‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 68 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La civilisation, comme le soleil, va d'orient en occident. — Dominations asiatiques. — Assyriens et Cbaldéens, Mèdes et Perses, Égyptiens. — Despotisme, ignorance, esclavage. — Civilisation hellénique. — Philosophie et liberté. — Athènes et Sparte. — Dissensions intestines. — La licence étouffe le patriotisme. — Décadence et servitude.

Salut à l'Orient, à la Terre Promise!

Salut à l'Astre roi qui, dans son cours, précise La marche que suivra l'homme civilisé!

Par l'aube aux doux rayons le cycle est commenct. Voyez! à l'horizon la rutilante sphère Sur le monde ébloui projette sa lumière. Quelle sage lenteur et quelle majesté ! Elle monte au zénith * et de là sa clarté Dominant, pénétrant jusqu'aux cavernes sombres. De la vallée aux monts va dissiper les ombres. Tout est rasséréné, vivifié, ravi ; La terre ouvre au soleil son sein inassouvi, Et l'astre, en décrivant sa courbe lumineuse, Lui verse les trésors d'une abondance heureuse.

1. Quand on se plare sur un lieu élevé ou dans une vaste plaine, un rerole immense borne notre vue de tous côtés. Ce ceixie, cest ce que l'on nomme Horizon du lieu ou Horizon sensible. Qu'on se (igure un autre cercle parallèle à celui-ci et passant par le centre de la Terre, nous aurons VHorizon rationnel ou mathématique. Suspendez un fil à plomb ef supposez-le prok>ngé jusqu'à la voûte céleste au-dessus et au-dessous de l'horizon, ce fil à plomb la rencontrera en deux points : l'un placé audessus de votre tète, c'est le jénii/« ; l'autre diamétralement o posé ;iii premier ,.'t caché sous l'horizon, c'est le nadir.

228 LA CHKATION ET L'Fl UM A N' I TE

Il montait... 11 descend sur l'occident ému : Bientôt même à nos yeux son disque est disparu; Mais ses derniers rayons, dont l'horizon se dore, Seront pour d'autres cieux le lever de l'aurore.

Civilisation ! eh bien, n'est-ce point là L'image des progrès qu'en tout temps révéla Du levant au couchant ta marche successive? Pas plus que le soleil tu ne fus inactive : Dès l'aube, tu parus aux pays enchanteurs Où l'homme sous ses pas voit éclore les fleurs-'.

2. <. L'histoire de la civilisation orientale peut se ramener à relie de trois grandes « races profondément distinrtes de mœurs, de langues et d'esprit : 1° la rare japétique « ou indo-euroi'éenne embrassant les classes nobles de Tlnde, celles de la Perse, du (i faucase, de l'Europe entière; 2° la rare sémitique, comprenant les populations de l'Asie occidentale et méridionale, depuis l'Euplirate jusqu'aux rivages de la Méditeri< ranée; la race chamite, représentée par les peuples de l'Afrique et surtout pir les « Égyptiens et les Éthiopiens. Les Phéniciens et les Carthaginois, leurs descendants, « ayant fortement subi l'ii.fluence de la race sémitique, peuvent par cela même être .1 confondus avec cette dernière.

« L'étude attentive des traditions historiques, la comparaison des langues et l'ciamen « des caractères physiologiques montrent la confraternité des différents peuples issus de K chacune de ces rares. On sait par exemple que la langue sacrée de l'Inde, le sanscrit, « présente avec les idiomes de la Perse, de la Grèce et de l'Italie ancienne une i( frappante conformité, et que cette langue, au moins dans ses éléments fondameni< taux, a régné depuis l'Inde jusque dans la Scandinavie. 11 a été ainsi démontré que « les Indiens, les Perses, les Germains, les Grecs ont une origine commune et que (( l'identité de la race japétique avec celle que les modernes ont appelée la race indoi< germanique est incontestable.

(. De même chez les descendants de Sem, la langue est le lien commun entre « les Chaldéens, les Syriens, les Hébreux, les Arabes, auxquels il faut ajouter les « Phéniciens.

« La descendance de Sem, de Cham et de Japhet forme bien la grande division « de la race blanche ou caucasique qui a peuplé l'Asie occidentale, toute l'Europe et « le nord de l'Afrique. Mais il y a encore deux autres races, la race jaune ou moni< gotique qui a toujours habité l'est et le nord de l'Asie, et la race noire qui s'est con- K centrée dans l'Afrique.

« L'une, la rare noire, n'a pas d'histoire, et la race jaune, à laquelle appartiennent « les Chinois et les Mongols, est restée en dehors du mouvement de la civilisation i< générale. Ces deux branches de la famille humaine seront, donc exclues de notre Il travail.... D'un autre coté, les Indiens, malgré leur civilisation brillante, n'ont pas « conservé de monuments certains de leur histoire. Aussi n'y a-t-il guère à s'éloigner. Il pendant une moitié de l'histoire universelle, des bords de la Méditerranée. C'est sur Il cette mer et dans les pays qu'elle baigne (ou qu'elle avoisine) que se sont décidées « les destinées des peuples anciens et des Etats du moyen âge. » (J.-J. Guillemin, Histoire ancienne, chap. n.)

Le même auteur dit dans la préface du même ouvrage : n C'est l'Orient qui a fait Il l'éducation de la Grèce et de Rome, et par là celle du monde. C'est delà vieille Asie « que nous sont venus les religions, les sciences, les arts, c'est-à-dire a civilisation ;i el e-mèaie. Chaque peuple a eu son rôle dans ce grand mijuvement qui commence à .1 la dissémination des races et qui aboutit à l'établissement du christianisme. Aux Il Juifs appartient la gloire d'avoir conservé et perpétué la tradition primitive du « genre humain... L'Egypte est le sanctuaire mystérieux où vont s'inspirer les

Je suis avec respRcl depuis l'Inde et la Ciiine^ Les centres fortunés que ton œuvre illumine : Babylone et Nemrod, Ninive avec Assnr*, La brillante Chaldée où, sous un ciel d'azur, A la faveur de nuits calmes et sans nuages, Put naître et resplendir la science des mages" ; L'Egypte^ avec ses sphinx'', ses idoles sans nom. Ses mystères qu'un dieu, le ténébreux Ammon",

u philosophes, les législateurs de l'antiquilé. L'Assyrie précède la Perse dans la demi. « nation de la haute Asie, et, par eetle dernière, elle étend sur toute l'Asie Mineure « et jusque dans les îles voisines rinfluen"e de ses mœurs, de sa religion, de sa « civilisation enfin. Il n'est pas douteux maintenant qu'elle n'ait contribué aux premiers « développements de l'art chez les Grecs et chez les Etrusques. »

•S. Voir la note précédente (5' alinéa).

4. Nemrod, dit l'Ecriture, fut un fort chasseur devant le Soigneur : la ville capitale de son royaume fut Babel (Babylone), outre celles d'Arrach, d'Achad et de Chalannée, dans le pays de Sennaar.

De ce pays sortit Assur, qui bâtit Ninive, la ville Robohat et Chalcs.

Telle est suivant l'Écriture sainte, l'humble origine des deux grandes monarchies chaldécnne et assyrienne.

0. « Les Babyloniens, comme tous les peuples de l'Orient, avaient une théogonie Il savante à laquelle les prêtres chaldéens étaient seuls initiés, et qui embrassait c< l'histoire entière de l'univers et de sa formation successive... A ces conceptions '( primitives s'ajouta tout un ensemble de doctrines fondé .sur l'astrologie. Les phéno- « mènes dont le ciel est le théâtre devinrent la cause de tous les événements qui se '< passent sur la terre... Les astres sont les interprètes des volontés divines ou, pour '< mieux dire, des arrêts du destin. Le plus considérable et le plus influent de ce « astres, celui qui circule au plus haut des cieux, reçut le nom de El ou BeL (C'est le « soleil qui, personnifié sous ce nom, fut considéré comme le premier roi des Chal- « déens et le fondateur de Babylone.)... Les autres planètes du système chaldéen étaient « Mars, Vénus, Mercure et Jupiter... .Avec le Soleil et la Lune, avec les cinq premières « planètes qui les régissaient, prirent place dans ce système les douze maîtres ou « conseillers des dieux, dont chacun préside à un mois et à un des douze signes du « Zudiaque. » (J.-J. Gvit.i.Enm, Histoire ancienne, prédce, passim.)

6. Nous recommanderons de lire, pour se faire une idée de la civilisation égyptienne, le chapitre ni de la troisième partie du discours sur V Histoire universelle de Bossuet, et, parmi les ouvrages modernes, l'Histoire des peuples de l'Orient, de M. Maspéro, et le livre de M. Perrot, récemment publié, sur les monuments égyptiens (Hachette, éditeur).

7. En Egypte, le monstre fabuleux appelé Sphinx était une statue représentant une lionne à poitrine et à tête de femme, symbole de Neith, déesse de la sagesse. Souvent, au contraire, Neith, sur un buste de femme, portait une tête de lion. Les ruines des temples égyptiens en Thébaïde ont encore de longues avenues de sphinx qui conduisaient aux propylées des temples.

8. Ammon est le nom que les Égyptiens et les Libyens donnaient à Jupiter. On le représentait avec des cornes de bélier. Ce dieu avait au milieu des sab'es de la Libye un temple dont les oracles étaient célèbres. Alexandre le Grand visita ce temple et se fit proclamer par l'oracle fils de Jupiter Ammon. On en retrouve encore les ruines (Oum-Beidah) dans l'oasis do Syouah, Ammonium, à 500 kil. sud-ouest du Caire.

230 lw\ CRÉATION ET I. Il i: M A N IT É

Dans son temple, au milieu de l'océan des sables, Dérobait aux regards des humains misérables- Mais sage, bien réglée, et sachant de ses rois Tempérer le pouvoir par le respect des lois ^ ; La Perse 1° renonçant à ses mœurs pastorales, Le front ceint de la mitre aux splendeurs triomphales, Opulente, orgueilleuse, étreignant dans ses bras Cent peuples asservis qu'elle ne connaît pas, Mais par sa grandeur même accusant sa faiblesse El succombant enfin sous les coups de la Grèce*'.

9. « En Egypte, le royaume était héréditaire: mais les rois étaient plus que tous K les autres obligés à vivre selon les lois.... Ils souffraient que la mesure du boire n et du manger leur fût marquée.... que toutes leurs heures fussent destinées [c'est-à- .< dire que l'emploi de leurs heures fût réglé et déterminé].... Ils étaient épargnés .1 durant leur vie; le repos public le voulait ainsi; mais ils n'étaient pas exempts du Il jugement qu'il fallait subir après la mort, n

BossuET, Discours stir l'histoire universelle, 3» partie, chap. ni.

10. La vaste contrée que le géographe Strabon désignait sous le nom d'Ariane, et qu'on a appelée depuis le pa]/s de Vlran, était comprise entre le cours de l'Indus à l'est, le cours de l'Oxus au nord, la mer Erythrée au sud et une ligne tirée de la mer Caspienne au golfe Persique à l'ouest. Tous les peuples qui l'habitaient parlaient la même langue, le Zend. En général, ces populations portent la dénomination générique de Médo-Perses. Les Mèdes et les Perses furent en effet les peuples les plus puissants de ces contrées. Les Mèdes eurent d'abord la domination : ils furent remplafés par les Perses sous Cyrus. JVlèdes et Perses avaient vécu longtemps de la vie nomade et pastorale. Les Mèdes s'amollirent les premiers ; aussi Cyrus triompha-t-il d'eux sans beaucoup de peine. Les Perses s'amollirent à leur tour sous Gambyse, et ce grand peuple qui avait pu asservir l'EgyiJte, l'Asie Mineure, y compris les colonies grecques, échi>ua quand il vint à la Grèce elle-même, suivant l'expression de Bossuef.

11. Depuis Darius, fils d'Hystaspe, qui, comme on sait, envahit l'Attique, en 490, et les expéditions de Xerxés, dix ans après, les Grecs et les Perses ne cessèrent de se faire la guerre. Nous n'entrerons pas ici dans le détail de ces expéditions ; nous ne ferons le récit ni de celles de Cimon, fils de Miltiade et du traité qui porte son nom, ni de celles de Cyrus le Jeune et de la retraite des Dix Mille, ni de celles du roi de Lacédémone Agésilas ; il suffit de les avoir indiquées et de rappeler que, sous Darius III, Codoman, la Perse fut envahie par Alexandre le Grand, roi de Macédoine, et qu'elle fut soumise au vainqueur après les trois batailles décisives du Granique (334), d'Issus (333), d'Arbèles (331).

L'Egypte fut aussi envahie et conquise par le monarque macédonien, qui, voulant cnner une rivale à Tyr, fonda Alexandrie, le futur entrepôt du commerce entre rOrient et rnep,vi<.nt.

Après a mort au grand conquérant (323), l'empire macédonien se démembra. II se forma des dominations nouvelles : les Séleucides, descendants de Seleucus Nicator, restèrent maîtres de la Syrie et de la plus grande partie de l'Asie ; les Lagides, c'està-dire les descendants de Ptolémée Lagus, régnèrent en Egypte. A coté de ces grandes monarchies, il se fonda divers royaumes indépendants, celui de Bithynie, celui de Pont, celui d'Arménie, celui de Pergame, etc. En Europe, il y eut le royaume de Thrace, le royaume de Macédoine et le royaume Ed'pire.

<i II n'e^t pas besoin que je raconte en détail, dit Bossuct [Discours sur V Histoire « universelle, chap. v de la troisième partie), ce qui fit périr les royaumes formés des « débris de l'empire d'Alexandre, c'est-à-dire celui de Syrie, celui de Macédoine et celui

soc, lOLOCIK 231

0 Grèce! ô nom si doux! tu priii-lres mon rœur, Comme une voix d'ét^lio (jui d'un monde meilleur D'un avenir plus sûr annonce la promesse'-. Tout homme, h ton aspect, tressaille d'allégresse, 0 mère! car c'est toi qui, par la liberté'^, Nous a|)pris et nos droits et notre dignité '*•.

L'Orient''', dans sa force arbitraire, oppressive. Ne procède jamais que par voie exclusive.

> d'Ei;y|iti'. I„T fiujst' (■(jiniiiiiin' d.' leiir ruine est qu'ils furent riiiitr^iiiils ilc reliera I une plus jfr.uide puissance, qui lut la [luissanre romaine. .,

12. c< Telle est la \\'' int.'iii'ure cl.- la Ci-eee ju-qu'a la iiuerre inédiquo : les l'ois d'abord, l'aristneratie <>nsnile. puis di-s tyrans (pii s';qipuienf sur la classe oppriuiéiî

' ou sur des mercenaires : enlin. la cité se fïouï<'rnant elle-nième, ici en accordant ; davantag-o aux riches, qui possèdent le sol; là, en donnant davantage au peuple, qui 1 vit de l'industrie et du commerce. Cette forme jirévalait en Grèce au moment où les 1 Perses l'envahirent, et, flérodoto le dit, ce furent ses lilires institutions qui la sau- I vèrent... La civilisation allait périr, étouffée dans .son germe : Marathon et Salamine 1 la sauvèrent : noms glorieux que l'humanité reconnaissante répétera toujours... Qu'on 1 n'oublie pas que ce peuple [les Athéniens] traitait doucement l'esclavage et accueil- I lait l'étranger: qu'il tuait le coupable, mais ne le torturait pas ; qu'il assurait aux 1 vieillards, aux infirmes, leur subsistance, et donnait la patrie pour mère aux enfants ; que la guerre avait faits orphelins, qu'enfin au milieu de sa place publique, seul, dit : Pausanias, de tous les peuples anciens, il avait dressé l'autel de la Pitié, pour que : les suppliants vinssent y su.spendre leurs bandelettes. »

DuRuv, Histoire de la Grèce, pi'éface, passim.

13. « Los Grecs, ainsi iiolieés peu à peu, se crurent capables de se gouverner euxmêmes, et la plupirt des \illes se formèrent en républiques. Mais de sages législateurs qui s'élevèrent en chaque pays, un Thaïes, un Pythagore, un Pitfacus, un Lycurgue, un Selon et tant d'autres que l'histoire marque, empêchèrent que la liberté ne dégénérât en lieence. Des lois si;uplemcnt écrites, et en petit nombre, tenaient les peuples dans le devoir, et les faisaient concourir au bien commun du pays. » « L'idée de liberté, qu'une telle conduite inspirait, était admirable. Car la liberté que .s'y figuraient les Grecs était une liberté soumise à la loi, c'est-à-dire à la raison même reconnue par tout le peuple. »

BossuET, Discours sur l'histoire idiii^erselle, 3° partie, chap. v.

14. « La haine qu'avaient les Grecs pour les Barbares, c'est-à-dire pour les peuples asiatiques, leur était venue dès les premiers temps... Une des choses qui faisaient aimer la poésie d'Homère est qu'il chantait les victoires et les avantages de la Grèce sur l'Asie. Du côté de l'Asie était Vénus, c'est-à-dire les plaisirs, les folles amours et la mollesse; du côté de la Grèce était Junon, c'est-à-dire la gravité avec l'amour conjugal. Mercure avec Téloquence, Jupiter et la sagesse politique. Du côté de l'Asie était Mars impétueux et brutal, c'est-à-dire la guerre faite avec fureur ; du côté de la Grèee était Pallas, c'est-à-dire l'art militaire et la valeur conduite par l'esprit. La Grèce depuis ce temps avait toujours cru que l'intelligence et le vrai courage étaient son partage naturel. Elle ne pouvait souffrir que l'Asie pensât à la subjuguer; et, eu subissant ce joug, elle eût cru assujettir la vertu à la volupté, l'esprit au corps, et le véritable courage à une force insensée qui consistait seulement dans la multitude. »

BossuET, Discours sur l'histoire universelle, .3» partie, chap. v.

15. « Les grandes révolutions do l'Asie furent toujours l'ouvrage des nombreux et : puissants peviples nomades qui en habitaient la plus grande partie. Poussés par le

:.32 l.\ CREATION ET L HUMANITE

Il cherche l'étranger, mais c'est pour l'asservir :

Ni le sang, ni les pleurs ne sauraient le fléchir ;

11 répand la terreur de rivage en rivage,

11 apporte avec lui la mort ou l'esclavage ;

D'un côté les vaincus, de l'autre les tyrans:

La caste '"^ est la prison qui distingue les rangs.

Les prêtres, ces menteurs''', jaloux de leurs mystères.

Aux prol'anes impurs ferment leurs sanctuaires,

Et prêtres, rois, guerriers, les privilégiés,

Déjà de leur vivant semblent momifiés.

Tout est morne, impuissant, infécond, immobile ;

Les corps sont opprimés et l'esprit est stérile.

0 Grèce! heureux pays, aimable nation, Vive et grave à la fois, toute d'expansion, C'est à toi qu'appartient la gloire souveraine D'avoir tracé sa voie à la raison humaine '**.

Il hasard des cii'ooas'anoes ou par la nécessité, ils abandonnaient leurs demeures et » fondaient de nouveaux empires, subjuguant et opprimant les contrées fertiles et cul- « tivées de l'Asie méridionale, jusqu'à ce que, énervés par le luxe et la mollesse de .. leur nouveau genre de vie, ils fussent subjugués à leur tour de la même manière.

>c Cette considération sur leur commune origine sert à expliquer la grande étendue, « l'accroissement rapide et la courte durée de ces empires.

« Voilà aussi pourquoi leur conslitution intérieure a dû être dès lors toujours la Il même; et la renaissance continuelle du despotisme s'explique tant par le droit do

conquête que par la grande étendue de l'empire, qui rendait nécessaire un gouver- .1 ment de satrapes.

<i Outre cela, la polygamie, introduite chez tous les grands peuples de l'Asie, mit le

« désordre dans la constitution de la famille, et rendit impossible l'établissement d'une

« bonne administration publique, parce que, en substituant le despote domestique au

" père de famille, elle fonde le despotisme sur les habitudes mêmes de la vie privée. »

Heehfn, Manuel d'Iiistoire ancienne, traduit par Thurot.

16. La caste impose trois conditions principales à ses membres : 1» s'abstenir de certaines professions qui leur sont interdites ; 2° se préserver de toute alliance en dehors de la caste; 'A" continuer la profession qu'on a reçue de ses pères.. . On trouve l'organisation des castes chez tous les peuples de l'Orient : castes privilégiées de prêtres et de guerriers ; au-dessous, les agriculteurs, les pasteurs, les artisans.

)7. Le christianisme, qui proscrit absolument le mensonge, qui n'admet pas, sous le rapport religieux, plusieurs classes d'hommes, n'a au-'une do'trine ésntérique, c'està-dire aucune doctrine propre seulement à ses initiés : pour mieux dire, ses prêtres n'ayant pas d'enseignement ca^hé, il n'y a pas d'initiés.

Les religions du paganisme, au contraire, avaient toutes, en particulier chez les Assyriens, chez les Egyptiens et chez les Perses, deux sortes de doctrines : les unes e.xotériques, les doctrines du dehors, enseignées au vulgaire ; les autres ésotériques . réservées aux prêtres, aux privilégiés, aux initiés.

18. « En politique et en philosophie, la Grè''e est la grande école du monde... Ce « sont les Grc"s qui ont coiis^titué la philosophie dans son indépendance, car ils la i( séparèrent de la religion et on firent non le privilège de certains hommes, mais le « domaine de tons. Ils ne lui assi-'oeient p is un but déterminé et restreint, mais la

Entre l'est et l'ouest ''■', Ion merveilleux destin

Te plaça, comme un phare, au milieu du chemin.

En toi tout nous séduit^», nous charme et nous éclaire :

Tes luttes au début, tes arts au temps px'ospère.

Tu pousses, jusqu'au sein de la mer aux flots bleus

De tes monts parfumés les caps aventureux;

En sorte que tu vois des hauteurs de l'Âltiquc

Se dresser devant toi la rive asiatique-';

Que du Ténare-- au sud tes fils, vaillants marins,

Abordent en trois jours aux ports égyptiens;

Et qu'enfin, par Corcyre et la mer d'ionie-'*,

Tu donnes, d'autre part, la main à l'Italie ;

« reftierf-he pure do la vérité; et par là ils ouvrirent à l'esprit un hori/.on immense. Ce <i que le sentiment seul atteignait, la raison alla le saisir, et avc" quelle puissance 1 « Vingt siècles ont-ils beaucoup ajouté aux (lé"ouvertcs philosophiques des Hellènes? DuRUY, Histoire de la Grèce, préface.

Ifl. « La Grèce est une des trois puissances qui terminent l'Europe au sud... Au .< nord, elle tient au massif des Alpes orientales qui la séparent de la vallée du Danube, <. une des grandes routes des migrations asiatiques en Europe. Au sud, elle plonge par ■< trois pointes dans li Méditerranée, presque sous la latitude de Gibraltar et en face .< de l'une des plus fertiles proviu^'es de l'Afrique. Séparée par la mer de l'Asie, de " l'.4.frique et de l'Italie, elle s'en rapproche par ses îles. Les Gylade>j, qui commencent « au cap Sunion, vont se mêler aux Sporades, qui tou'-hont à l'Asie. De Cor'-yre, on " \oit l'Italie, du cap JI liée les cimes neigeuses de la Crète, et de cette ile les mon- « tagnes de Rhodes et celles de la cote asiatique. Deux journées de navigation mènent .1 rie la Crète à Cyrène en Libye : il en faut trois ou quatre pour atteindre l'Egypte. » Sthabon, paraphrasé par Duhuy, HWoire de la Grèce, chap. i.

:!(). :< Beau pays que mes yeux ont vu, qu'ils n'oublieront jamais, et dont ils aiment « à évoquer le souvenir pour éclairer les brouillards de notre ciel : montagnes qui vous " transfigurez dans une auréole de lumière; îles charmantes, mer azurée, qui faites de " la terre et des eaux le plus gracieux mélange que puisse rêver l'imagination des « hommes; fontaines dont l'onde est aussi pure que l'air dont elles tempèrent la chaleur: " fleuves, qui rcmplaccT; vos eaux que tarit l'été, par la verdure et la fleur des lauriers " roses: clarté du ciel surtout, clarté pleine rie pourpre et d'or, qui dessines et qui « dévoiles tout dans un pays où l'art et la nature ont une beauté et une grâce qui n'a «jamais besoin des ménagements du demi-jour; douce vue, aspects chéris..., c'est « vous qui en'-hanliez les yeux des spectateurs, tandis que les vers de Sophocle ou " d'Euripide enchantaient leurs esprits ! »

Sai.m-Marc GiRARDiN, Cours de littérature dramatique, torac !"■.

21. L'atmosphère de l'Attique est si pure que du cap Sunion on apercevait l'aigrette et la lan^e de la Minerve du Partliénon, et qu'à certains jours on croyait reconnaître dans le lointain les côtes de l'Asie Mineure.

22. Le Ténare, aujourd'hui cap Matapan, est le promontoire ou prolongation du mont Taygète, au sud de la I a-onic. Au pied du Ténare était une caverne profonde d'où s'exhalaient des vapeurs méphitiques : les gens du pays regardaient cette grotte comme l'entrée des enfers : de là, chez les poètes, la synonymie de Ténare el d'Enfer.

2-3. Nous entendons parler ici de la mer Ionienne (lonium mare), portion do la Méditerranée entre l'Italie à l'oueit et la Grèce et la Turquie d'Europe à l'est, le long des côtes de l'Albanie tt de l'Epire. Celle mer contient les îles Ioniennes, i)armi lesquelles se trouve Corcyre (aujourd'hui Corfou).

234 I.A CRHATIO.N ET I/HL'MANITK

Tandis que sur les bords cent golfes gracieux -'

Offrent aux arrivants leurs abris généreux.

Ainsi, de tous côtés tu t'ouvrais au vieux monde-',

Palpitante d'amour, en vérités féconde '-^.

Et les peuples ravis, dociles à ta voix,

A tes sages leçons venaient puiser leurs lois -''.

^4. [vi Grèce en généi-al est entourée de trois côtés par des mers, et ses côtes présentent une foule de golfes et de ports. Les mers qui entourent la Grèce sont : la mer Ionienne avec les golfes d'Ambracie, de Lépante ou de Corinthe et de Crissa; la Méditerranée avec les golfes de Messénie et de Laconie; la mer Egée ou l'Archipel, avec les golfes Argolique, Saronique, Miliaque, Pélasgique. Thermaïque, etc., etc.

Ajoutons que le Péloponnèse a été appelé Morée par les modernes, parce que ses rivages sont découpés comme les bords d'une fouille de mûrier (en latin, mo7'iis).

25 « Ni l'Egypte, avare de ses trésors, ni la Chaldée assise dans son faste et son « orgueil, ni la Perse adonnée aux soins du pâturage et des troupeaux, ni l'Inde impé- « nétrable dans ses sanctuaires, ne possédaient une curiosité assez libre et assez <i pénétrante et n'offraient un théâtre assez indépendant et assez bien préparé pour Cl l'activité désintéressée et généralisatrice de l'esprit philosophique. La Grèce plus (c heureuse, grâce à la clémence de son ciel, aux harmonies de son sol, de ses mers et « de ses archipels, placée entre l'Europe et l'Asie, s'avançant vers l'Afrique en face de « l'Egypte, comme pour aller au-devant des traditions du genre humain, se baignant « presque tout entière dans les flots de la Méditerranée, la plus sociable de toutes Il les mers, et qui la découpe comme une riche broderie, rassemblant dans un court « espace les produits de toutes les civilisations antérieures, mêlant les peuples, les i< idées et les souvenirs, et offrant à l'esprit humain comme un résumé de ses œuvres, « conviait toutes les activités humaines à se déployer librement dans son sein. »

Louis Lefbanc, Introduction à la philosophie, leçon d'ouverture à la faculté de Strasbourg, 1857.

26. 11 Ce que Gt la philosophie pour conserver l'Etat de la Grèce n'est pas croyable. « Plus ces peuples étaient libres, plus il était nécessaire d'y établir par de bonnes <i raisons les règles des mœurs et celles de la société. Pythagore, Thaïes. Anaxagore, 11 Socrate, Platon, Xénophon, Aristote et une infinité d'autres remplirent la Grèce de 11 ces beaux préceptes. 11 y eut des extravagants qui prirent le nom de philosophes ; mais 11 ceux qui étaient suivis étaient ceux qui enseignaient à sacrifier l'intérêt particulier « et même la vie à l'intérêt général et au salut de l'Etat: et c'était la maxime la plus Il commune des philosophes qu'il fallait se retirer des affaires publiques, ou n'y regarder 11 que le bien public. »

BossDET, Discours sur l'histoire universelle, 3" partie, chap. v.

27. Le philosophe grec Pythagore fut appelé par les habitants de Crotone, ville de la Grande Grèce (Italie méridionale), et on le chargea de rédiger un code de lois.

Le même philosophe réforma les mœurs des habitants de Métaponte, et, s'il périt plus tard dans cette ville, ce fut dans une émeute suscitée contre lui et ses disciples par les tyrans de l'It ilie méridionale, qui redoutaient son influence.

Plus tard, le divin Platon, le glorieux fondateur de l'Académie, acquit une telle réputation de sagesse, que plusieurs Etats lui demandèrent des lois.

Les Romains eux-mêmes, sir la proposition de Terentillus (■i.")4-453 avant Jésus-Christ), envoyèrent à Athènes trois commissaires, Sp. Postbumius, A. Manlius et P. Sulpicius, pour y recueillir les meilleures lois. C'est au moyen de ce premier travail que les déceravirs préparèrent et rédigèrent la fameuse loi des Douze Tables, qui fut pendant plusieurs siècles la constitution de Rome.

SOClOI.OfilK

Ces leçons qu'inspirait Tesprii |)liil()sophi([iic Soutenaient, avivaient l'élan déinocralique. Sans doute bien des fois cités et factions S'enflammèrent au choc de leurs discussions. Mais n'est-ce pas du choc que jaillit la lumière? Discuter, c'est lutter, et qui lutte s'éclaire. Sur ce champ de combat les esprits généreux S'engagent avec joie; et quand, victorieux. Emus de leurs succès, ils sortent de l'arène, Oh! qu'il est doux l'honneur qu'ils tirent de leur peine Ce bien qu'ils ont conquis, par le peuple accepté. Tout le monde en jouit : vrai fruit de liberté, Doux à qui le reçoit, plus doux à qui le donne. Avec tous le vaincu lui-même s'en couronne-".

Tant que le peuple grec, modéré, plein de foi ; Aux lois de la raison sut conformer sa loi ; Tant que, grâce au respect, son àme fière et libre En face des excès se tint en équilibre, Ce fut un âge d'or^^, dont la sérénité Dans un jour saisissant plaça l'Humanité.

Hélas ! pourquoi faut-il que le ciel s'obscurcisse. Et qu'un éclat si pur tout à coup se ternisse?

28. « La loi, rhez les Grecs, était la raison refoniuio par li^ peuple. Cette raison, on doit l'avouer, n'est pas toujours la plus parfaite. Mais, si elle s'égare, elle ne s'interdit du moins jamais à elle-même le droit de se rorrisrer. L'esprit philo.sophique, dans un tel milieu, quoique altéré que soit re milieu, reste toujours maître de lui-même. Il peut eherrlier la vérité, la proposer librement aux hommes et la faire triompher par la disrussion. Quelle que soit l'émotion des esprits dans la dispute, la discussion est toujours un heureux champ de bataille où aiment à se rencontrer les esprits généreux, où le vainqueur gagne la plus belle de toutes les victoires, celle de couronner lui-même le vaincu des dons de la vérité. "

Louis Lefranc, Intmihwtinn à la pkilanophir, leçon d'ouverture à la faculté de Strasbourg, 18.Ï7. Librairie V° Berger-Levrault, Paris.

29. « Raphaël voulut un jour peindre la Grèce. Au lieu de tracer, comme Parrhasios, un énigmatique portrait, il composa l'immortelle page de VEcoJe d'Athènes. Sous ces portiques que la main d'Ictinos ou de Phidias a élevés, voici Socrate, qui fonde dogmatiquement la morale humaine ; Platon et Aristote. qui ouvrent à la philosophie ses deux grandes voies ; Pythagore, qui révèle les propriétés des nombres ; Archimède, qui les applique ; et cette foule illustre qui entoure les maîtres pour recevoir leurs paroles et mus les transmettre. Donnez la vie à ce chef-d'œuvre du plus grand peintre du monde, et, comme l'histoire, vous contemplerez avec amour ces héros de la pensée, vous écouterez avec ravissement leurs voix harmonieuses ou austères, et vous redirez de la Grèce ce que disait d'ITomère un do nos poètes, qu'après deux mille ans passés sur ses ruines elle est jeune encore de gloire et d'immortalité. »

DuRuv, Histoire de la Grèce, préface.

16 l.A CRKATION ET LHUMANITK

0 déesse, ô Pallas^", gloire du ParLhénon^', Eh quoi, prêtant l'oreille à la voix de Cléon^'^, Ton peuple ingrat, léger comme l'onde est mobile, Renversa Périclès-'^, le vrai chef de la ville, Proscrivit Phidias^*, le sublime sculpteur, Et, ne maîtrisant plus son aveugle fureur.

30. Pallas, Athéné ou Minerve, était la déesse de la sagesse, des arts et de la guerre. Fille de Jupiter, elle sortit tout armée, selon la fable, du cerveau de ce dieu. Lorsque l'Egyptien Oé'-rops, débarqué en Attique, eut jeté les fondement-! de la ville, Neptune et Minerve se disputèrent l'honneur de lui donner un nom. Cet honneur ét;iit réservé à la divinité qui produirait la chose la plus utile aux habitants de la nouvelle cité. Minerve créa l'olivier, symbole de la paii et de l'abondance ; Neptune, d'un coup de son trident, fit jaillir de terre le cheval, symbole de la guerre. Le prix fut adjugé à Minerve, qui donna à la ville le nom d'Athènes (c'est-à-dire le propre nom de la déesse, en grec 'AÔYiv/i, Athéné). On célébrait en son honneur les Panathénées, fêtes brillantes qui attiraient à Athènes un grand concours de peuple.

31. Le Parfhénnn était le temple de Pallas à Athènes (so■.pe^^o;, viergel. Il était situé sur le même rocher que la citadelle. Détruit par Xerxès, il fui rebâti bien plus beau par les soins de Perielès. Le Parthénon était l'ouvrage des deux architectes Ictinos et Callicratès. On y admira longtemps la fameuse statue d'ivoire et d'or de Minerve chef-d'œuvre de Phidias.

32. Cléon, fils d'un corroyeur d'Athènes, mauvais orateur, mauvais général et flatteur de la populace, disputa à Périclès la faveur populaire et parvint même à éloigner quelque temps du pouvoir ce grand citoyen. C'est lui que le poète Aristophane poursuit de ses plus mordantes railleries dans ses comédies. Quoi qu'il en soit, Cléon, surtout après la mort de Périclès, joua un grand rôle. Il fut tué sous les murs d'Amphipolis, dans un combat que lui livra Brasidas, général Spartiate, qui périt, lui aussi, au milieu de sa victoire (421 avant Jésus-Christ).

33. Périclès, né vers 404, mort en 429 avant Jésus-Christ, fut longtemps ;\ Athènes le chef du parti démocratique. Ce fut sous son administration et sous sa direi^tion que furent élevés le Parthénon, l'Odéon, rEre"hthéion, les Propylées et tant d'autres monuments qui firent d'Athènes la capitale do la Grèce. Protecteur éclairé des lettres et des arts, qui, dans le sièf'le où il vécut, prirent un essor considérable, il mérita que le nom de siècle de Périclès fut donné à cette mémorable époque. On l'accuse d'avoir provoqué cette funeste guerre du Péloponnèse qui mit aux prises Sparte et Athènes, et contribua finalement à détruire non seulement la puissance des deux républiques rivales, mais même celle de la nation tout enticie. Renversé du pouvoir en 430, il y fut rappelé à la fin de cette même année. Il mourut peu après de la peste qui désolait .\thènos (420 avant Jésus-Christ).

34. Phidias, le plus grand statuaire de l'antiquité, naquit vers 400 et mourut en 430 avant Jésus-Christ. Il fut investi de la direction suprême des travaux que Périclès, par ordre du peuple, fit élever à Athènes. Ses plus beaux ouvrages étaient : la Minerve guerrière, la Minerve poliade et la Minerve limnienne, et enfin le Jupiter olympien. « Où avez-vous pris la figure de Jupiter olympien ? lui demanda-t-on un jour. — Dans « Homère,» répondit-il; et il se mit à réciter les trois célèbres vers du poète: « Ayant M dit, le fils de Saturne fit, de ses noirs sourcils, le signe de commandement ; les « cheveux du monarque, parfumés d'ambroisie, s'agitent sur sa tête immortelle, et il c( fait trembler le vaste Olympe. » — Accusé d'avoir détourné une partie de l'or destiné à la confection de la statue de iMinerve, il se disculpa facilement en détachant l'or de la statue sans nuire à l'œuvre. Mais on re-'onnut ses traits et ceux de Périclès sur le bouclier de la déesse. C'était l,i un sacrilège. Menacé d'une condamnatinn capitale,

A. Socrate^» incompris fit boire la ciguë ! Qu'importe que plus tard on dresse sa statue ! C'en est fait : l'anarchie aux basses passions Souftle de toute part le vent des factions. Le lien fut rompu : Sparte vainquit Athènes^'î ; L'orgueil, la jalousie, engendrèrent les haines ; Le mulet chargé d'or put suivre son chemin ^'' : Tout rempart fut ouvert au Macédonien.

C'est vainement qu'armé de sa mile éloquence, Démosthène^* tenta de faire résistance.

il s'enfuit chez les Elieiis et mourut en exil. ?ui\:int les uns : en prisoi autres.

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