‹ La crémation et ses bienfaits; son histoire chez tous les peuplesChapitre 8 sur 40 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LE MAHABÀDISME

Ouvrons un autre livre sacré, le Décatir, et nous y verrons un nouveau mode funéraire, prendre place à côté de la crémation et de l'inhumation.

Le Décatir est l'exposé d'une vieille révélation religieuse qu'on pourrait se représenter comme un éclectisme doctrinal, tenant à la fois du mazdéisme, du brahmanisme et du bouddhisme. Saçan l'avait traduit en persan, vers le sixième siècle de notre ère. Le style de cette version avait été rajeuni plus tard. Un guèbre de Bombay en a donné une traduction anglaise en 1818.

Cette révélation repose sur l'unité de Dieu et

LA CRÉMATION ET SES BIENFAITS Oi

sur le dogme de la transmigration des âmes. La partie principale est attribuée à Mahabad ou Abad le Grand, prophète des temps antiques, dont les disciples sont désignés sous le nom de Mahabadiens.

Voici ce qu'on lit dans le Décatir : « Ne désespérez jamais de la miséricorde de Dieu... Quant à la manière de vous comporter à l'égard de ceux qui ont cessé de vivre, on peut indifféremment jeter le cadavre dans un vase rempli d'acide nitrique, (si le texte original a été bien traduit,) le brûler sur un bûcher ou l'enterrer. »

Saçan avait commenté en ces termes, ces paroles du livre sacré :

« Voici ce que les disciples d'Abad, font ordinairement, en cas de mort d'un des leurs.

« On commence par laver le cadavre et à l'habiller d'une robe propre et parfumée ; on le plonge dans un vase, plein d'eau-forte, et après avoir constaté la dissolution, on va jeter le contenu du vase dans un endroit éloigné de la ville.

« Ailleurs, après avoir lavé et habillé le cadavre, on fait creuser sous le dôme d'un mausolée bâti à cet effet, un puits profond dont l'intérieur est revêtu de briques et enduit de plâtre. Le cadavreest déposé (alors) dans une niche, ou sous la

plateforme construite près de la margelle du puits. »

« En d'autres endroits, on renferme le cadavre dans une urne ou dans un cercueil et on l'enterre. »

« Le meilleur de tous ces procédés est celui de la dissolution du corps dans de l'eau-forte. »

La doctrine Mahabadienne était, comme on voit,, très tolérante ; elle ne condamnait aucun mode funéraire et désignait seulement ses préférences pour le procédé chimique. On pourrait se demander si ce procédé avait pour but de faire dissoudre le corps tout entier ou seulement les chairs. Mais le texte ne fait pas mention des ossements qui seraient restés dans ce dernier cas ; il s'agit d'une dissolution complète, qu'on cherche à renouveler, de nos jours, par des moyens analogues.

Page 1