‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 148 sur 168 · LU O SI M K MORAL · texte numérisé non relu

LU O SI M K MORAL

mi, et le plus dangereux de tous, car il connaît vos affaires et votre position.

Nous ne signalerons pas d’autres exemples; des faits de ce genre, des actes d’ingratitude se passent journellement à la connaissance de tout le monde et accusent la dégénérescence de l'espèce humaine.

L’ingratitude est le sentiment le plus lâche, comme il est aussi le premier mobile de l'effronterie qui encourage l’homme à tous les vices. . ,

Voyons, par opposition, la conduite d’un chien en pareille circonstance.

Un chien à qui vous aurez fait du bien, soit que vous lui montriez de la bienveillance, soit que vous le nourrissiez, vous témoignera aussitôt sa reconnaissance; il s’attache à votre personne, il se dévoue à votre sûreté, il veillera sur vos biens, il sera le gardien fidèle de votre propriété, il vous défendra en toute occasion , il se laissera tuer pour vous sauver.

Le chien a donc un sentiment plus noble, plus élevé que l’homme.

692. — Prétendrait-on que l’action du chien est un effet de son instinct? Mais l’instinct se comprend pour les besoins matériels et physiques, tels que manger, dormir, se défendre ou attaquer, entin pour tout ce qui se rapporte à la conservation de l’être fonctionnant, et à ce titre l’homme possède également l’instinct.

L’action volontaire, qui se fait spontanément, qui vient de l’àme et qui a un but utile ou nuisible, qui est originelle, créée à l’instant, à l’occasion, n’est plus un effet de l’instinct, mais bien le fruit de la conception et de l’entendement. La preuve en est que le chien, qui a pris à tâche de protéger son bienfaiteur, se fait tuer pour lui; serait-ce un acte d’instinct que de se faire tuer? Ce même chien, qui caresse son maître, qui lui exprime, par ses yeux et par le mouvement de sa queue, sa joie en le voyant, présente ses dénis et ses crocs

VU APPENDICE

menaçants à son ennemi comme pour l’avertir de s'éloigner sous peine de recevoir ses morsures; n'est-ce pas encore une preuve d’indulgence de la part du chien que cet avertissement? Et lorsque tout à coup il se met en action et livre bataille, puis qu’il retourne vainqueur vers son maître, ne témoigne-t-il pas, par sa démarche joyeuse, qu’il connaît l’importance du service qu’il a rendu?

On ne peut nier aussi que le chien n’ait, à un degré plus élevé que l’homme, le pressentiment, l’odorat, la vue. Au reste, bien d’autres animaux ont le sens moral plus délicat et les sens physiques plus perspicaces, plus exquis, qu’on ne le remarque chez l’espèce humaine.

693. — Le singe appelé titi ou capucin, dans les forêts de la Colombie, ressemble beaucoup à un enfant: même expression candide et malicieuse, même mobilité dans les traits; s’il a peur, à l’instant même ses yeux se mouillent de larmes; s’il est content, il bondit de joie et grimace de la manière la plus gentille. Timide et délicat, le titi s’apprivoise facilement pourvu qu’on le tienne au milieu des arbres; dans une plaine, il devient triste et dépérit.

Cet autre singe appelé le viudita, fort gentil, à l’air doux et timide, ne s’irrite qu’à la vue des oiseaux , contre lesquels, avec l’agilité d’un chat, il s’élance sur les branches et égorge sa proie, s’il peut la saisir.

Et ces oiseaux, exposés à la persécution de cette sorte d’ennemis, ont l’adresse de construire leurs nids d’une manière si artistique qu’il est impossible aux singes de les atteindre; ces nids sont à peine suspendus sur les cimes des branches et n’ont qu’un petit trou au milieu caché de manière à rendre impossible la vue de ce qu’il contient.

Cette précaution des oiseaux n’esl-ellepas l’indice d’un subtil entendement?

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