Pour bien comprendre le principe de vitalité qui
(t) Nous observons très-souvent ce fait dans tes jardins de botanique, où il naît loul-à-coup des plantes nouvelles, qu’on n’avait ni semées ni connues, et qu’on ne sait à quelles espèces rapporter.
ORIGINE UES PREMIERS ÉTRKsI * 345
existe dans les atômes, et pour avoir un terme de comparaison sans aller le chercher trop loin, nous examinerons le corps de l’homme même. Si un homme ne se tient pas propre, s’il n’a pas soin de se laver, se peigner, changer de linge, etc. , il voit inévitablement croître sur lui-même des insectes, de la vermine. Personne n’est venu en semer sur sa tête, et cependant sa tête lui donne les poux, qui bientôt formeront une population énorme ; personne n’a touché son corps, et cependant il verra attachés à son épiderme une infinité d’autres insectes petits ou grands, forts ou faibles, tous affamés, qui, après leur naissance, se nourriront des sucs de son corps.
Comment viennent-ils, ces insectes? ils viennent des atômes de la transpiration de l'homme; lui-même émet le principe de leur vitalité, et fournit le foyer propre à leur développement.
564. — Comme la transpiration de la tête est d’une nature plus ou moins chaude, et, sous beaucoup de rapports, différente de la transpiration des autres parties du corps, il s’ensuit que les divers atômes émanés de l’homme produisent des insectes variés, suivant les diverses qualités qu’ils possèdent en raison de la partie du corps dont ils sont sortis.
On a reconnu jusqu’à soixante espèces diverses d’insectes et de vermine sur le corps d’un même homme vivant ; mais, après la mort, les insectes qui se nourrissaient fort bien des sucs de l’homme vivant, ne peuvent plus vivre sur l’homme privé de la vie; ils périssent tous, et laissent leur place à d’autres insectes, qui sont des vers d’une espèce différente engendrés par le cadavre.
565. — Mais ce n’est pas l’homme seulement qui est sujet à subir les piqûres des insectes auxquels il donne la vie sans s’en apercevoir; tous les autres animaux ont un sort pareil et bien pire encore, car les animaux, grands et petits, sont presque dans l’impassibilité de s’en préserver. L’abeille elle—
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même a bien souvent snr son corps de petits insectes qui naissent de ses humeurs et dont elle ne peut plus se débarrasser.
La loi est donc la même pour l’homme comme pour tout le reste du règne animal; le supertlu qui sort du corps est un principe animé, qui a une vitalité immédiate aussitôt que la chaleur et les circonstances nutritives en provoquent le développement.
566. — Pour juger combien ce principe vital est délicat, il ne s’agit que d’observer ce qui se passe journellement sous nos yeux.
Si l’homme, qui voit naître sur son épiderme des insectes qui ne sont que le produit de ses émissions vitales abandonnées à elles-mêmes sur son corps, prend un linge et se nettoie, par ce simple fait il détruit toute l’activité des molécules; ce seul acte modifie, altère le climat des alômes et anéantit leur vitalité.
Ainsi lorsque l’homme se lave, le contact de l’eau change de suite le climat autour de son corps; les atômes disposés à éclore sur son épiderme périssent ou sont emportés par le liquide.
567- — Les émissions par transpiration contiennent donc des principes positifs de vitalité; mais l’émission de l’haleine en contient aussi, et les émissions qui se font par les voies inférieures en contiennent également.
Or, comme i’haleine et les autres émanations vont dans l’air et que l’air emporte tout dans les régions élhérées, il s’ensuit que la vitalité de l’homme, ou de tout autre animal ou plante, est transportée par atômes dans l’espace, et qu’elle contribue pour sa part à la formation d’êtres analogues à son espèce toutes les fois qu elle rencontre des conditions convenables à son développement; dans le cas contraire, elle est attirée dans les assemblages destinés à la formation de nouveaux astres, ou de nouveaux corps solaires ou planétaires,