‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 161 sur 168 · P 1,1) US DE SAUTERELLES · texte numérisé non relu

P 1,1) US DE SAUTERELLES

Ce n’est pas seulement en Orient ou dans les pays étrangers que ce fléau se manifeste; la France en a été maintes fois témoin, et celte année même. 1838, au mois d’août, plusieurs de nos cantons ont été victimes de son apparition.

a Hier, vers 7 heures du soir, écrivait-on de Périgueux le 10 août, une nuée de sauterelles s’est abattue sur un quartier de Périgueux, à l’extrémité du faubourg Sainte-Ursule, dans un champ qu’elles ont dévasté. Leur gloutonnerie était telle, qu’en un quart d’heure l’herbe a été dévorée jusqu’à la racine et que le sol s’est trouvé dénudé. Une fois leur appétit satisfait, ces insectes ont de nouveau pris leur essor et se sont dirigés du côté de Bergerac. On se fera une idée de leur immense quantité lorsqu’on saura que le ciel en a été obscurci. On eût dit un épais nuage se dirigeant du nord au sud-est.

NOTES

« Les sauterelles viennent également de faire leur apparition dans le département de la Drôme. Voici ce qu’on écrit de Rémuzat :

« Depuis trois semaines environ, les quartiers de Tamisai, Serres et des Uhas, sur la commune de Cornillac, sont envahis par des nuées de sauterelles, qui ont déjà détruit les trois quarts d*s récoltes en herbe, telles que pommes de terre, plantes fouragères et légumineuses. Les arbres à fruits n’ont pas échappé aux atteintes de ces hôtes incommodes. Les noyers eux -mêmes ont été attaqués, malgré l’âcreté de leurs feuilles. Depuis quelques jours, ces sauterelles s’amassent en pelottes et périssent sur les buissons. #

(Musée des Sciences, 25 août 1858.)

Note P. — N° 4«« , page *ÏO.

Voici un fait qui témoigne de l’instinct prodigieux, pour ne pas dire de l’intelligence de l’orang-outang. Nous le tirons de la Gazette de France du 25 juin 1858.

Plusieurs savants ont pensé que nous pourrions demander aux quadrumanes de précieux services. Dans certains pays, on les emploie à ^irer de l’eau, à porter des paquets, à piler des graines dans des mortiers, à remplir mille fonctions de la vie domestique. A la ménagerie du Jardin des Plantes, on a vu un jeune orang-outang présenter la main pour reconduire les gens qui venaient le visiter, se promener gravement avec eux et comme de compagnie; on l’a vu s’asseoir à table, déployer sa serviette, s’en essuyer les lèvres, se servir de la cuillère et de la fourchette, verser lui-même sa boisson dans un verre, le choquer lorsqu’il y était invité, aller prendre une tasse avec sa soucoupe, l’apporter sur la table, y mettre du sucre, y verser du thé, le laisser refroidir pour le boire. Nous ne rappellerons qu’un seul des nombreux traits d’intelligence de cet animal, qu’on avait nommé Jack. Dans les premiers jours de son arrivée, son gardien lui offrit une salade. Le singe s'empressa de saisir une feuille et la rejeta vivement avec un murmure très significatif. On voulut connaître le motif de sa répugnance, et on s’aperçut que la salade était trop vinaigrée. Quoique l’heure du repas fût passée, Jack ne revint pas de sa première impression. On avait décidé, pour voir le parti qu’il prendrait, de ne point lui donner d’autre nourriture. Après plusieurs allées et venues, il découvrit dans

NOTES

un coin de la pièce un gros chiffon de papier à sucre ayant enveloppé des biscuits. Prendre ce papier, l’étendre comme une serviette, le plier en plusieurs doubles, placer entre ces plis une feuille de salade, presser et fouler ce papier comme une éponge, tout cela fut l’affaire d’un moment. Heureux de sa découverte, Jack parvint à essuyer ainsi chaque feuille et put ensuite manger sa salade sans grimace. Ainsi que le fait remarquer M. Victor Meunier, en conférant aux singes un prodigieux instinct d'imitation et celte conformation vraiment humaine du principal instrument de notre industrie, de la main, la nature semble les avoir destinés à nous servir. Ce sont des ouvriers auxquels il ne s’agit que d’apprendre un état. Et comme on a donné aux chiens, provenant tous originairement du même fonds, des aptitudes si varices, de même on pourrait inculquer à chaque espèce de singes une capacité industrielle spéciale, et amener la transformation héréditaire de cette faculté.

Kofe Q. — »” 450 , page *73.

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