CHAPITRE XXXVIII
■/Nomme comme Être Intelligent; ma Conduite d'après r Histoire
Sommaire. — Mission de l’intelligence , 635. — Diversité des intelligences, 655. — Heureuse direction des patriarches, 656. — Accaparement des intelligences, 657. — Formation des sectes religieuses, 658.
— Prépondérance des chefs, 659. — Origine do la superstition, 660.
— Invasion de l’idolâtrie, 661. — Les prêtres et les rois, 662. — Il se forme deux camps, 663. — Les guerres commencent, 664. — Abrutissement du peuple, 665. — Les prêtres égyptiens, 666. — Propagation des connaissances, 667. — Philosophes^ grecs, persécution, la vertu condamnée dans la personne de Socrate, 668. — Tableau de Socrate, des 30 tyrans et du peuple, 669. — Le despotisme envahit la terre, 670. — Funestes aberrations de la multitude', 671. — Excédant de production , ses effets sur l’espèce humaine , 672. — Affaissement de l’intelligence , 673. — Luttes , oscillations du bien au mal , 674. — L’intelligence au 18“' siècle, 675.
654. — Dans cetle sixième journée, qui est la nôtre depuis le déluge universel, l’intelligence de l’homme a écrit sa propre histoire en grandes pages. Si nous voulions la suivre, feuillet
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par feuillet, chaque siècle nous fournirait des milliers de volumes qui attesteraient les égarements sans nombre à travers lesquels l’homme a promené cet esprit sublime dont il a été gratifié, sous le litre d’intelligence, pour le conduire au bonheur, et qui malheureusement n’a servi, la plupart du temps, qu’à un résultat général tout opposé à son but.
655. — H est vrai que l'intelligence, comme toute chose créée par la nature, est variée dans les hommes; les uns la possèdent à un haut degré, les autres à un degré inférieur; d’autres encore à un degré équivoque, c’est-à-dire qu’elle est chez ces derniers partagée en branches plus ou moins faibles et diverses; mais le principe étant un, ces branches conduiraient au même but général, si la culture redressait à propos et ramenait sur le véritable chemin l'intelligence inférieure et subalterne.
656. — Dès le commencement, les chefs des familles primitives ont reconnu qu’il fallait diriger les intelligences des hommes; aussi, au matin de la journée, période heureuse où la nature seule agissait, ces patriarches, donnant l’exemple des vertus, faisaient le bonheur des peuples, qui, en les imitant, jouissaient de la véritable vie de paix, de gloire et de bonheur.
657. — Cette vie n’a pas duré longtemps; quelques siècles après les patriarches vinrent d’autres esprits qui accaparèrent le monopole des intelligences; c’étaient des hommes d’une pénétration remarquable, des hommes d’élite pour la clarté de leur esprit. Il leur était facile d’imprimer la direction qu’ils voulaient à l’intelligence du peuple et de la modeler suivant certaines formes. La forme qu’ils ont préférée, la considérant comme devant étendre le plus le domaine de leur prépondérance et par suite celui de leur domination, était celle de la religion et d’un culte public.