Si on analyse chaque matière, la viande, le suif
les os, le& nerfs, la Hioelle, la peau, lo sang, les excréments, Tiirine, etc., etc., on trouvera aussi mille variétés dilTérentes les unes des autres, chacune pouvant servir pour une spécialité dans les arts, dans tes manufoctiires, dans la nourriture d'autres êtres; et finalement le tout retourne ou se présente pour la première fois à la terre, pour entrer sous mille autres formes diverses dans une foule de produtitions nouvelles , quoique le point de départ n'ait été qu'un atome de semence, développé par Tair et par Teau !
On peut donc se faire une idée de l'activité du laboratoire de Testomac d'un animal, puisqu'il s'opère en lui cestransformationSy qu'il s'y crée des substances tout à fait différentes de celles qui y étaient entrées.
<3<. — Ici se présente une autre considération : si des brins d'herbe ont le pouvoir de nourrir le bœuf, et si cette herbe, en fonctionnant dans son estomac, fermente et fait croître l'animal avec plus d'énergie que la semence n'a fermenté dans la terre pour faire croître l'herbe elle-même, il s'ensuit que l'herbe est devenue aussi, dans l'estomac de l'animal, une source, une semence de développement; que cette semence, ou cette herbe, contenait une infinité d'atomes propres à se diviser, les uns pour la production de la viande, les autres pour les nerfs et les os, et d'autres encore pour le suif et la peau, etc. ; ce qui nous prouve précisément que l'estomac de l'animal correspond, par analogie, au laboratoire intérieur de la terre; qu'il remplit les mêmes fonctions que l'estomac de la terre, ou le centre du globe , où le feu divise et prépare les éléments des métaux et des pierres,, par la consommation qu'il fait des matières, fraiiche^ végétales et animiales qui sont entrées dans son fayer au, 2v 3% 4* et 5* jour.
Ainsi le feu de l'intérieur de 1% terre a. fonctionné^ puis il a divisé les molécules eu les subdivisant dans les mille variétés de produits généraux, comme l'estomac de l'animal fonctionne, puis divise et partage les molécuïes, en tes dis-
ORl&lNE DE LÀ MATIÈRE.
tribuant dans les mille variétés de produits particuliers aux matières animales.
435. — Mais puisque le brin d'herbe opère de cette manière dans Testomac de chaque animal qui le reçoit pour sa nourriture, pourquoi le résultat a-t-il une différence dans l'une ou l'autre race animale?
Par exemple, le cheval, qui mange également de l'herbe et avale de l'eau comme le bœuf , trouve bien, comme celui-ci, son développement dans la division des atomes de cette herbe, qui produisent ainsi dé la viande, des os, de la peau, etc. Mais puisque c^est la même herbe qui s'élabore par les mêmes fonctions dans Testottiac du cheval, poui^quoi celui-ci n'a-t-il pas des cornes comme le bœuf?
Ici il faut reconnaître que c'est, non pas la nourriture, mais rélément de semence dont le cheval a été engendré, qui tt'avait pas le principe de formation des cornes, cette même semence ayant une différence essentielle qui fait précisément la distinction de la race.
Or, quoique l'herbe renferme l'atome homogène à la croissance des cornes dans le développetoent du bœuf, ce métoer atdme ne rencontrant pas dans le cheval un principe identique à l'élément cornifère, entre datis le développement des membres qui ont le plus d'analogie avec sa nature, ou s'il n'en trouve pas dans cette analogie, c'est un atome qui restera passif, et qui sortira danâ les excréments, après avoir contribué, d'une façon quelconque dans Testomac du cheval, au travail de la digestion.
436. — Chaque race d'animaux doit donc transformer son aliment d'une manière différente, bien que F herbe soit la même et que l'estomac fonctionne d'après une même loi.
11 s'ensuit que les émanations de toutes sortes sont également différentes dans chaque race et dans chaque animal. Il faut donc prendre note que toutes ces émanations, soit
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visibles, soit invisibles, c'ést-à-dire sous forme de matières solides et liquides , ou sous forme de vapeurs provenant de l'haleine ou de la transpiration, ont toutes des principes, des molécules et des atomes différents, et que ces molécules passant dans l'atmosphère à Tétat de gaz ou de vapeurs, doivent naturellement former une variété d'éléments aussi considérable que la quantité en est prodigieuse.
437. — Si nous ne pouvons pas suivre, même parXinoragination, la variété des qualités de ces prodigieuses émanations, pourrions-nous au moins suivre ou saisir leur quantité ?
Si nous prenons pour base le résultat que donne le bœuf pour toute l'espèce mammifère, il ressort des milliards de bœufs (1) qui sont venus sur la terre, et qui ont péri depuis le premier individu de cette race animale, jusqu'à nos jours; il ressort, disons-nous, que Tespèce mammifère, qui a compris desmilliards de milliards d'individus, a fourni, à elle seule, à notre planète, soit dans son atmosphère, soit dans l'intérieur de la terre, soit par rémission des émanations des corps vivants, une quantité de matières sufûsante pour égaler en poids et ' mesure une vingtaine de fois la dimension et le poids de notre globe, et que ces produits élaborés dans les intestins de l'animal, en développant des matières infinies d'objets divers, donnent des molécules relativement diCTérentes les unes des autres, savoir : des atomes renfermant en eux-méiues des* éléments de Tuniversalité de ces produits, et d'autres atomes composés spécialement du principe de l'un ou de l'autre de ces mêmes produits.
Ce calcul, qui doit se baser sQr cinq cents à mille siècles,
(1) La consommation annuelle des bœufs, dans les cinq parties du monde , est de 250 miitions. En 50 siècles, le nombre des bœufs morts serait de i ,250,000,000,000,000, soit 1 million 250 mille milliards dMndividus qui ont laisst^, en masse, de leurs corps, un poids de 750,000,000,000,000,000 kilogrammes, ou 750 millions de miUiards-
OHKiliNE DE LA MATIERE. 263
Dous ferait connaître le résultat qu'a pu donner une seule espèce animale, quelle prodigieuse quantité de produits analogues ne trouverions-nous pas, en supputant le règne animal 4out entier!
438- — C'est dans le règne de l'homme, à la sixième journée, que nous donnerons le calcul d'une classe spéciale, celle de r homme lui-même, car il nous offrira des données de quelque exactitude, et nous permettra de faire une statistique des émanations générales. Nous traçons en ce moment cet aperçu seulement pour faire comprendre combien étaient abondantes les matières animales comme les végétales, qui servirent, aux premières époques, pour les besoins de la condensation de notre propre planète, et combien de matières fraîches furent fournies, dans le deuxième, troisième, quatrième et cinquième jour, au laboratoire du feu intérieur, qui avait pour mission de durcir et diviser les matériaux dans les entrailles de la terre.
Nous exposons cet aperçu général, en même temps, pour faire comprendre que les besoins intérieurs du globe, pour se durcir, ayant été toujours en diminuant, la quatrième journée, par exemple, n'a consommé que la moitié, et la cinquième, le quart de ses productions extérieures ; et par conséquent, il devait rester une énorme surabondance de fluides, produits par les règnes végétal et animal, qui ont eu et ont encore forcément un autre débouché, puisque ces fluides ne sont presque plus nécessaires aux besoins du centre du globe. C'est ce superflu que nous avons annoncé déjà être le tribut de la terre ; il nous reste à observer de quelle manière il est échangé et dépensé.
(39. — L'opinion généralement adoptée jusqu'à présent est que tous les fluides de la terre, après avoir passé dans l'atmosphère, retombent sur la terre, comme si à l'atmo^ phère seule il appartenait de transformer et de purifier l'air.
Nous avons cherché» mais inulitâoient, quelques traités à ce sujelî nous n avons trouvé aucnq auteur qui eût évalué la qualité et la quantité présumabie d'énianalioQs que la lerre transmet journellement à ralmosphère.
En l'absence de toule donnée de la part des auteurs sur celle importante question, nous sommes persuadé que l'opinion dont il s'agit est une erreur ; car, si loules les émanations de la terre n'avaient pour refuge que l'atmosphère, Tatraosphère ellemême serait en danger; bien plus, elle ne pourrait pas subsister, elle changerait de couleur; elle serait corrompue, empoisonnée; elle n'aurait pas la force de lutter, à elle seule, contre la masse des émanations ; car en quarante jours seulement, la terré en fournit plus en poids et volume que le poids et te volume de l'atmosphère même.
440. — Pour avoir un terme de comparaison relativement à la capacité et à Tinfluence que peuvent avoir les émanations du règne animal et végétal, dans le travail permanent deTatmosphère considérée dans ses limites ordinaires, nous avons chcHsi un local vaste de 200 pieds carrés, possédant son atmosphère oaturelte, et ayant un carreau en verre pour que la lupiièrë do jour pût y pénétrer. Noos avons enfermé dans ce local un lapin, dont la taille était d'environ on pied, avec de Teau dans un bassin, et quelques plantes; nous j avons ajouté des végétaui de plusieurs espèces, et suffisants pour la nourriture de eet animal pendant qui née jours.
Au bout de dix joui*s, nous avons ouvert la porte pour visiter notre petit règne animal et végétal , mais nous fûmes repoussé par une exhalaison des plus méphitiques : l'atmosphère du local était littéralement empoisonnée; l'animal, on le voyait, commençait à souffrir \ les plantes et les végétaux qui restaient étaient déjà en état de putréfaction*
L'air avait donc passé bien des fois dans les poumons de ranimai ; Tair avait reçu les émanations des plantes renfei-