Si la classe élevée par la richesse ou par l’intelli
APPENDICE
gence avait fait une étude sur le fluide moral, cette classe, depuis bien des siècles, aurait changé de système, et l’organisation de la société aurait depuis longtemps une base différente de celle qu'elle a encore aujourd’hui.
En effet, si nous disons à un homme riche, pourvu de toute l’aisance qu’offre la fortune, à qui rien ne manque, qui peut avec son argent obtenir tout ce qu’il veut ; si nous disons à cet bomme : Vous aurez des maladies, vous mourrez. Naturellement, il le croira, parce qu’il le voit tous les jours; mais si nous lui disons : Vous aurez de la misère au milieu de toute votre richesse, .et celte misère vous viendra de ce pauvre hère qui se trouve dans la rue, que vous ne connaissez pas, et bien plus, vous aurez précisément dans voire cœur la même misère dont cet homme est accablé ! A une pareille sortie, l’homme riche, l’homme élevé, non-seulement ne nous croira pas, mais il se rira de nos paroles, il nous traitera de visionnaire, de fou, et cependant rien ne serait plus vrai que notre discours.