FORMATION DE L’EAU ET DES MERS
pour aider à la cuisson des aliments qu’elle est indispensable pour faciliter notre digestion.
L’eau, l’air, et le feu, soit réunis, soit isolés, sont d'une nécessité absolue pour l’existence de l’homme , comme ils ont été nécessaires dans le grand laboratoire des entrailles de la terre, pour convertir, former et classer tant de minéraux que nous baptisons de mille noms différents; car le grand laboratoire du g loin; possédait tous les matériaux à combiner, puisque les éléments de ces matériaux se trouvaient par atomes dans les molécules de l’assemblage primitif.
90. — Le règne de l’eau, à cette seconde époque , a établi ses lois, d’après lesquelles les courants ont été chargés du transl»ort des couches terrestres d’une situation à l’autre. La providence du Créateur a voulu, par ce point de départ, pourvoir à deux grands résultats à la fois : le premier au profit des êtres destinés à habiter sous les eaux, car l’enlèvement des matières laissait des profondeurs dans lesquelles les poissons et les autres êtres trouvaient à des étages successifs des antres et des repaires pour vivre séparés selon les races ; le second, au profit des êtres destinés à habiter sur la terre, car les couches des matières terrestres portées par les eaux étaient riches d’engrais et propres à la végétation future préparée en vue du règne animal. Des couches d’une nature identique se formaient également au-dessous des mers , et lorsque le fond de l’océan s’est découvert pour devenir le plateau terrestre , ainsi qu’il est arrivé à plusieurs reprises, la surface du sol a présenté ses couches enrichies des mêmes engrais que nous venons d’énumérer.
91. — Bien que les eaux, ainsi que leurs lits, aient souvent changé de place autour de la surface du globe, cependant les lois primitives de leur travail comme de leur existence , sont toujours restées les mêmes, ces lois ne pouvant plus subir d’altération ni de changements.
Au commencement, l'eau qui entourait la surface üe la planète n’était que d’une mince épaisseur, à cause de la grande extensiou de la superficie; mais à mesure que le rétrécissement du globe s’opérait, l’eau se concentra, et les profondeurs se firent dans les endroits marqués par les chutes indiquées plus haut (83, 84), et toutes les fois qu’une profondeur partielle avait lieu, elle devait créer son courant particulier; ce courant formait une couche de passage indépendante de la couche du courant qui passait au-dessus d’elle; de là sont venus ces courants superposés que nous reconnaissons sous la mer, les gulph-stream , etc.
92. — Les courants des eaux, en creusant leurs propres lits, ont , suivant la vélocité de leur parcours, établi à différentes profondeurs de magnifiques plaines, où l’herbe et le sable devaient convenir à certains poissons; les excavations inférieures furent formées pour le séjour d’autres races de poissons; plus profondément encore s’étendirent des espaces vides où des arbres et des plantes devaient servir d’abri et de pâturage à d’autres espèces d’individus. Chaque étage, pour ainsi dire, devait avoir des propriétés relatives et convenir aux nécessités des races qui allaient bientôt paraître. Au fond des mers, il existe donc de vastes plaines, une surface aussi inégale que la surface de la terre et qui présente des montagnes, des vallées , des ravins, des roches et des sables, ainsi que des herbes , des plantes, des arbres, des forêts très-étendues et ayant le domicile de certains animaux qui y font leur séjour, absolument comme certains animaux terrestres (1).
(4 ) Rien n’est plus curieux quela variété des plantes sous-marines. les unes destinées au pâturage, les autres devant servir d’abri et d’ombre aux animaux nés pour vivre dans l’eau. Le règne végétal sous-marin est Irès-ricüe en espèces qui diffèrent des plantes terrestres, niais la quantité en est peut-être plus nombreuse que sur la terre; une grande partie appartient à une classe qui est entre le règne végétal et le règne animal, et qui finit par se transformer en minéral ; ces plantes, reli-
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93. — Les eaux ont été uu puissant auxiliaire au protit du jjraud laboratoire intérieur du globe, car elles portaient au feu central, ainsi qu’on l'a vu (84), d’innombrables matières fraîches après les avoir fait naître; ces matières, ces millious de milliards de coquilles, de poissons, de plantes, ont été les matériaux éminemment utiles et nécessaires qui ont servi, soit intégralement, soit comme alliage ou ciment, à la formation de nombreuses espèces de pierres , de métaux, de terres, etc., de tant de sortes et de qualités différentes.