Mais ces hommes supérieurs en intelligence s’étant
multipliés, l’un ne voulait passe soumettre à l’autre; chacun prétendit à sa part de domination ou se lit chef de parti à son profit. Tous se divisèrent ainsi et formèrent différentes sectes , les unes prenant pour religion le culte de certains astres, les autres adorant les étoiles, la lune, le feu, l’éau ou l’air, ou des dieux , des demi-dieux de formes humaines , de formes animales, et imaginant mille autres combinaisons fantastiques que nous voyons dans l’histoire du paganisme.
659. — Tous ces chefs, qui s’appelaient prophètes, mages, devins, prêtres, etc., s’étaient attiré la confiance illimitée des peuples chez lesquels ils semaient leurs leçons et propageaient leurs idées. Ils avaient dans leurs mains la race humaine entière; ils pouvaient diriger l’intelligence de l’homme dans la voie de la véritable vertu. S’ils l’avaient voulu, ils pouvaient lixer, pour la postérité, la loi de la perfection; elle se serait maintenue de génération en génération; mais il aurait fallu que ces mages et ces prêtres fussent, de génération en génération aussi, toujours des modèles d’application de la sagesse et de la vérité; car, avant tout, il fallait l’exemple pour pouvoir conserver la stabilité dans la bonne voie.
660. — Ces grands hommes, dans leurs conciliabules, cultivaient l'instruction et les sciences; malheureusement ils étaient avares de leur savoir et ne communiquaient qu’ilhe faible partie de leurs connaissances aux peuples; ils en faisaient le plus. souvent des mystères. Toutes les découvertes en physique, en chimie, en mathématiques, en astronomie, etc., restaient à huis-clos, réservées aux seuls adeptes de leur caste. De temps en temps ils annonçaient un prochain phénomène astronomique, qui se vérifiait; ils montraient une décomposition chimique qui étonnait, ainsi que d’autres effets de physique, etc., et les annonçaient aux peuples comme des miracles dus à la puissance de tel ou tel dieu, réclamant pour
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lui des offrandes, des holocaustes, des tributs, etc., etc., auxquels le peuple s’empressait de contribuer.
De là le principe de la superstition, du fanatisme et la source de la richesse des prêtres ou des chefs de cultes dans tous les temps.
661. — La fortune et la puissance furent donc l’apanage des corporations des mages et des prêtres; aussi le nombre des sectes alla en s’augmentant. Quand il n’y eut plus de dieux apparents dans les astres et dans les éléments, on créa des noms d’êtres imaginaires, et lorsque ces noms eurent épuisé les combinaisons des lettres de l’alphabet, on finit par fabriquer des dieux en pierre, en métal et en bois; de là l’ adoration des idoles et des images.
662. — Devenus très-riches et très-puissants, les prêtres furent, par le fait, les maîtres du monde; mais il convenait de n’en pas avoir l’apparence. Ils formèrent donc, dans leurs conciliabules, des divisions de provinces, nommèrent des rois, afin d’avoir par ceux-ci, au besoin, la force physique pendant qu’ils disposaient eux-mêmes de la force morale.
663. — Dès ce moment , l’intelligence subit un partage, elle s’est trouvée divisée en deux camps : dans l’un se tenait le petit nombre d’élus, d’hommes de science, formant une caste dominatrice; dans l’autre fut classée toute la multitude, ou l’intelligence soumise.
664- — 1 .es générations successives des rois trouvèrent bientôt des sujets de querelles; les guerres s’ensuivirent, et les peuples, exaltés par les discours des devins, qui encourageaient les cohortes, se faisaient tuer volontiers et avec joie, dans l'espérance de jouir du bonheur des bienheureux dans le ciel, dont le séjour leur était promis , en récompense du sacrifice de leur vie.