‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 77 sur 88 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

La Royauté et la Xation. — Supériorité de la langue française. — Descartes et le Discours de la Méthode. — Grandeur et simplicité de son système. — Le Cartésianisme est l'âme du wn" siècle. — Caractère universel, humain, de la littérature. — Corneille et Racine. — La Fontaine et 3Iolière. — Bossuet^ Fénelon, Bourdaloue, La Bruyère et Massillon.

Oui, sous la main d'un seul, du rang et de la classe La disproportion se nivelle et s'efface : Nous devenons égaux dans la sujétion, Et l'Etat, c'est le Roi' : quant à la Nation, Rien d'abord, tout depuis, c'est la ruche féconde Où, loin des vanités dont s'amuse le monde. Loin des cours, sans égard aux mœurs des courtisans. Mais du droit de penser défenseurs imposants, Les esprits que soutient l'ardeur philosophique Travaillent sans relâche au progrès pacitique. Œuvre immense, dont nul ne peut prévoir la fin, Et qui ne s'accomplit que dans l'accord divin D'une haute raison avec un beau langage. Le style de l'esprit est la fidèle image :

i. « La Réforme prêchée par Calvin fournit à une partie de la noblesse un prétexte de revendiquer des droits politiques, tout en paraissant ne demander que la liberté de conscience. L'esprit communal aussi se réveiUa aus paroles passionnées des prédicateurs de la Ligue, et l'on put croire que la France allait retourner aux plus mauvais jours de l'anarchie féodale. Mais ces deux forces s'usèrent l'une contre l'autre. Henri IV offrit à ses fougueux adversaires de les faire vivre en paix : on l'accepta : et, après s'être fait catholique, il signa la charte des libertés calvinistes, l'édit de Nantes.

<i L'assassinat du Béarnais et une nouvelle minorité firent renaître de coupables espérances. Mais Richelieu avait saisi le pouvoir; il étouffa dans le sang toutes les réclamations, et il livra à Louis XIV un royaume où ce prince put dire avec vérité : L'Etat, c'est moi! »

« Tous, grands et petits, gens de robe et gens d'épée, clergé, noblesse, parlement, tous courbèrent la tète. L'égalité revenait donc dans une commune oppression, cette fois pour ne plus se perdre.

« Au sein de cette foule, la lumière avait pénétré, grâce au commerce, à l'industrie, au travail, qui avaient produit l'aisance, et par suite la culture de l'esprit. La grande insurrection du xvi" siècle recommença : le doute et l'examen, dogmatiquement enseignés par Bacon et Descartes, dominaient tous les esprits. De la science ils passèrent dans la vie même, et l'éducation publique se fit avec une merveilleuse rapidité. » (Duruy, Atlas de la France, Préface.)

Or lï'spril, (roù d'abord part la conception,

N'arrive à s'exprimer que par rétlexion -'.

Qui parle a rétléchi : donc la langue bien faite

Dans sa marche est toujours logique, l'ernic et nette.

Eh bien ! si du discours telle est vraiment la loi,

Qui mieux que le français sait en faire l'emploi ?

Serait-ce l'allemand et sa phrase à mystère ?

L'idiome liàtard et dur de l'Angleterre ?

L'italien si fade en ses tendres accents?

Ou l'espagnol verbeux aux sons retentissants^?

— Non, non! àia pensée il faut la clarté vive,

Et l'ordre naturel et la forme incisive :

Et ces qualités-là sont celles du français,

Il hait les longs détours, les vagues à peu près :

Il est de bonne foi, procède avec franchise,

Et jamais il n'admet l'équivoque indécise*.

2. « La langue française est avant tout la langue de la réllexioii. l'ar re cir.utrM-e elle remplit le miens les fonctions que la parole doit remplir. En effet, on jx^ise quelquefois par entraînement et par l'effet d'un premier mouvement irrésistible de l'esprit. Mais on ne joa/'fe jamais qu'avec la libre \olonte de le faire. Calme ou passionné, qu'il le sache ou qu'il l'ignore, tout homme qui parle réfléchit. Les véritables lois de la parole doivent donc se tirer, non de la nature de la pensée en général, mais seulement des caractères de la réflexion. L'ordre naturel du discours est celui de la lor/ique. c'est l'ordre raisonné, et c'est aussi celui de la langue française. Ferme dans la simplicité d'une telle syntaxe, siirc de son équilibre, qu'aucune équivoque ne fait chanceler, la langue française suit la ligne droite avec la bonne foi de 1 honnête homme toujours à visage découvert et qui dit toujours où il va. >>

Louis Lefranc, Intrùduction à la philosophie, leçon d'ouverture à la Faculté des lettres de Strasbourg, 1857.

3. « Les qualités fondamentales do notre langue n'ont pas été refusées aux autres langues modernes ; on les y reconnaît dans les bons auteurs, et elles y sont appréciées dans le public. Mais eiles sont pour ainsi dire ,au hasard du génie, et quiconque les voudrait imposer comme des conditions ne serait pas souffert. Ce qui est pour la France une sorte de constitution, écrite dans des grammaires et des vocabulaires officiels consacrés... est chez les autres nations une faculté individuelle qui n'est réglée que par le succès. Là, tout est en faveur de l'écrivain : et plutôt que de gêner sa liberté, ces langues se condamnent à être éternellement flottantes et à s'accroître à l'infini. On ne distingue pas par la langue les méchants écrivains des bons, et, parmi ceux qui sont jugés les meilleurs, on n'en choisit pas dont la langue doive faire autorité. En Allemagne, on n'est pas plus tenu d'écrire comme Goethe que comme Jean Paul Richter... De même la langue anglaise est facultative, et s'y moquer des préceptes d'Addison n'y porte point malheur ; tandis que, chez nous, on a remarqué, même avant Voltaire, qu'on ne s'y moquo pas impunément des préceptes de Boileau...

« Aussi n'importune-t-on pas les écrivains anglais et allemands de la nécessité d'être clairs. Ce serait pur pédantisme. Le public en saurait fort peu de gré au critique, en Allemagne particulièrement, où le lecteur est toujours plus patient que l'écrivain no peut être obscur. On y a tant de temps à soi qu'on s'y plaît aux énigmes... Avec la clarté, ne serait-ce pas fait de ce plaisir de deviner et de rêver que prise si fort le public allemand? » (.Nisabd, Histoire <lc la littérature française.)

4. « Le Français, par un privilège unique, est seul resté fidèle à l'ordre direct,

C'est la langue où le faux ne peut être souffert, Où le vrai, simple et fort, se montre à découvert, La langue du bon sens, dont la syntaxe unique Est le fruit naturel d'un fonds philosophique : En sorte qu'il suffit de parler en français Pour que de la logique on ne sorte jamais^.

Cette langue longtemps se cherche et balbutie : Mais Deseartes^ parait, dont le puissant génie La place dans sa voie et lui fixe son but. Un chef-d'œuvre immortel en marque le débuts

<i comme s'il était tout raison, et on a beau, par les mouvements les plus variés et « toutes les ressourres du stylo, déguiser ret ordre, il faut toujours qu'il existe : et « c'est en vain que les passions nous bouleversent et nous sollicitent de suivre l'ordre <i des sensations, la syntaxe française est incorruptible. C'est de là que résulte cette Il admirable clarté, base éternelle de notre langue. Ce qui n'est pas clair n'est pas » français : ce qui n'est pas clair est encore anglais, italien, allemand, espagnol, etc. » RivAROL, Discours sur l' universalité de la langue française. — Voyez plus haut la note 2.

5. i( Cette simplicité du discours, cette suite et celte logique que nous voulons dans « nos écrivains, contre notre propre naturel en quelque sorte, lequel n'est ni si austère, (1 ni si conséquent, ni si ennemi de toute parure et coquetterie que notre langue, ne

témoignent-elles pas que nous ne la possédons pas pour nous seuls, et que c'est une

langue à l'usage de tous dont nous n'avons que le dépôt ? N'esl-elle pas de toutes

« les langues modernes celle qui se rapproche le plus de cet idéal d'une langue algé-

i( brique rêvée autrefois par de grands esprits pour unir entre elles toutes les intel-

« ligences cultivées dans tous les pays ? »

NisABD, Histoire de la littérature française.

6. René Descartes naquit à La Haye, en Touraine, le 31 mars 1596, et mourut en Suède, en 1650. Ses principaux ouvrages philosophiques sont : le Discours de la méthode, les Méditations et les Principes philosophiques, dont l'édition complète a été publiée par Victor Cousin, en onze vulumes in-8°, 1824-1825.

Voici l'hommage qui est rendu à ce grand esprit par le même Victor Cousin dans la préface de cette publication... <i De tous les grands esprits que la France a pro- » duits, celui qui me paraît avoir été doué au plus haut degré de la puissance créatrice, « est incomparablement Descartes. Cet homme n'a fait que créer : il a créé les hautes « mathématiques par l'application de l'algèbre à la géométrie ; il a montré à Newton « le système du monde en réduisant le premier toute la science du ciel à un problème « de mécanique ; il a créé la philosophie moderne, condamnée à s'abdiquer elle-même, <i ou à suivre éternellement son esprit et sa méthode ; enfin, pour exprimer toutes ses « créations, il a créé un langage digne d'elles, naïf et mâle, sévère et hardi, cherchant « avant tout la clarté, et trouvant par surcroit la grandeur. »

7. Ce chef-d'œuvre, c'est le Discours de la méthode. Victor Cousin (Rapport à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal) en apprécie la valeur littéraire et l'influence de la manière suivante : « Dès que le Discours « de la méthode (1637) parut, à peu près en même temps que le Cid (le Cid avait « paru en 1636), tout ce qu'il y avait en France d'esprits solides, fatigués d'imitations « impuissantes, amateurs du vrai, du beau et du grand, reconnurent à l'instant même i< le langage qu'ils cherchaient. Depuis, on ne parla plus que celui-là, les faibles " médiocrement, les forts en y ajoutant leurs qualités diverses, mais .sur un fonds <( invariable devenu le patrimoine cl la règle de tous. »

Oh! l'éloquent discours! l'admirable méthode!

Il n'est pas de penseur qui ne s'en accommode.

Descaries, sans eflroi, sûr de son instrument^,

Dans l'abîme du doute, intrépide, descend.

Du monument futur pour mieux asseoir la base.

11 fait de ce qu'il sait complète table rase.

Sa raison lui fournit i>lan et matériaux,

Et le raisonnement établit les niveaux.

Tout est proportion, harmonie, équilibre.

Sous la règle l'esprit n'en reste pas moins libre.

« Je pense, donc je suis^. » Tel est le premier fait :

Et l'affirmation que, puisqu'on pense, on est,

Nous conduit forcément à la cause suprême,

A l'Être Créateur, à l'Univers lui-même.

La conscience enfin saisit l'autorité.

Et par la raison seule on a la vérité.

8. Quelle est donc la Méthode de Descartes? Elle se compose de quatre règle? : 1° ne rien admettre que d évident ; 2° diviser les difficultés pour les vaincre ; 3° aller toujours du simple au composé : 4" faire partout des dénombrements entiers. — « La « première de ces règles, observe Victor Cousin, est incomparablement ce qu'il y a dans « la méthode entière de plus essentiel, de plus nouveau, de plus cartésien. La voici « telle que Descartes lexpose lui-même : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie « que je ne la connusse évidemment être telle ; c'est-à-dire éviter soigneusement la <! précipitation et la prévention, ot ne comprendre rien de plus en mes jugements que « ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse K aucune occasion de le mettre en doute. »

« Cette méthode seule était une véritable révolution, dit fort justement M. Demo- « geot (Histoire de la littérature française). Par elle. Descartes plaçait la certitude .( dans l'évidence, dont la raison est le seul juge. C'était d'un seul coup détrôner « le principe d'autorité et créer la vraie philosophie. »

9. « Rien de plus simple et, à tout considérer, de plus solide que le système à l'aide « duquel le père de la philosophie française sort du scepticisme volontaire qu'il s'est « imposé pour établir dogmatiquement sur le point Oxe de la pensée humaine l'exis- « tence de Dieu et du monde extérieur. Je pense ! la pensée n'est pas l'attribut du Il néant ; ce quelque chose qui pense, c'est un être, cet être, c'est moi, j'existe ; un « seul homme vaut pour tous, il répond de l'humanité tout entière. Mais , parmi le « idées que renferme cette intelligence, il en est une telle qu'elle implique l'esistence « même de l'objet qu'elle représente : c'est l'idée de l'Être nécessaire, de l'Infini, de « Dieu. Si l'être nécessaire se conçoit, il existe par cela même : or, il arrive que « dans l'inventaire de la pensée, se trouve l'impossibilité de concevoir le néant, et par « conséquent la notion de l'Etre nécessaire ; nécessaire partout, car si vous limitez « l'existence, vous établissez quelque part l'impossible néant ; nécessaire en tout tenii)s, « car si vous admettez dans la durée une seule intermittence de l'Etre, c'est encore Il le néant. L'Etre nécessaire et infini existe donc : l'inflni comprenant la perfection, Il l'Etre nécessaire est véridique ; il n'a donc pas trompé l'homme par un spectacle Il chimérique ; et, puisque l'homme croit invinciblement à la réalité des phénomènes Il extérieurs, la nature existe, et nous avons tout ensemble Dieu, l'Homme cl l'Univers. 11 Ainsi la conscience donne la pensée humaine ; la pensée donne l'idée de Dieu, son n existence ; l'existence de Dieu donne la réalité de la matière. »

(Géhdzez, Histoire de la littérature française, tome II, chap. iv.)

284 LA CHKATION IvT L' H II >1 A X IT K

Tout le grand siècle est lài": son brillant organisme Doit sa flamme et sa vie au spiritualisme. Philosophes, savants, poètes, orateurs, Gens d'église et d'épée, artistes, procureurs. Tous sont cartésiens, tous au même principe Du Vrai, du Beau, du Bien vont demander le type.

Jamais les œuvres dV't n'eurent plus d'unité : On leur reirouve en tout un air de parenté ". De l'inspiration l'origine est certaine : La source en jaillissait du fond de l'âme humaine ; Et de ce fond commun, la sève, en s'épanchant, Donnait au corps entier le cachet saisissant.

L'Homme*-, c'est le héros : la personne morale, Quels que soient rangs, honneurs ou classe sociale,

10. « L'ombre de Descartes plane sur le siècle entier : sa pensée vit dans les poètes, <( sa méthode triomphe chez les savants ; les gens du monde eux-mêmes font une mode « de ses doctrines : dans les sociétés les plus frivoles on parle de métaphysique, on se II passionne pour les Tourbillons, u

Demogeot, Histoire de la littrh'atiirc française.

« Malebranche, dit Victor Cousin, c'est Descartes qui s'égare, ayant trouvé des « ailes divines et perdu tout commerce avec la terre. »

<i Les tendances cartésiennes se découvrent aussi, comme le remarque Demogeot, « dans Bossuet, cet incorruptible adversaire de toute nouveauté. Le traité de la Con- « naissance de Dieu et de soi-même appartient tout entier à cette inspiration. »

Et Fénelon ?

<c Son traité de V Existence de Dieu, qu'on peut rapprocher avec intérêt du traité « de la Connaissance de Dieu et do soi-même, part de Descartes, comme l'œuvre de « Bossuet, mais il s'élance au delà de Malebranche et de Platon.

EnQn, dans Massillon, « c'est encore l'esprit de Descartes qui se dégage de plus en « plus de l'influence dogmatique...

[En un mot] « l'étude de l'homme individuel, la science de l'âme, qui domine toute " la philosophie et toute la poésie du xvn° siècle, ne se montre nulle part avec plus « d'éclat que dans cette glorieuse génération d'orateurs chrétiens. »

Voir Demogeot, Histoire de la littérature française, chap. xxxv.

11. " Le xvii" siècle s'annonce, dès sa naissance, comme une époque véritablement « organique. Toutes les sciences, tous les arts s'y soumettent aux lois d'une harmo- « nieuse unité. On dirait qu'une seule pensée, une seule âme placée dans son sein it s'exprime tour à tour par ces divers organes. C'est le sentiment, je ne dirai pas catho- « lique, comme en Italie et en Espagne, mais chrétien en esprit et en vérité, le spiri- « tunlisme, qui se répand comme la vie dans la société française et anime tout ce Il grand coriis :

" Meus agitât molem et mapno se eorpore miscet. ■•

Dkmooeot, Histoire de la littérature française, chap. xxxi.

12. Après avoir fait un tableau admirable des merveilleuses découvertes de la science et de tant d'inventions que l'art a trouvées pour s'accommoder à notre usage, Bossuet, rendant hommage aux forces de l'intelligence humaine, ose rattacher l'âme de l'homme à l'essence divine, l'image à son modèle. « 0 homme ! s'écrie-t-il, comment Il pourrais-tu faire remuer tant soit peu une machine si forte et si délicate (le monde), Il s'il n'y avait en toi-incme et dans quelque partie do ton être quelques fécondes idées

SOCIOLOGII-: ^85

Voilà ce que chacun — niùle et noble désir! — Veut enfin arracher aux lois du Fion Plaisir. Mais toute expression, ({unique vive, est décente : Le bon sens adoucit la critique mordante : En dépit de l'ardeur de la conviction.

Pas un mot ne s'emporte à la rébellion. L'imagination librement se déploie, Sans jamais s'égarer hors de la droite voie. C'est un concours savant, où tout est pondéré, Où rien ne se produit (pii ne soit modéré. Les œuvres de l'esprit, les arts et la science En face du pouvoir sont pleins de déférence : Mais l'hommage voulu qu'obtient l'autorité Ne fait pas pour cela taire la vérité.

Lisez nos grands auteurs : dans Corneille et Racine '", Si haut que soit le ton, le vrai toujours domine.

i< tiit'fs (lo ces idées <iriginelles, en un mot, inifliiiie vesseinlilaneo, quel([uo écoule- « nient, quelque portion de cet esprit ouvrier qui ;i fait le monde? »

Bossnrr, Sermon de la mort.

Et, dit avec une extrême justesse M. (jeruzez (Histnire de la UtU'.raturc française) : « Quand Bossuet parlait ainsi de la raison de l'Iiomme et qu'il voulait qu'il y eût « dans notre âme un écoulement et comme une portion de rintelligenco divine, per- « sonne, ni parmi les théologiens ni parmi les philosophes, ne songeait à l'accuser, « soit de rationalisme, soit de panthéisme : c'est qu'alors les théologiens étaient par « surcroît philosophes à la manière de Platon et de Descartes, et que les philosophes « ne craignaient pas d'être chrétiens. Pour Bossuet, comme pour Fénelon, il n'y avait « point de guerre entre ce que la raison atteint par ses propres forces et ce que la foi Il lui révèle obscurément : pour eux, la foi élargissait la sphère de la vérité ; ils « croyaient résolument ce qu'elle leur présentait sous un voile mystérieux, et ce voile, i( ils essayaient encore de le rendre transparent à l'aide de la science, c'est-à-dire en « portant sur ces vérités supérieures et obscures les lumières de l'observation et du « raisonnement. Leur théologie est une métaphysique transcendante. »

Histoire de la littérature française, tome II, chap. iv, pages 274 et 275.

13. Pierre Corneille naquit à Rouen, le G juin IGOG, et mourut le l" octobre 1684.

Les pièces de théâtre qu'il publia avant le Cid sont oubliées aujourd'hui. Cependant son génie s'était annoncé par quelques traits sublimes de sa Médée.

« Que Tons reste-t-il contre tant d'ennemis ?

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