‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 36 sur 88 · GEOLOGIK KT 1' A LK 0 N TO 1.0 G I E · texte numérisé non relu

GEOLOGIK KT 1' A LK 0 N TO 1.0 G I E

FauL-il enliii porter ses regards (HonncÊ Sur le grand Océan où, partout égrenés, Iles, écueils, coraux, récits madréporiques, Sont d'un monde nouveau les essais fantastiques, Monde prédestiné, que les âges suivants Verront s'unir un jour aux deux grands continents^-?

Mais quoi! déjà l'Asie, au sud, à l'Australie, Par Java, Sumatra ^•■', se rattache et se lie :

se formât une langue de teriv do. l;i Sicile à la Tunisie, entre les ilcus mers il'Kspagne et de Crète. Un seuil sous-marin partage la Méditerranée en deux profonds bassins, et, grâce à son relief très prononcé, peut être considéré comme un isthme véritable...

<( L*.\sie et l'Australie constituent le troisième couple, bien que leur forme ne reproduise le type primitif que d'une manière imparfaite. Une rupture d'équilibre s'est accomplie au profit de la ])artie septentrionale, mais on retrouve néanmoins dans la configuration générale de ces grandes mas.ses les traits principaux qui distinguent les autres doubles continents. Comme l'Amérique du Nord et l'Europe, l'Asie est géologiquement isolée ; comme ces deux parties du monde, elle projette de nombreuses presqu'îles dans les mers environnantes, et si elle n'est pas reliée à l'Australie par un isthme continu, du moins le.t lies de la Sonde, .semblables aux piles d'un pont écroulé, sont-elles jetées à travers les mers d'un continent à l'autre. Quant à l'Australie, elle rappelle évidemment par sa forme régulière et presque géométrique, ainsi que par son manque absolu de péninsules, les deux autres parties du monde qui pénètrent dans les océans méridionaux.

Elisée Reclus, lu Terre, tome 1", chap. m.

32. « Tous les voyageurs qui ont parcouru la mer du Sud ont été frajipés détonnement à la vue des récifs élevés par les polypes au milieu des eaux. Parmi ces. récifs, les uns environnent à distance des îles et même des archipels entiers : ce .sont des barrières de corail. Les autres, éloignés de toute terre, sont disposés en forme d'anneaux ou de croissants plus ou moins allongés autour do lagunes ou de baies remarquables par leur eau d'un vert pâle ; ce sont les atolls... « A l'ouest de l'Australie, toutes les îles qui sortent des profondeurs marines, sur un espace de six mille kilomètres en largeur, sont des atolls qui s'engouffreraient lentement si les polyqiiers n'en exhaussaient incessamment les bords. Parmi ces iles se trouve l'archipel des M.aldives, cette double chaîne de montagnes sous-marines dont chaque cime est couronnée pai' une tiare de corail se dressant au-dessus des eaux...

" Après le continent américain, qui s'exhausse avec lenteur, viennent les innombrables îles basses de 1 Océanie, dont la plupart aui-aient déjà disparu depuis hmgtemps si les travaux des polypes ne les maintenaient au niveau des flots ; puis se développe en un vaste demi-cercle, signalée de loin en loin par des volcans, une large zone d'iles et de plages qui s'élèvent graduellement, comme pour remplacer dans l'avenir le vieux continent d'Australie... >■

Elisée Reclus, la Terre, tome I", pages l:<'i et SOti.

Xi. u Sumatra fait face à la prescpi'ilc indo-chinoise de Malacca ; le dô'^roit de peu de largeur et de peu de profondeur (jui l'en sépare, et qu'amoindrissent encore les grou|)es d'iles, recouvre sans doute les terres effondrées par lesquelles l'isthme indoaustralien se soudait à la masse de l'.Asie... « Entre Sumatra et Java, dans le détroit de la Sonde, il n'y a que de petites îles.

!f, I. A CRI- AT ION F.T L'HUMANITE

El, dans la haiilr vw-y, volcans et polypiers Du gouffre Idiil jaillir des archipels entiers, Qui tous, (durnés v-is l'est, tendance prophétique, Annoncent leur venue à la double Amérique.

Ainsi, tout sur le i;lol)e est en proportion ; Et dans cet éipiilibre est la condition De l'accord si pariait, de la force mflnie Qui de tant d'éléments ont fait une harmonie.

r.iTtes, les changenieids sonl \yi-< lents de nos joui Mais le travail jamais n'a suspendu s(jn cours -'^ Sur terre et sous les tlols d'incessants jiliénoinénes De sa réalité sont des preuves certaines. Ici, ce sont des caps, en pointe prolongés, Que l'on verra disjoints, rompus, désagrégés-''^ ; Là, des sables mouvants couvriront des presqu'îles, Et feront un déseil <le champs jadis fertiles'"' ;

')iié>im(.' Huci.rs^ Gcoij. tj Me raie.

Voir dans cet excellent ouvrage élémentaire fout le chapitre sur l'archiiiel indo-chinois.

3i. " Un mouvement incessant fait onduler l'écorce rigide de notre globe. Les masses « continentales s'élèvent pendant une longue série de siècles, puis elles s'abaissent de " nouveau pour s'exhausser encore avec de lentes et majestueuses oscillations, compa- « rables au va-et-vient d'un l)alancier. La Scandinavie, qui s'élève actuellement, « s'abaissait pendant la période glaciaire, et les populations qui, dés cette époque, y « faisaient leur demeure, étaient forcées d'abandonner pas à pas les vallées trans- " formées en fjords... »

Elisée Reclus, la Tevve, tome I", 4' partie, chap. vin, page 800.

3.Ï. « L'action érosive des eau^s douces courantes est trop manifeste et trop facile à « concevoir pour que nous y insistions. Les eaux, dans ce cas, agissent de plusieurs (. manières sur les roches en contact avec elles, mais surtout en les désagrégeant, en <c s'infiltrant entre leurs fissures ; elles emportent alors les molécules ou les fragments « qui s'en détachent successivement. Les roches les plus dures, pour peu qu'elles « offrent une prise quelconque à cette action continuelle, finissent par céder. Ces (• effets sont d'autant plus marqués (jue la masse et la rapidité des eaux sont plus « considérables.

(( Les mers sont aussi la source de dégradations considérables; sans cesse elles (c battent en brèche les cotes et en détachent des matériaux de toutes sortes qu'elles « emportent dans, leurs profondeurs ou qu'elles ramènent sur les côtes basses sous « forme de cailloux ou de sable. Les effets produits par l'action des vagues et des « marées sur les terrains meubles sont quelquefois d'une soudaineté prodigieuse et « déterminent des désastres effi'ayants. Les cotes basses et sablonneuses de la mer du « Nord, depuis les bouches de l'Escaut jusqu'au canal de Jutland, nous ont offert, ic depuis quelques siècles seulement, des exemples teiribles de ces changements .souc dains. Mais lors même que li's roches sont très dures, la fureur des flots n'est point c< impuissante contre elles... ■ D. V.

36. Tout le monde conniiit l'origine di'< .■imonccllenients de .sables que l'on appelle (liiHfs... " \ I;i im;uiJi.' li i^^l•, le >.ililr mi. m nu par les eaux est promptement séché i< iiar le soleil, it eii-iiilr Muilcve pM li' xent du large qui le pousse vers le rivage ou

GEOLOC. lE I;T PALI- 0.\TOL(i(HE HT

Ailleui's, le lliix niûiitanl restreindra ses assauts,

Laissant à découvert des cordons littoraux^".

Véritables remparts d'une nouvelle plage ;

Plus loin, c'est un cours d'eau transportant au rivage

Du limon, du gravier, dont le dur sédiment

S'accumule en delta'"*, vaste atterrissement

Où, sur un fond vaseux, l'oau bourbeuse et sans pente

Trahie en de longs replis sa masse croupissante.

. il ne tarde pas à former de petit-; iiionticulc'?. Du côté de la mer, ces monticules

< présentent un plan incliné dont la pente est excessivement douce, tandis que du coté

< opposé le talus est très rapide, de telle sorte que le moindre vent suffit pour briser ( et faire ébouler le sommet. Or, comme le vent de mer est dominant sur les côtes, I il fait monter sans cesse le sable sur le plan incliné qui regarde la mer et le jette ( ensuite sur le versant opposé. Il résulte de là que les dunes voyagent et s'étendent c dans l'intérieur des terres. Dans leur marche, elles enterrent les champs cultivés, les I maisons éparses et même les villages... Ces masses énormes de sable auraient trans- ( formé en un désert stérile tout le terrain compris entre l'Océan et la rive gauche de I la Garonne si l'on n'était parvenu ù les arrêter... en y semant des forêts de pins 1 maritimes... Dans le Boulonnais, on a obtenu d'excellent? ré.sultats avec l'Arimdn

arennria. >< D. V.

37. « Lorsque la côte est verticale, le flot de la mer parvient presque toujours à ; l'entamer par sa partie inférieure, qui alors se creuse peu à peu jusqu'à ce que. : enfin, les couches supérieures qui surplombent, n'étant plus soutenues, se précipitent

dans la mer. Cette chute a siu'tout lieu rapidement quand la côte est constituée puideux sortes de roches différentes, dont l'inférieure est moins résistante que la supérieure. Mais, dans ce cas, il arrive que la de>triirtioii elle-même vient mettre obstacle à une destruction ultérieure. Les flots repoussent les parties les plus résistantes, en accumulant les débris sur le rivage de manière à constituer des tolus, des levées, et ces immenses bancs de galets et de cailloux roulés que l'on remarque dans certains parages. Ces levées se disposent en bourrelets plus ou moins continus, nommés cordons littoraux, offrant dans leur profil la courbe la plus convenable au mouvement des flots. Elles régularisent ainsi les anfractuosités naturelles des côtes, tout en opposant une barrière que la mer ne peut plus rompre que dans les violentes tempêtes. L'orage passé, les ouvertures ne tardent pas à se combler elles-mêmes... ><

38. K Les fleuves se chargent dans leur cours ilnne giliis un moins grande (piantité de matières qu'ils vont en>uite déposer sur des piiiîit> pins ou moins éloignés de ceux où ils les ont enlevées. Les parties les plus pesantes s'arrêtent ordinairement sur les bords mêmes du fleuve, tandis que les plus légères sont transportées jusqu'à la mer, où le mouvement en sons opposé des vagues arrête leur marche et les repousse sur le rivage. Ces dépôts qui s'accunuilent incessamment pendant une longue suite de siècles, forment d'abord des hauts-fonds, des groupes d'îles d'une étendue très variable. La même cause continuant toujours d'agir, l'espace qui sépare ces îles entre elles ou qui les isole du continent finit par se combler peu à peu. Au bras de mer succèdent des lagunes peu profondes, puis des étangs et des marécages, et enfin de vastes plages, entrecoupées de canaux naturels, que l'homme ne tarde pas à s'approprier parce qu'elles sont toujours douées d'une fertilité remarquable... Aux terres ainsi formées on a donné le nom de deltas à cause de la forme triangidaire

; qu'elles semblent affecter di; préférence et de leur ressemblance avec la figure de l.i

< lettre grecque A ainsi appelée. Les principaux deltas sont ceux du Ml. du Mp'r. c du Gange, de llndus, du Mississijii. do l'Orénoque, du Danulie. du l'ô. et iiiliii

celui du Rhône, vulgairement appelé île de la Camargue. » 1). V .

Lagunes el marais à la mer arrach^'s.

Ces espaces bientôt par l'homme desséchrs, Riches de tous les biens d'une heureuse culhire. Sont là pour confirmer ton pouvoir, ô Nature!

C'est toi, c'est encor loi qui, par réniption Des gaz, des minéraux réduits en fusion, Soulevant, déchirant le sein gontlé des terres. A la lave en fui-eur ouvres les noirs cratères^'-'.

Que d'observations, que d'accidents, de faits, De ton œuvre en tous lieux attestent les effets! Glaciers, alluvions, coraux et stalactites, Exhaussements du sol, cristaux et stalagmites'*'' Sont autant de moyens par lesquels aujourd'hui A la création tu prêtes ton appui.

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