âge où tout sera surprise, nouveauté. Les autres, comme lui, du grec ont emprunté Une combinaison qui semble assez obscure : Par moitié, du premier ils gardent la figure; Mais par moins ou parp/us ils en sont distingués. Les fossiles ici sont-ils moins prodigués: Cet âge, pour ce fait, sera dit Miocène; Si plus nombreux ailleurs, c'est lïige Pliocène '.
Avant que du savant l'œil investigateur Do ces terrains divers sondât la profondeur. Que de trésors cachés !... Les animaux fossiles, Ossements enfouis, squelettes inutiles.
Si par quelque accident déterrés, profanés, Sortaient de leurs tombeaux, les peuples étonnés Contemplaient un instant ces formes gigantesques. Et bientôt, les trouvant monstrueuses, grotesques, Ils les faisaient, hélas! rentrer dans leur milieu. Mais un homme parut... Un homme?... Un demi-dieu, Cuvier ^, le grand Cuvier qui, de sa main puissante, De ces êtres perdus restaura la charpente.
Sans doute il suffira qu'ici nous indiquions. En quelques traits saillants, ces restaurations.
L'Anoplotherium ^ est de l'âge éocène : Mammifère indistinct, il se sépare à peine
1. CI Les expressions Eocène, Miocène, Pliocène, par lesquelles aussi on désigne les terrains tertiaires Inférieur, Moyen, Supérieur, ont spécialement pour but de marquer leurs rapports chronologiques, d'après les relations entre les créations fossiles que chacun d'eux contient. Ils dérivent du mot grec : xaivoç, nouveau, lequel est commun aux trois expressions ; et du mot %ù>%, aurore, matin, pour la première ; du mot ;ieïov, moins, pour la deuxième ; et du mot itXetov, plus, pour la troisième. »