‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 73 sur 168 · Thomas Hawkins s’exprime ainsi · texte numérisé non relu

Thomas Hawkins s’exprime ainsi

« Parmi les écrits des nombreux auteurs de l'antiquité, il « nous est parvenu des notions singulières sur des os et sque- « lettes trouvés dans les entrailles de la terre, cl qui appar-

(1) Description of tlie skelelon of an extinct giganlic slotb: Mylodon robustus , Owcn by Itichard Owen. London, 1842, I vol. in-4°.

(2| Memoirs of ichtlnjosauri and plesiosauri extinct montera of tlie ancien/ earlh. London, 1834, 1 vol. in-fol. avec 2-î gravures.

« tenaient à des animaux de celte ère hypothétique où vite vaient des géants d’une dimension extraordinaire. Nous « pourrions, ajoute-t-il, citer bien des passages dans lesquels « il est fait mention du temps et de la place où des os « d’une grandeur surhumaine ont été extraits du sein de la « terre. »

Les savants de nos jours, déjà familiarisés avec les explorations de la géologie, pourraient à peine croire les effets sério-eomiques que ces sortes de découvertes produisaient sur les esprits étonnés des philosophes qui vivaient dans ces siècles passés. De là naquirent de brillantes lictions, telles qui; les fables des Titans, etc. , etc...

352- — Il n'y a aucun doute que, dans ces débris, il y avait des restes de l’espèce des pachydermes, de la race des mégathérium, avec mille autres espèces toutes colossales, et surtout des grands sauriens (1), ces êtres singuliers, ayant pour se défendre une seule corne, comme un espadon, arme terrible, que M. Gédéon Man tell, après des travaux persévérants, a su décrire avec un vrai talent et sans doute une grande exactitude (2).

Le géant mégalosaurus , et un plus gigantesque encore, Yigmnodon , auprès duquel nos plus grands palmiers ne seraient que des arbustes nains , et le prodigieux ichthyosaurm (3) doivent avoir créé dans l’imagination des peuples

(t) « D’énormes sauriens, dit M. Alfred Maury {la Terre et l’Homme , 1857), fréquentaient la vaste mer crétacée, et l’un d’eux, découvert dans les couches de craie de Maeslrichl, a dû à celte circonstance son nom de mosasaure (le saurien de la Meuse) ; il était voisin des iguanes, et sa tête, armée d’un formidable appareil denté, avait un mètre et demi de long. Cet animal monstrueux a été aussi retrouvé en Angleterre et dans la craie de Meudon, près Paris. »

(2) The Geology of the soutli-east of England.

(3) Au mois de juin 4858 , dans le canton de Berne , des fouilles ayant été entreprises sous la direction d’un géologue suisse, M. Meyra,

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de ces époques (où les découvertes de la géologie n’étaient pas même soupçonnées ), une panique suflisante pour créer tous les monstres que la Fable nous a transmis sous la forme des hydres, hippogriffes, dragons, etc.

M. Mantell donne les détails des dernières découvertes fossiles végétales et animales (1).

Nous ne suivrons pas l’auteur dans tous ces détails, fort intéressants du reste, ni dans les débats des savants pour découvrir si ces fossiles gigantesques appartenaient aux quadrupèdes ou à d’autres races. Nous remarquons seulement la conclusion concernant le classement de Yichthyosaurus ; on reconnaît que son nom dérive du grec, ichthijos, poisson, et sauros, lézard.

C’est donc le lézard géant avec ses espèces, races et variétés qui abondait dans les premiers âges du monde; ces êtres sont restés les princes du règne animal jusqu’à la cinquième journée ; après cette époque, la terre n’était plus assez molle pour leur genre d’existence, et ils ont fait place à des races mieux appropriées au terrain plus dur qui se formait.

353. — Cuvier dit que (2) les fossiles ayant donné naissance à la théorie de la terre, lui ont fourni en même temps ses principales lumières ; que la découverte spéciale des os fossiles des quadrupèdes peut conduire à des résultats plus rigoureux qu'aucune autre dépouille de corps organisés; mais en même temps il est convaincu que les races des grands quadrupèdes

on mit à découvert le squelette d’un ichlhyosaure ; ce squelette a environ 12 mètres de longueur; il a dà être déposé au musée d’histoire naturelle de Bade.

(1) Pictorial allas of fossil remains..., by Gideon Algernon Mantell, esq., London, 1850.

(2) Discours sur les révolutions Je la surface du ylobe , pages 39 et 42.

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sont éteintes, et qu’il n’y a plus aucun espoir de les voir se reproduire sur notre globe.

354- — Cuvier avait raison; la découverte des grands animaux anciens sera la seule qui pourra nous conduire à former, à peu près, la statistique des êtres selon les temps, et, par leurs caractères et les altérations de leurs formes, nous désigner aussi les climats qui régnaient aux diverses époques de leur existence.

Depuis Cuvier, on a continué les fouilles et l’étude des découvertes avec une persévérance et une habileté merveilleuses. On avait appris de ce savant à composer une carcasse avec des fragments d’un individu; la présence de quelques os lui suffisait pour reconstruire l’animal et lui rendre sa physionomie; ainsi, il ressuscitait les formes delà nature antique. Les traditions de son école ont heureusement progressé.

355. — Partout les débris fossiles nous ont confirmé que l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique ont été habitées par les éléphants qu’on a nommés elephas primigenius, et par les rhinocéros, qu’on a nommés rhinocéros tichorhinus.

Les auteurs de la Géologie de la Russie ont reconnu que cet éléphant et ce rhinocéros avaient vécu longtemps dans la Sibérie. M. Goldfuss ayant examiné des dents molaires d’éléphants et de rhinocéros, en Allemagne, y a trouvé des différences sensibles et les a nommés elephas prisons et rhinocéros lunellmsis. Ces différences attestent ou qu’il y avait plusieurs races à la même époque , ou que ces variétés appartiennent à des races successives.

Buckland (1), Gibson, ont trouvé des vestiges nombreux de ces animaux dans la célèbre caverne de Kîrkdale en Angleterre.

Les ossements de ces grands pachydermes, et ceux des

(1) Reliq. dilue., [il. VII.

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nombreux carnassiers, rongeurs et ruminants, qui leur sont presque partout associés, se montrent disséminés dans tout l’espace compris entre la mer Caspienne, la mer Noire et la Baltique.

356. — Avec les restes d’éléphants et de rhinocéros géants, on voit quelquefois s’associer des ossements d'hippopotames, type complètement étranger à la faune que nous croyons d’origine sibérique ; peut-être se rapprocheraient-ils de l’une des espèces vivantes de l’Afrique. Une dent a été donnée au Muséum par M. Boucher dePerthes, et se trouve mentionnée et figurée dans l’ostéographie dcM. de Blain ville ( Fasc.du g. Scs, pl. ix), comme canine supérieure d’un grand sus (sanglier).

357. — L ’exploration des cavernes de l’Algérie a procuré également des ossements de pliacochœre, d’hvène tachetée du Cap, de bos primigenius , et des restes d’éléphants et de rhinocéros fossiles, rapportés parM. Benou (1), qui sont de la même espèce que ceux trouvés dans le lac Salé d’Amérique.

358. — Le président des États-Unis, Jefferson, a découvert dans une caverne de la Virginie les ossements d’un ancien grand animal qu’on nomma megalonix , et plus tard on trouva, dans la vallée du Mississipi, un squelette complet d’un pareil animal.

Les tatous ou dasypiens , qui vivent encore depuis le Mexique jusqu’à l’extrémité de l’Amérique méridionale, sont d’une taille de moitié plus petite que les débris fossiles de la même race qu’on a trouvés dans les fouilles du Mexique et de l’Afrique.

359. — Mais les éléphants antédiluviens, de l’espèce la plus colossale, se font reconnaître par les fragments fossiles trouvés fréquemment dans les couches de terre glaise d’alluvion de l’Amérique septentrionale. Ces découvertes, rappro-

(1) Moniteur , 2 mars 1858.

chées (le l'observation analogue relative aux débris asiatiques, semblent prouver que les éléphants de la cinquième époque ont survécu plus que toute autre race , en traversant les dernières révolutions du globe.

On a trouvé dans les forêts vierges de l’Ohio (Amérique), et dans le lac Salé, une quantité d’ossements de cet animal gigantesque, ainsi que des bois de cerfs géants et d’autres grands animaux d’un temps primitif. Il y a à Philadelphie un squelette entier d’éléphant trouvé dans Osage-County dont la longueur, de la queue à la tête, est de 30 pieds; on a trouvé depuis des os bien plus gros et plus considérables qui attestent une taille beaucoup plus grande encore.

360. — Notons ici deux faits très remarquables : des cochons de l’Inde orientale ont été retrouvés, à l’état fossile, dans l’Amérique du Sud. En second lieu, à l’entrée des Espagnols dans l’Amérique, il n’y avait pas de chevaux du tout; cependant on y trouve aussi bien qu’en Europe des ossements fossiles de chevaux dans les terrains tertiaires supérieurs; le cheval sauvage a donc existé dans cette contrée, mais la race chevaline s’y était éteinte ou avait été détruite dans les âges antérieurs, peut-être par des animaux plus forts, parce qu’ils n’étaient pas protégés par les soins de l’homme, comme ils ont dû l’être sur l’ancien continent.

361. — L’un des plus infatigables géologues de notre temps, le savant sir Charles Lyell, nous donne des détails fort curieux (1) sur de nombreuses découvertes de fossiles de toute espèce, et particulièrement de mammifères trouvés au sein de roches d’une haute antiquité, dans la Caroline du Nord (États- Unis), entre autres (2) d’un dromatheriim sylvestre, ainsi

(1) Manuel de Géologie élémentaire.

(2) Supplément au Manuel de Géologie élémentaire , par sir Charles l.yell.

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nommé par le docteur Emmons, qui rapporte à la période permienne (1) les couches au sein desquelles il était enfoui. Ces couches contiennent aussi des débris de sauriens théeodontes. Il est à remarquer que des espèces fossiles de cette famille de grands reptiles se sont rencontrés également dans le Trias supérieur du Wurtemberg. L’auteur ajoute que le fossile en question est aussi ancien que le bassin houiller de Richmond (Virginie, Amérique), et que le ilromatherium appartiendrait à la partie inférieure de la série jurassique, plus ancienne que le schiste de Stonesfield, et par conséquent on peut le regarder comme l’un des représentants les plus anciens, jusqu’à ce jour connus, de la classe des mammifères.

362- — Les anciens se sont assez rendu compte des animaux vivants. Nous voyons dans Aristote la description de presque tous les animaux encore les plus remarqués de nos jours; mais les anciens n’avaient pas fait des fouilles sous la terre, ils ne connaissaient les animaux géants que par les traditions verbales transmises de père en tils, et qui' naturellement s’altèrent par les exagérations et tinissent, comme on l’a vu, par des fables. Ainsi les singes de presque toutes les espèces ont été indiqués par les anciens sous les noms de pithèques, de sphinx, de satyres, de cébus, de cynocéphales, de cercopithèques.

Les orangs-outangs et tout autre animal approchant des formes et de la taille de l’homme, mais privés de la parole, se trouvent compris sous ces différentes dénominations.

363. — M. Owen a trouvé des débris d’un singe qui a dù vivre sur les bords de la Tamise, et qu’on a nommé macacus yhocœnus.

(i) Le calcaire magnésien des géologues anglais a reçu de sir R. Murchison, en 1841 , le nom de Permien , du gouvernement de Perm, en Russie, où ce terrain occupe une surface double de celle de la France, et contient en abondance des fossiles très-variés.

Il v a plus (le vingt ans, un géologue français, M. Lartet, a signalé un singe fossile, voisin de l’orang-outang, qui venait d’être recueilli en France, dans nn dépôt d’eau douce à Sansan (Haute-Garonne). Il lui a donné le nom de dryopilhecus, c’est-à-dire singe d'arbre, parce que cet animal, qui paraît avoir été frugivore, devait grimper sur les arbres pour en manger las fruits. Ce savant distingué a depuis, en 1856, fait connaître la découverte, au sein du même gisement, d’une nouvelle espèce fossile de la famille des orangs, de taille supérieure à celle du chimpanzé vivant. Les parties du squelette qu’on avait trouvées étaient seulement les deux branches d’une mâchoire inférieure garnies de leurs dents et un humérus. Ces débris ont suffi pour indiquer, par leur structure anatomique et leurs dimensions, une espèce se rapprochant de l’homme plus qu’aucune autre parmi les quadrumanes vivants ou fossiles jusqu’à présent connus des naturalistes. L’observation des dents a indiqué aussi , d’après leur ordre de succession el d’après leur nombre, que ce quadrumane différait du chimpanzé et correspondait à l’espèce humaine.

Déjà on avait reconnu que le gibbon, par son squelette en général, se rapprochait du type humain bien plus que tout autre singe.

Vers le même temps, en 1854, on avait découvert en Grèce, près d’Athènes, un autre fossile de singe, que M. Lartet assimile à uu genre vivant, celui du semnopithecus, mais qu’on croit du même âge que le fossile de Sansan.

« Ces faits, dit M. Lyell ( Supplément au Manuel de Géologie), nous font voir combien il nous reste à apprendre sur l’histoire ancienne des quadrumanes, surtout si nous songeons 4jue, sous le rapport géologique, nous connaissons fort peu, comparativement, les contrées tropicales, où cependant il faudrait s’attendre à rencontrer en plus grand nombre que partout ailleurs des vestiges de genres anthropomorphes (ayant formes d’hommes) éteints. Si des couches aussi anciennes que

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le miocène ont pu nous révéler des formes jusqu’à un certain point intermédiaires entre le chimpanzé et l’homme, ne sommes-nous pas en droit de présumer qu’un jour d'autres couches d’une date plus ancienne ou plus modernç fourniront également de nouveaux anneaux ostéologiques entre l’homme et le dryopithecm? »

364. — H n’entre pas dans le plan de cet ouvrage d’indiquer les noms de tous les quadrupèdes de l'antiquité ou antédiluviens déjà reconnus par la science; c’est à elle de créer les noms à mesure qu’elle fait une découverte ; seulement nous trouvons que Domitien montrait à Rome un animal auquel on n’a pas donné un nom particulier, et qu’on appelait le rhinocéros à deux cornes. Cet animal n’existe plus de nos jours. Domitien en fit graver l’image sur des médailles, ainsi que le raconte Pausanias. Cette espèce était donc déjà très-rare à cette époque; par conséquent, il y a environ dix-huit siècles que cet animal a disparu. Le rhinocéros unicorne existe toujours, mais seulement dans les pays les plus chauds.

365. — M. Barrande de Prague, avec un zèle qui honore sa persévérance, a formé une des plus belles collections de fossiles de l’Europe ; déjà plus de 1 ,500 espèces d’invertébrés fossiles ont récompensé seseffouts.

Ce savant géologue a classé par colonies les formations probables des couches de fossiles ; ce système pourrait être assez juste pour un plateau spécial comme la Bohême, et offrir la gradation des espèces éteintes en présence des races nouvelles qui se remplaçaient successivement. En elfet, les études de M. Barrande prouvent que la faune graduelle d’une colonie à l'autre présente, dans la quantité des espèces, une différence de 8 à 9 p. 100, ou bien de 1 à 2, d’une couche à l’autre.

Mais Userait difficilede prendre cette théorie pour une règle générale, car dans les grands bouleversements de la terre et

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particulièrement sur les points des divisions causées par les crevasses, les soulèvements qui ont eu lieu en même temps que les transports par les eaux doivent avoir confondu assez souvent dans un même terrain les produits des êtres ou des formations d'une époque très-éloignée. ♦

Les courants souterrains ont dû aussi porter les dépôts d’un bout à l’autre du monde, et causer un mélange de débris d’êtres dissemblables, lesquels n’auraient pu vivre ensemble sous le même climat; et cependant un soulèvement subit les offrirait aux recherches des géologues d’aujourd’hui, sur une même couche, ou dans la circonscription d’une même colonie.

366. — L’analogie du terrain, ou des couches de terre et celle des fossiles découverts en Amérique, comme en Europe et en Asie, prouvent jusqu’à la plus parfaite évidence, que tous ces continents n’en faisaient encore qu’un seul à la fin de la cinquième époque de formation de notre planète. Nous verrons bientôt le moment et la cause de la séparation et de la division des différentes parties du globe terrestre.

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