‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 158 sur 168 · LA RIVIÈRE DE SANG · texte numérisé non relu

LA RIVIÈRE DE SANG

C’est le nom qu’on donne à un fort ruisseau qui prend naissance au fond d’une grotte située près du village de la Virtud (Amérique centrale).

Au sortir de la grotte, cette eau est d’un rouge de sang fort vif-, mais, à quelque distance, clic commence à se décomposer, ne tarde pas à exhaler une odeur de chair pourrie et è donner lieu à un dégagement de gaz où domine l'acido carbonique.

L’exlréme chaleur du climat épaissit celte eau, par suite d’une évaporation considérable-, les vautours noirs et les animaux carnassiers en absorbent de grandes quantités.

Si l’on expose celle eau dans un vase à une chaleur de 80 degrés, elle se coagule, se boursouflle et forme une masse spongieuse qui, distillée en vase clos, laisse un charbon friable comme celui des matières animales et exhale une odeur des plus infectes.

M. Rossignon, qui a communiqué ce fait à l’Académie, pense que la rivière de Sang doit sa couleur à la présence d’un nombre immense d’animalcules infusoires.

NOTES

11 existe encore en Amérique d’autres eaux courantes renfermant des infusoires. Lorsqu'elles deviennent stagnantes, par suite de leur diminution, les animalcules périssent, l'eau rougit et exhale une odeur de charogne qui attire les oiseaux et les animaux qui se nourrissent de chair corrompue.

En France, il y a une rivière dont les eaux deviennent rougeâtres, mais la cause en est toute différente. C’est le Tarn. Lorsque les eaux sont hautes, elles atteignent certains bancs d’ocre ou terres ferrugineuses qui les teignent en rouge. Cela se voit fréquemment à Alby.

L’analyse des eaux de certaines rivières fait connaître aussi la variété des matières dont elles se composent et expliquent les phénomènes que nous signalons; en voici des exemples :

On s’est beaucoup occupé dernièrement de l’analyse des eaux des grandes rivières, soit qu’elles fussent considérées dans leurs rapports avec la désintégration et la dissolution des formations de roches existantes et la formation de nouveaux dépôts, ou dans l’action qu’ont ces eaux sur l’économie de la vie animale et de la vie végétale. Voici à ce sujet de curieuses analyses faites par M. Sterry Hunt sur les eaux du Saint-Laurent et de son immense tributaire l’Otawa :

Les eaux furent prises à la fin de la saison d’hiver, après trois ou quatre mois de gelée, avant la fonte des neiges, et à quelque distance des rives, où un courant rapide empêchait la glace de se former. On prit l’eau de l’Ottawa le 9 mars, à Sainte-Anne, près la tête de l’île de Montréal; la température de l’eau qui courait à cet endroit au-dessous de la glace était de 33° Fahrenheit (0°5G centigrades), celle de l’air lui était égale. Celte eau, entièrement libre de tout sédiment, avait la couleur ambre-jaune pâle, en couches de 6 pouces (13 centimètres 235) très-distinctes. Quand cette eau est chauffée, la teinte devient plus foncée; et, lorsqu’on chauffe jusqu’à l’ébullition, un précipité brun brillant apparaît, qui consiste, ainsi qu’on peut s’en assurer quand l’eau est évaporée au dixième, en lames petites, brillantes, irideseenles. Ce n’est pas du gypse, dont cette eau ne contient aucune trace, mais de la silice mêlée de chaux, de magnésie, d’acide carbonique et de matières organiques. Pendant ce temps, l’eau devient plus colorée et montre une réaction alcaline sur le papier de tournesol. Quand on fait bouillir le précipité en question avec une solution de potasse étendue d’eau, il se dissout en partie, elle liquide alcalin acquiert une teinte

NOTES

brun intense, qu’un excès d’acide acétique rend plus pèle. L’acétate de cuivre ne donne aucun précipité avec le liquide acidulé; mais en y ajoutant subséquemment du carbonate d’ammoniaque, et en faisant chauffer, un léger précipité blanc parait, qui indique l’acide crénique de Berzélius. Ceci cependant ne répond qu’à une faible partie de la matière organique contenue dans l’eau, où elle existe principalement sous la forme d’acide humique ou de quelque composé analogue.

Quand l’eau de l’Ottawa est évaporée jusqu’à la sécheresse, dans une capsule en platine, avec un excès d’acide hydrochlorique, et que le résidu est traité par cet acide étendu d’eau, il reste une grande quantité de silice, colorée en brun par la matière organique. L’ignition la fait blanchir; elle devient parfaitement pure et est égale à un tiers de toutes les matières solides présentes.

L’eau sur laquelle ces expériences ont été faites ne fut pas examinée au point de vue des nitrates; mais l'absence de déflagration pendant l’ignilion montre que, s’il en existe, c’est en très-petite quantité. Les chiffres suivants sont tirés de plusieurs expériences faites sur deux et quatre litres d’eau, et calculés pour dix litres ou 10,000 grammes.

Carbonate de chaux. . .

Carbonate de magnésie

Chlore

Acide sulfurique

Silice

Chlorure de sodium. . .

Chlorure de, potassium Résidu séché à 300° F.

Résidu igniflé

2,480 grammes.

La quantité de silice dissoute dans l’eau, évaporée à 1/20*, fut trouvée, dans deux expériences, 0,019 et 0,020 grammes pour quatre litres, donnant ainsi une moyenne de 0,046 grammes de silice restée en solution, pour dix litres d'eau, tandis que la quantité de chaux, dans l’eau ainsi évaporée, n’était que de 0,023 grammes pour la même quantité.

L’eau du Saint-Laurent fut prise le dernier jour de mars, au côté sud de la Pointe des Cascades. Vaudreuil. Elle était claire et transparente, et ne montrait pas, comme l’eau de l’Ottawa, des masses colorées de plusieurs pouces d’épaisseur. L’eau nouvelle donne un précipité considérable de sulfate de baryte et un précipité distinct de chlorure d’argent, quand on fait les épreuves nécessaires. En ébullition,

XOTES.

elle laisse tomber un précipité abondant, ce que ne fait pas celle de l’Ottawa. Une petite matière floculente jaunâtre reste en suspension dans l’eau concentrée, qui est seulement légèrement colorée, et le résidu séché contient beaucoup moins de matières organiques que n’en contenait l’eau. Le résidu de deux litres dissous dans de l’acide lijdrochloriquc a suffi pour donner des réactions distinctes de fer et de manganèse. Le précipité ammoniacal provenant de cette solution était en grande partie soluble dans la potasse, c’était de l’alumine. Voici les résultats obtenus pour 10,000 parties :

Carbonate de chaux 0,8033 grammes.

Carbonate de magnésie 0,2537

Chlore 0,0242

Acide sulfurique 0,0687

Silice 0,3700

Chlorure de sodium 0,1480

Chlorure de potassium 0,0220

Résidu séché à 300" F 1,6780

Résidu ignifié 1,5380

Évaporée à 1/40®, l’eau contient encore en dissolution de la silice ei de la chaux, mais point de magnésie; la quantité de silice ainsi restée fulde 0,750, et colle de chaux de 0,050 de carbonate, pour dix litres. ( London, Edinburgh, and Dublin Philosophical Magazine.)

'Vote E. — N° 114 , page 68.

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