‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 33 sur 88 · Voyez les pages 88 ;i 03 du chapitre IX, l'" partie · texte numérisé non relu

Voyez les pages 88 ;i 03 du chapitre IX, l'" partie

3. Nous ne nous étendrons pas ici sur les forces souterraines de notre planète; nous ne chercherons pas à expliquer les causes des oscillations et des tremblements du sol, pas plus que celles des éruptions volcaniques. A qui voudra faire de ces importants sujets une étude sérieuse, scientifique et pourtant pleine de charme et de saisissant intérêt, nous dirons de lire ladmirable ouvrage de M. Elisée Reclus, la Terre, tome I", 4" partie, rhap. I et suivants.

Transcrivons ici, après l'éminent géographe, et en conservant sa traduction, le passage où Lucrèce (de Naturà rerum, lib. VI) expose dans son magnifique langage la cause des tremblements de terre :

.1 Apprends maintenant la cause des treiiiblements de terre, al persuade-toi surtout « que l'intérieur du globe est, comme la surface, reni|jli de \çnt, de cavernes, de lacs, <i <1(' précipices, de pierres, de rochers, d'un grand nombre de lleuves intérieurs dont

Que s'est-il donc produit? — La chaleur souterraine Qu'en ses foyers ardents retenaient avec peine Les couches des terrains par les siècles formés, Se communique aux gaz si longtemps comprimés. A ce contact ceux-ci s'irritent, se dilatent, Et bientôt, dégagés, de toutes parts éclatent. Rien ne peut résister à cet ébranlement, Et partout il se fait comme un soulèvement. Par qui schistes, granits, porphyre, gneiss, calcaire, Au dehors repoussés, sont remis en lumici'e : Phénomène inouï, mais dont l'œil et la main Retrouvent en tous lieux le résultat certaine

Ce qui vivait jadis au fond des noirs abîmes, Par lui s'échoue et meurt sur les plus hautes cimes : Et, tandis que poissons, mollusques, crustacés, Hors des lacs, hors des mers, sont tout à coup lancés,

les flots impétueux emportent et roulent des blors submergés. Les Ircrablemcnts do la surface du globe sont occasionnés par l'écroulement d'énormes cavernes que le temps vient à bout de démolir. Ce sont des montagnes tout entières qui s'effondrent, et dont la secousse violente et soudaine doit se propager au loin par ces terribles vibrations ; c'est ainsi qu'un chariot, dont le poids n'est pourtant pas considérable, fait trembler sur son passage tous les édifices voisins, et les coursiers fougueux, en entraînant derrière eux les roues armées de fer, secouent tous les lieux d'alentour. Il peut arriver aussi qu'une niasse énorme de terre tombe de vétusté dans un grand lac souterrain, et que le globe vacille par une suite d'ondulations. De même, à la surface de la terre, un vase plein d'une onde agitée ne peut reprendre son équilibre tant que l'eau contenue n'a pas trouvé son niveau. »

4. « Les principales modifications qui se sont manifestées ou se manifestent encore de nos jours dans la constitution et dans la configuration de la croûte solide du globe sont dues à deux ordres de causes principales : les unes s'expliquent par l'action de la chaleur intérieure, tandis que les autres dépendent des effets produits par les agents extérieurs. « Les actions qui procèdent de l'intérieur de la terre sont le résultat de la chaleur centrale, quelle que soit la cause de celle-ci ; ce sont les tremblements de tare, les volcans, les soulèvements. Tout le monde sait que, dans les tremblements de terre, il se produit à la surface du sol dos crevasses plus ou moins étendues, plus ou moins profondes ; qu'il se fait |)arfois des soulèvements de terrain considérables ou des affaissements qui ne le sont i)as moins, que des montagnes s'engloutissent et que d'autres apparaissent subitement, que des rivières disparaissent, que des lacs s'écoulent dans dos conduits souterrains, etc..

« Les phénomènes volcaniques nous offrent également des soulèvements du sol, dos crevasses profondes, des excavations plus ou moins étendues. Fréquemment il s'élèvo du sein de la terre des montagnes coniques tantôt pleines et tantôt présentant à leur centre un canal et à leur sommet un cratère. En outre, les volcans vomissent au dehors des matières solides di\erses ou des substances fluides qui .se solidident plus tard. L'éjection de ces matières modifie, dans certains cas, considérablement la surface des lieux. Il en est de mémo des vapeurs qui, dans les éruptions volcaniques, se dégagent des cratères, des laves, des solfatares, etc. Elles désagrègent les matières environnantes, les réduisent en poussière ou en bouillie, ot sôp.ii-cnt leurs éléments, qui, libres alors, forment des composés nouveaux. » D. V.

GÉOLOGIE ET PALEONTOLOGIE

Les monts où s'iMevaient le jugland et le chêne, Et le cèdre géant et l'yeuse hautaine, Et qu'en sécurité des milliers d'animaux Visitaient, parcouraient hors d'atteinte des eaux, Désagrégés, creusés, laissent la place vide Au cours torrentueux de l'élément liquide".

Ce qu'eut en ce moment de forte expansion. Sur les déclivités, cette inondation.

Quel esprit sans effroi pourrait s'en faire juge? On remonte au chaos, et l'on songe au déluge. Oui, ce déhordement de la tradition.

Malgré nous, s'offre à nous comme une vision Qu'éclaire le récit de l'écrivain biblique. Mais ce rapprochement que l'apparence explique Scientifiquement ne peut se soutenir :

Car, à cet âge encor, l'homme était à venir; Et, suivant le dessein qui s'impose à Moïse, Le déluge, qu'est-il? Une épreuve, une crise, Une expiation, que la Divinité Inflige à l'être humain pour son indignité '^.

y. « Qunnd on étuflie les différents terrains qui constituent l'enveloppe solide du « globe, on est étonné de renrontrer à des hauteurs considérables des dépôts carac- « térisés par la présence d'êtres marins, et qui n'ont pu évidemment se former que « sous les eaux de la mer. Cependant, rien de ce que nous pouvons observer dans les « phénomènes de l'époque actuelle ne nous autorise à penser que les mers aient pu « se trouver autrefois à une pareille élévation pendant un temps suffisant pour y « placer les dépôts souvent considérables dont nous parlons. Il faut adu ettre que ces « dépôts ont pris naissance au-dessous du niveau actuel, et qu'ensuite ils ont été souo levés du fond des mers jusqu'à la hauteur où nous les trouvons. Cette hypothèse est « pleinement confirmée par les phénomènes dont nous sommes aujourd'hui témoins, et .< qui certainement ~ se sont manifestés à toutes les époques sur la surface du globe, « mais avec une intensité et sur une échelle bien supérieures...

« On peut aussi invoquer des faits qui prouvent d'une manière évidente que des « affaissements se sont produits à des époques très reculées. En France et en Angle- « terre, sur plusieurs points des côtes, on aperçoit dans les marées très basses des « amas étendus d'arbres semblables à ceux qui croissent dans nos forêts ; ils reposent « sur le sol qui les a vus naître, cap un grand nombre d'entre eux sont encore debout, « fixés en terre par leurs racines. Ces forêts sous-marines sont constituées par des « chênes, des bouleaux, des sapins, et l'on y remarque même les débris de différentes « espèces de cerfs qui les habitaient jadis. » D. V., passim.

G. Nous n'entendons point nous élever ici contre l'authenticité du récit de Moïse. La croyance à un déluge universel n'était pas particulière au\ Hébreux. Si ce peuple avait son Noé, les Grecs avaient leur Deucalion, les Chaldéens leur Sisouthros, les Indiens leur Satyavrata, les Péruviens leur Bochira, etc. Nous voulons simplement faire remarquer qu'il ne saurait y avoir de connexité entre ce que les géologues appellent Diluvium et ce que la tradition biblique et, d'après elle, tous les écrivains sacrés appellent Déluge universel.

4 !..\ C.RKATION KT L'HUMANITE

Reprenons, maiiilenons la loi scientifique, Telle que sous nos yeux le sol même l'explique. Ce n'est pas dans le mot qu'est le critérium : Que Ton dise déluge ou bien dilicvium, Qu'importi'? Il est certain qu'à l'âge quaternaire i/alluvion clianirea la face de la Teri-e''.

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