LA T EH HE A SON ÉTAT UE FONCTION
infini et créateur, soit répandu par son esprit dans les atomes invisibles de l’infini qui régissent l'univers, sans que cela empêche qu’il ait son siège plus particulier dans l’un ou l’autre point de sa création.
192. — On voit que notre ferme conviction est qu'il existe un Dieu, être intelligent et sublime, créateur de toutes choses. Maintenant, que son esprit soit constamment répandu partout, et que ses lois soient immuables et en permanence pour le travail de la nature, c’est incontestable; que la matière se décompose pour se renouveler immédiatement, c’est de toute évidence; enfin qu’une des lois de l’éternité soit que la destruction s’effectue pour la recomposition, cela est visible à nos yeux.
Les détails de ces grandes et petites compositions, destructions et reconstructions, sont perceptibles à l’homme; tout ce qui permet la question du comment cela s’est fait, non seulement peut être résolu par son intelligence, mais il tomberait en contravention avec les lois du Créateur s’il n’en faisait pas l’objet de ses recherches; car si Dieu n’avait pas voulu que nous sachions, il ne nous aurait point donné l’intelligence et les moyens de faire des découvertes.
Mais en même temps nous devons reconnaître que Dieu a voulu conserver pour lui seul la question du jtourquoi, c’està-dire du motif pour lequel il a fait cet univers; comme ce motif ne nous sera jamais connu, c’est dire que nous devons renoncer à le demander
193. — Mais si toute hypothèse, même la plus vraisemblable, est impossible sur la question de savoir pourquoi existe l’univers, il nous est permis en revanche de savoir comrqmt se forment les mondes et les êtres qui les habitent; de manière que l’origine de l’univers restera le secret de Dieu, mais la formation des mondes ne sera plus un secret pour l’homme.
La formation des astres, celle des comètes, des mondes.
ainsi que de tous les êtres qui les habitent, est une fatale né- ' eessité qui doit se produire et se reproduire sans cesse.
Cette nécessité s'appelle la loi de la nature ; elle est basée sur le mouvement perpétuel; le mouvemeut perpétuel fait produire obligatoirement des émanations; ces émanations forment du superflu sollicité à se reconstituer; la reconstitution est la loi naturelle du progrès; le progrès est la multiplication forcée des mondes et des êtres (1).
194. — Le monde que nous habitons nous offre la preuve de ce spectacle brillant des lois de la nature ; son mouvement perpétuel autour de son axe et sur son ellipse, ses émanations qui passent continuellement dans l’atmosphère, leur changement de forme, la transformation des vapeurs en pluie qui rafraîchit notre sol et entretient ou altère notre santé, voilà ' le progrès qui pousse à la multiplication des êtres habitant la terre.
195. — Notre monde, ou la terre que nous habitons, nous permet d’ouvrir son sein et de pénétrer dans scs entrailles pour étudier les lois qui les ont formées. Jusqu’à présent nous en avons peu profité, les excavations les plus avancées n’ayant pénétré qu’à la profondeur de 6 kilomètres au-dessous de lu surface. Ces fouilles nous ont fourni un spectacle bien intéressant. En voyant tant de qualités différentes de pierres, de métaux, de houilles, de tourbes, ainsi qu’en remarquant l’ordre de leurs gisements , on peut admirer la régularité et le partage des couches, tantôt droites, effet du travail des siècles sans altération; tantôt horizontales, ce qui indique le moment d’un changement survenu dans le gisement sphérique du globe, et tantôt croisées ou verticales, ce qui prouve que le globe, en quelque partie, s’est prêté nu déplacement plus souvent d’un côté que de l’autre. Cela ressort du déran-
(I) Voir cttap. i*', i à tfi.