‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 157 sur 168 · LE LAC BAÏKAL · texte numérisé non relu

LE LAC BAÏKAL

Une communication récente, faite à l’Académie des sciences de Saint- Pétersbourg, donne sur le lac de Baïkal des détails nouveaux et qui intéressent vivement la géographie.

Ce lac, qu’on nomme aussi mer de Baïkal ou mer Sainte, est situé dans le gouvernement d’Irkoutsk, en Sibérie, non loin de la frontière de Chine. Il a 675 kilomètres de long sur 200 de large. Sa circonférence est de 2,000 kilomètres. Son nom est emprunté à la langue des Yakoutes, dans laquelle le mot baï signifie riche, et le mot bel veut dire lac. Ces deux expressions réunies peuvent se traduire par celle de : lac riche. Les Russes autrefois le nommaient velikoe ozero, c’està-dire grand lac; aujourd’hui, indépendamment du nom de Baïkal, connu dans la science, ils l’appellent sviatoie more , c’est-à-dire mer sainte, dénomination qui vient d’un rocher de l’ile d’Alkhon, sur lequel les Bowiairites offrent des sacrifices, et pour lequel ils ont un respect religieux, parce qu’ils ont la croyance que celte île est le séjour d’une divinité inférieure nommée Begdzi. Ce rocher granitique a 2 mètres de hauteur sur 15 de circonférence. L’ile dont il dépend a 68 kilomètres de longueur sur 24 de largeur. Elle renferme des sources très-nombreuses; elle produit des bois de construction très-avantageux, el elle est habitée par une tribu mongole appelée les Bargou- Bouriaites, qui cultive la terre, élève du bétail excellent, se livre à la pêche et à la chasse, principalement à la chasse aux loups, aux lièvres et aux écureuils, qui y vivent en quantité innombrable. Cette île est la plus grande du lac entier; les autres sont : l’ile des Mélèzes, celle des Anses, celle des Phoques, et trois autres appelées Tchivirkouskié. 11 y en a plusieurs autres plus petites qui n’ont pas de noms et qui sont fré-

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quentées seulement par des pécheurs et par des chasseurs, à certaines époques de l’année.

La navigation du lluïkal est très-dangereuse, à cause des rochers cl des écueils qu’on y rencontre à chaque instant. Les gros temps y sont fréquents, et rarement les marins s’y exposent lorsque le ciel est nuageux dans sa partie septentrionale. Le lac est si profond, que près de ses bords même, la sonde donne fréquemment jusqu’à 300 mètres et plus. Loin des bords, il est des parties dont on n’a jamais pu atteindre le fond.

Les eaux du lac ont des crues périodiques qui ont quelque analogie avec le flux et le reflux de la mer. On y trouve un très-grand nombre de poissons, et jusqu’à des veaux marins, dont la pêche présente de grands avantages. On y trouve aussi l’éponge de mer, qui est une branche de commerce assez importante pour les habitants du littoral. L’eau du lac est trôs-fraiehc et très pure, et cette circonstance a permis de voir, à uue grande profondeur, des arbres, des montagnes et des forêts entières, que les eaux ont recouverts autrefois, et qu’on y distinguo parfaitement. Ce phénomène, le plus curieux de tous ceux que présente cette intéressante contrée, a été récemment l’objet d’une étude particulière. F.a végétation se maintient sous l’eau dans de magnifiques conditions, et les arbres, au lieü de dépérir, continuent à croitrc chaque année.

Le Baïkal est entouré de hautes montagnes et reçoit dans son sein un grand nombre de rivières, parmi lesquelles les plus considérables sont : le Bargousine, le Sélenga, la Snéjania, le Slioudenka, la I’ouikala et plus de cent soixante ruisseaux et torrents formés par les sources innombrables que renferment les montagnes. Ce lac, malgré la grande quantité d’eau qu’il reçoit, n’a d’autre écoulement qu’une rivière, l’Angora inférieure, qui en sort, et cependant, d’après des calculs trèsexacts, sa masse d’eau diminue plutôt qu'elle n’augmente. Les eaux du lac rejettent en plusieurs endroits une espèce de bitume auquel on a donné le nom de goudron de montagne, et qu’on emploie avec avantage dans certaines affections comme moyen curatif. Le Baïkal ne gèle ordinairement que vers Noël, et il dégéle au commencement de mai. A celte époque, il présente une surface de près de 200 kilomètres entièrement couverts de glace. Lorsqu’il n’est pas gelé, il éprouve souvent des mouvements extraordinaires; sa surface devient littéralement furieuse par des vents très-faibles, tandis que les vents les plus violents n’exercent sur elle aucune action. Il bouillonne quelquefois intérieurement, et alors, quoique sa surface soit complètement unie, les navires éprouvent des secousses incrovablcs, qui les soulèvent de l'avant à

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l’arrière. Pendant les gros temps, on y a vu des lames de 60 mètres de hauteur.

Le Raïkal a été formé par un affaissement volcanique du mémo genre que celui auquel est due la mer Caspienne. Il présente une série de phénomènes extraordinaires qui ont donné lieu depuis quelques années à des observations nombreuses et comparées, dont les plus intéressantes ont trouve place dans la notice qui précède.

( Moniteur de la Flotte.)

Vote I». — N" #9, page ©O.

L’eau change de qualité par suite des acides abandonnés par les animaux qui y séjournent. Une rivière entière qui en donne l’exemple est la rivière Vinagrc, près de Popayan (Colombie), qui bondit par larges cascades. Ses eaux sont limpides et ont l’acidité du vinaigre, propriété dont elle a tiré son nom.

Voici maintenant quelques exemples d’altérations dans la couleur des eaux.

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