MULTIPLICATION DES ANIMAUX
ture ferait sans les nécessités de consommation île Thomme ; et en outre, la quantité de bœufs et de vaches sauvages dispersés dans les vallées, dépasse, selon nous, de beaucoup le nombre des individus dus à Télevage. Le bœuf nous oflrirait pourtant une statistique plus approximative que tout autre quadrupède. L'espèce cheval serait aussi celle qui pourrait convenir pour ce calcul approximatif; mais encore ici les besoins deFagricullure, des armées^ de Findustrie et du luxe , sont cause que cette race est artificiellement augmentée. L'éléphant, et toutes les grandes familles sauvages, offriraient trop d'incertitude, et peut-être chacune d'elles, par leur énorme taille , donnerait un poids trop grand.
Voulant donc être plus assuré du poids moyen que nous cherchons, et éviter toute exagération, tournons-nous vers un des plus petits quadrupèdes et choisissons les rats.
403* — Le rat est un animal cosmopolite, il se trouve partout , en Europe , en Asie, en Afrique , en Amérique et en Australie, et loin d'être élevé et soigné, comme l'abeille, on cherche avec raison à l'exterminer autant que possible, car il ne fait que détruire tout ce qu'il peut, surprendre et ravager tout ce qu'il trouve sur son passage. Nous ne serons donc pas accusé d'exagération en calculant d'après ce mammifère la moyenne de poids relative aux grandes races.
Le rat est très-lascif, et apte de bonne heure à se livrer à la propagation de son espèce; la femelle fait plusieurs portées dans Tannée, et chaque portée a un nombre assez considérable de petits.
Les rats et les souris cherchent généralement l'obscurité et vivent dans les trous , même dans les latrines ; ils creusent des habitations sous terre, mangent tout ce qu'ils rencontrent, matières végétales, animales, même putréfiées; ils dévastent tout : graînes> farines, Hnge, papiers, provisions de toute nature, ils attaquent les volailles et même les petits agneaux.
et quand toule espèce de nourriture leur manque, ils se dévorent entre eux.
Les dictionnaires d'histoire naturelle indiquent trente-quatre espèces de rats et souris rongeurs, plus trois cents espèces numérotées par lettre alphabétique, depuis le rat d'Afrique jusqu'au rat dit lei^oyo^^r ou le zibeth.
Quelle que soit la destruction de rais et de souris qui se lasse par Thomme, par les chats, par les chiens ou par les oiseaux de proie, il en reste toujours une énorme quantité , par suite de la grande propagation de l'espèce.
404. — Pour établir le poids des rats qui rentrent morts dans la lerre, il faut faire la déduction des pertes qu'ils éprouvent dans leur état vivant.
Aristote rapporte qu'ayant mis une souris pleine dans un vase à serrer du grain, il s'y trouva peu de temps après cent vingt souris, toutes issues de la même mère.
La Perse est littéralement infestée de rats ; Cuvier disait que la Perse était la source des rats. L'Egypte a été de tout temps prodigieusement peuplée de rats et de souris; aussi tous les animaux qui faisaient la guerre aux rats et aux souris étaient-ils sacrés chez les Égyptiens.
En Amérique , ils abondent comme en Europe ; à la Jamaïque on compte, en moyenne, comme perte annuelle causée par les dévastations des rats, le vingtième de la récolte; on tue de 20 à 30 mille rats par an dans chaque plantation.
Dans les ville3 et les village^, nous avons la preuve que le rat suit l'homme partout, et qu'il aune singulière adresse pour se cacher et une grande sagacité pour trouver sa nourriture. Le rat est hardi, effronté ; il s'introduit partout, et passant pardessus les câbles, il se faufile dans tous les navires; quand dix ou douze rats ont pénétré dans un vaisseau , à la Hn de son voyage il y en a quatre ou cinq cents, nés et vivant dans le bâtiment.
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- h^ égouts âe tous les coins' du mondo possèdent des nids de racs; ia Tamise, de Londres, et les rigoles ainsi que les canaux! sous le pavé de Paris, contieiineni, presque^ en per-^ inanc^afe^ ^ ^n nnilion de rais et de sou,f*is dans la proportion d'une U^^ cajtrée.. '
. Admettons quç la moitié de ces élres soient dévorés par d'autr^^ aMmaux; admettons ^ue sur tout le reste du globe il n'y aiiqu€^ la Htôitié dQS rats et des souris qui se trouvent dans les égouts des grandes capitales, il nous i^estera^ en moyenne, up quart tie million de rat£^ et souris, {^ar lieue carrée, qui rentrent anuiuellement dans la terre, en y portant le tribut de leurs propre^ cadavres (1),
405. — Mais, à Tépoque du cinquième jour, les rats n'avaient pas encore tant d'ennemis empressés à les détruire ; leur existence était plus assurée, et ils donnaient à la terre, comme les autres animaux, le tribut total de leurs cadavres. Aussi, quand la terre avait une circonférence de 25^000 lieues, soit une surface de 1,120,000,000 lieues carrées, en déduisant les trois quarts pour les mers, il restait 280,000,^00 de lieues carrées terrestres^ dans chacune desquelles il .«'ensevelissait au moinç un demi-miUioa die i^s« soit 1 40,000, 0.00,00O»()0û^ ou cent quarante mille milliards; et, ^n comptant un quart de kilogramme par rat, op a.MU poids de as, 000,000,000,000 kil. ou 35. milliards de tonneaux por ai); soitr en 300 $i^cles^ 1 million 50 mille milliards de tourneaux,
Ain^i 1^ tribut payé à \^ terre par Içs t^ad^vres de ce seul petit mammifère a, été bie^ pliis iniportattt qqe c^kii des abeilles* £t il n'est pas déraisofmable d'admettre que chaque espèce des grandes races en a fourni autant.
(4) Jl est entendu que nous réparlissons ainsi par kypothèse^ pQijir les besoins du calcul, sur un espace déterminé. de terrain vl^^ i^^ts et souris qui habitent en bien plus grand nombre dans les maisons.
^Q^ — Les lézards et les serpents, les poissons et les crus^ tacés, sont bien plus nombreux que les rats et se multiplient plus prodigieusement encore*
Les lézards, dans la famille desquels entrent les sauriens, les crocodiles, les dragons, le^s iguanes, les stellions, les caméléons, etc., avec leurs mille espèces, races, variétés et subdivisions, ont été les premiers animaux qui ont suivi les monstres, ces grands animaux mangeurs de coquillages, et dont nous n'avons aucun vestige.
Les lézards et les espèces citées ont dotic joué le plus grand rôle et formaient les plus nombreuses populations aux premières époques du globe « lorsque la terre était dans les phases de sa surface la plus étendue.
Les lézards, les crapauds, comme les monstres, avaient alors une taille gigantesque. Après eux venaient les salaman^ dres, les grenouilles et d'autres races de mille formies dififé^ rentes. La fécondité de toutes ces races était prodigieuse, et leurs cadavres, entrant dans la terre, y ont ajouté un poids considérable, que nous calculons approximativement dans le tableau synoptique qu'on verra plus loin.
407. — Les serpents, également de formes et de grandeurs gigantesques, et prodigieusement nombreux, ^insi que les couleuvres, les phoques et les amphibies, les testacés, dans lesquels il y avait des tortues de grandeur colossale (1), et qui vivtiient par myriades dans le terrain mou et humide des époques primordiales ; tous ces colosses, tous ces géants primitifs ont fini par remettre leurs corps très-pesants à la terre.
408* — Les lamantins ou poissons anthropomorphes, que Johnston, Aldorvande, etc., représentaient sous des figures de
(4) Même aujourd'hui on Irouve dans les mers de l'Inde et dans le golfe du Mexique , des tortues qui pèsent six à sept cents kilogrammes. L'analogie nous induit à penser qu'aux époques primitives, elles devaienl être dix fois plus grosses et au moins cinq fois plus pesantes.