I.A CIVILISATION CKKÏOISK
Peut-être la division actiirOlcment rccnc, outre l'avantauc de mai- (jiier le dernier éhd du second [)alais de (Inossc, a-f-ellc «iicnre crlui d'indiquer une évolution décisivr dans la céraniicine. Dans le mittorn rrcmt^ tous les vas(*s seront à tond clair jannàtre. avec dét-or hrnu ou rontieàlre, d'un réalisuic saisissant II snllit au potirr, pour orner un vase haut d'nn nirtre, d'un<' sérir de lis ou de papyrus, on encore d'nn poul[)e dont les tentacules sont vivants, [.es plus hellcs iVcsijnes sont de ce tem[)S, roniine an^si les adniirahlrs vases en stratite de liai: i a Triada.
Peu à peu, l'ait perd de Son naturel; le> lleuis et les [)oulpes de-
vieuiu'ntdesoriicmentsronvcntioiinelsur. tiu. lô . Les vascsàétrier II,
([uisont loiud'avoir la uràce des anciennes amphores, sont tout à lait
à la nn»de, aiusi que les i;iands vases pointus à une srule anse.
Onoi qu il ensoit decjurhjnes sii:iies de (h'cadence, Tart minoen avait
att«'int son îq)oi:ce quand il disparut hrus- (piemenl, empoilr par une calasti'oplH' iiréparahle. \.v palais l'ut systômatlipuMuent pillé, puis iucemlié. Les colonnes en hois, les |)lal'onds, les poutres èniem eni:ai:ées dans la macouneiie, lur<'nl rapidement la proii' des tlannnes 1 .
Le palais ne l'ut plus occupé (juc parlirllcuient. h(^ siu)plcs parlimliers se taillèrent (h's maisons dans la vaste ruine. Si Ton peut earactériser celte époijue (niim)en réceid IM , «'est surtout par les tomhcaux. La céramique est manifestenu^d en décadence. C'est un déhordenuMd des \ases à étrier. L'ari;ile est «grossière, les ornements très eonventioimels. Lart (\\\ hronze n'est point déchu. Les épées sont fort lon,i:ues. Le hiiiclot est nombreux. <lans le stvle dit nncénien.
C'est à cette époipie (pie M. Kvaiis rattache la petite chapelle sise
( I ) L«' vasr à t'iiin- Jltn/cl/.nniir) n {\o[i\ anses ,t cùN- «le la boiicli»' sii|H''ri»Min*: ce qui le earaelrrise «'I le disliii^ne «le eeilaiiis vases analt»^ues de la priiode |né(ed«'iile. « est que la houehe est rerinée. le liouiol rlaul reiiuuilé a rôl»' d'elle» el". li-. H; .
''*) On vt»il aiijoiird liui. au re/.-d«' ehauNsée du inus»''e d<' Candie, une grossi- pièce «le LM.i> enlii rehMiil carbonisée, qui a élr ronsid«'ree « omine une de tes (olonne>.
is. I.'». — (:^^>s..^. Vase du «U'ruicr ail niiuoen. l)'a|»ns USA, |\. lig. -ji;.
à roté du mé.i^aron de la reine et le sanctuaire des fétiches. C'est donc aussi A re moment qu'il faut placer les petites idoles en ariiilc, avec raies brunes, la tète en bec d'oiseau, les bras comme des nioiiinons on des ailes coupées, telles (pi'on en a tant trouvé à Mvcènes.
I i^. Hi. V:is«* a t'iiiei, vu de cic tl dr dessus. D'après /;N.I. IX.Ii,:;. St.
Si elles sont d'un style u primitif », nn voit (|u'<Mi réalité elles ne sont point très [)rimitives.
La civilisation minoenne ne descend |)as plus bas. Après, c'est le début de la période p'ométriipu', postérieure à l'iuvasion des horiens. L'im-inération lemplace linlniuiation, le fer succède au bronze. La présence de la tibule, sans e\enq)Ie dans les nécropoles minoeunés. décelé uii <*han::ement complet daus h' véhément. Quelques survivances maintiennent seules une certaine continuité avec les à-es pré<édenls.
()n peut donc restituer dans les iiramles lii-nes le développement de la culture en Crète. Pour en évaluer la durée, il fallait un point de repère; l'KuypIe l'a fourni.
M. Pétrie avait ivmanpié à Abydos. au début des dynasties é^yp-
Hg. 17. Coup»' de d«Mi\ \ast's ru diorite : x du 1"' palais «le Cuos^os; // de la t.uul.e «lu pharaon Sntlrou (IV .lyu.). Dapi.s ISSA, \IM, liff. "i s.
tiennes, certaius vases qu'il jni^cait non-é-yptiens. Les échantillons
LA CRÈTE ANCIENNt:.
LA CIVIIJSATÎON CRETOISE.
qu'il a portés à Candie lui ont paru tout semblables à ceux de Cnosse : même couleur, même brunissage, môme apparence générale, même forme dans un cas. A l'inverse, Cnosse a fourni, dans ses plus anciens dépôts iearlij Minonn I , des vases égyptiens. Un fragment de bol de diorite paraît être de fabrique égyptienne au temps de la IV*^ dynastie (fig. 17 , et de même un fragment de bol de liparite. Or la liparite ne se trouve que dans les îles Lipari. M. Evans d a supposé que les Cretois la tiraient de ces lies pour la livrer brute aux Kiiypliens en échange de vases fabricpiés. L'explication est un peu compliquée. Pourquoi les Égyptiens n(» seraient-ils pas allés la chercher euxmêmes, s'il est avéré qu'ils ont porté leurs silex taillés des temps néolithiques aux côtes de Provence 2)?
Le synchronisme reprend sous la XII* dynastie, avec de beaux vases Cretois iminoen moyen II trouvés par M. Pétrie à Kahun, et par l'imitation sur des sceaux crétois de types de cette dynastie.
Au temps de la Wlil" dynastie, les Égyptiens ont connu et représenté dans leui*s tombeaux les superbes amphores dans le « style du palais >», et la tombe royale de Cnosse a fourni des vases d'albAtre égyptiens. Mais l'ajustement le plus remarquable est celui de la dernière période minoenne avec la civilisation mycénienne. H semble ([ue Cnosse succombe quand iMycènes est à son apogée.
Cette époque était communément fixée par les archéologues i\ l'an 1500 avant J.-C. C'est aussi la limite que marque la comparaison entre la (h*ète et l'Egypte. Les types céramicfues trouvés à el-Amarna, dont le dépôt date de la lin du xv" siècle, se ressentent déjî\ de la décadence de la dernière époque. Les seconds palais de Cnosse et de Phaestos et le premier palais de Hagia Triada ont donc été détruits vers l'an 1500.
Que si nous voulons, de ce point extrême, remonter aux origines, nous n'avons que l'appui fort incertain de la chronologie égyptienne. M. Maspero s'abstient prudemment d'assigner des dates aux premières dynasties. Le cinquiènn» millénaire, vers VOOO av. J.-C, est très généralement pris pour point de départ des dynasties chiffrables 3 . On ne se trompera pas beaucoup en fixant le début de la WIH' dynastie îi l'an 1000 \ . La civilisation minoenne comprend donc une durée d'environ 2500 ans. La couche de débris, à la cour ouest du dernier
(t) BSA, vin, p. 121 ss.
(2) On vient do découvrir là une rej^rellabie myslificalion. (:iy Kvatuulion fort modérée; M. IVlrie : 5510.
(4) Mvsi'KHo, Histoire..., W, p. ;{:{7 on noie, placo la Wlll «lyna^ilie de l'an Ifion A l'an 1350, avoc une erreur possible de 5o ans.
palais de Cnosse, au début du minoen récent, est à trois mètres audessus du pavé le plus ancien earli/ Minoan 1), soit un peu plus d'un mètre pour mille ans. Si l'on songe que la couche néolithique a six mètres et plus, cela donne un chiffre respectable pour l'occupation de ce coin de terre par l'homme. M. Evans l'évalue à 12.000 ou l'f.OOO ans. Ces chiffres sont peut être un peu forts, mais personne ne prétend leur assigner une valeur précise et absolue (cf. fig. 87).
En essayant de fixer la suite, du moins relative, des différentes phases de la culture, il est un élément que nous avons négligé, parce qu'il mérite d'être traité à part. C'est l'écriture, dont le développement n'est pas moins caractéristique. Avec une remarquable intuititm, M. Evans avait pressenti le système crétois d'écriture avant même les fouilles de Cnosse. Le palais lui a fourni plus de deux mille tablettes, et les autres centres de recherches ont apporté des points d'appui correspondants. Ici surtout nous suivrons de très près les descriptions fournies par le savant anglais, en attendant la publicaticm des textes (1\
Il semble que la Crète ait connu l'écriture pictographique. Mais on n*y voit aucun hiatus entn* une écriture pictographique et ime écriture hiépoglyphi([ue. On peut dire seulement que les plus anciens échantillons, des empreintes triangulaires de sceaux sur argile, se piquent de plus de fidélité «V bien représenter les objets. Cette fidélité fut souvent plus grande ([u'en Egypte; aussi M. Evans aime-t-il î\ dénommer cette écriture une pictogrtaphie conventionnelle. On la trouve depuis les temps que M. Evans nomme proto-minoen oarly Minoan\ jusqu'aux premi(îrs temps de la dernière épocjue ylate Minoan \ c'est dire qu'elle a fleuri surtout à l'époque moyenne, contemporaine, dans son milieu, de la MI' dynastie égyptienne. \]n superbe échantillon de ce temps représente une jambe inclinée, une double hache et un poisson (debout!) (2^. L'imitation de la nature y est plus frappante que dans les hiéroglyphes égyptiens, sauf ([uelques échantillons très anciens.
(1) Voir rretnn pictnrjrapha and pvaepUeincian script, dans Journaf of helleuir Sfiiities IS'.ri. cl Vurthvr discovcries, etc., J. II. S. 1897. Dans l'annuaire de Térole anglaise voir surtout VI, p. 55-G;{; VIII, p. 100 ss. ; X, p. \.\, 5" ss. Notre analyse sup|)ose les résultais acquis par les dernién's fouilles et suit par conséquent quelquefois Tordre inverse à celui des rap|»orls.
(2) USA, VI il, p. 107; voy. (ig. 18.
L4 CRKTE ANCIENNE. 3
V\^. 18. — L(^g«'nde pictn^rapliiqiie sur iiu sceau (env. il). Oapres
USA, vin, fiK (ji.
LA (civilisation CRETOISE.
ft
Celte écriture hiéroglyphique fut remplacée par une écriture linéaire, après les premiers temps du deuxième palais, dont la période la plus florissaute correspond à la XVlir dynastie égyptienne.
L'écriture linéaire elle-même comprend deux classes, dont il est difiicile de déterminer le rapport. L'une d'elles est plus répandue (classe A ; elle a été reconnue à Cnossos, à llagia Triada, à Palaekastro, à Gournia. La classe Best surtout représentée par un nombre considérable de tablettes, plus de mille, ramassées à Cnosse. M. Evans penche pour altribuer à la classe A — d'où cette lettre — une origine
plus ancienne, parce qu'on la trouvée dans des dépôts plus anciens, mais si elle ressemble plus à récriture pictographique pour certaines lettres, B l'emporte encela pour d'autres.
Entre les deux classes, il y a un élément commun considérable, sans qu'on puisse affirmer une filiation; ce sont plutôt deux systèmes parallèles; peut-être la prédominance de l'un à une époque est-elle due à une révolution politique.
Ce qui importe plus, c'est de caractériser l'écriture linéaire fii;. 19) par opposition à l'écriture pictographique ou hiéroglyphique. La classe B offre une base de compaiaiscm lieaucoup plus large.
Dès le mois de mars 1900, on trouvait à Cnossos plus de neuf cents tablettes d'argile couvertes de cette écriture linéaire, ferme et haute. Le caractère linéaire est très prononcé, quoique, rà et là, on puisse reconnaître l'aspect pictographi(jue original : ainsi la tête et le cou de rhomme, la main, les bras croisés, un vase pointu, un oiseau volant,
Fig. m. — TahUnic de Cnossos. Classe P.. D'après RS'.I,
M. I I. 2 ii/3).
des portes, une clôture, un trône avec un sceptre, un arbre, une feuille. Environ soixante-dix caractères semblent avoir été d'un usage commun. Certaines figures sont manifestement suivies de nombres destinés à indiquer la nature et la quantité des objets, déposés dans des caisses dont la tablette était l'étiquette. C'est ainsi que, dans les arsenaux dont nous avons parlé, une cinquantaine de tablettes sont relatives à des chars; d'autres figurent des flèches; l'une en énumère 6010, une aulre 2630 ; et précisément deux dépôts de flèches ont été trouvés tout auprès. Des signes détermhiatifs hiéroglyphiques, et desnombres, c'est d'ailleurs tout ce qu'on comprend à cette écriture. Le système des nombres, qui est décimal, ressemble, quoique de loin, à celui de l'Egypte. Les unités — des barres droites — sont les mêmes que chez les Égyptiens. Les dizaines sont généralement des lignes horizontales. Les centaines sont des cercles, quelquefois brisés, qui suggèrent une comparaison éloignée avec les spirales égyptiennes. Les mille sont des cercles avec des crochets.
Les signes déferminatifs, outre les chars et les flèches, sont des chevaux, des têtes (pour signifier des esclaves), des maisons ou des granges, des porcs, des arbres, des fleurs, des vases eu poterie ou en métal, des outils comme des haches ou des bêches. Voici qui est encore plus important. Les mots sont parfois séparés par des lignes droites, et, de la moyenne des lettres qui y sont incluses, M. Evans conclut « qu'il est probable que ces signes ont une valeur syllabique ». « Les inscriptions sont invariablement écrites de gauche à droite » (1).
Parmi les soixante-dix lettres communes, dix sont pratiquement identiques à certains signes du syllabaire chypriote; et environ le même nombre montre des affinités avec les lettres grecques postélieures.
Ces quelques caractéristiques sont peu de chose pour l'intelligence des signes; elles permettent de constater une divergence extraordinaire entre l'écriture linéaire et l'écriture pictographique conventionnelle. Il y a très peu de points communs. L'écriture hiéroglyphique comprend une centaine de signes, dont quelques-uns manifestement idéographicjues. Ces idéogrammes sont parfois suivis de nombres, comme dans l'écriture linéaire, mais le système hiéroglyphique se résout moins facilement. Quelques-uns des hiéroglyphes les plus fréquents, comme la double hache, l'œil, la croix pommée, ne se retrou-
(I) /ts.i, Vl. I». 59. On ne voit pascependant qu'il faille plus ou moins de caraclèrespour une êcriluresyllabî(|ue que pour une écriture qui ne trace que les consonnes; la réflexion ne porte donc (|ue sur la couqiaraison avec une écriture qui marquerait les voyelles séparément comme le srec
LA CUKTK AN(:ii:.NNK.
LA CIVILISATION CRKTOISK.
Celte écriture hiéio-^^yphique lut remplacée par une écritui'e linéaire, après les premiers temps du clciivième [)alais, dont la période la plus florissante correspond à la XVIII dynastie éiivptienne.
L'écriture linéaire elle-même comprend deux classes, doni il est diflicile de déterminer le rapport. L'une d'elles <'st plus répandue classe A ; elle a été reconnue à Cnossos, à llai;ia Triada, à Palaekastro, à (iournia. La classe Best surtout représentée par un n()nd>ie considérable de tablettes, plus de mille, ramassées à Cnosse. >L Kvans peïicbe pour altribuor à la classe A — d'où cette lettre — une oriiiine
plus ancienne, parce (ju'on l'a trouvée dans des dépots j»lu
ancu'us, mais si e
ressend)le plus à l'écriliire pictograpbi- (pie pour certaines lettres, l> l'emporte encela pour d'autres.
Kntre les deux classes, il V a un étément commun considérable, sans (ju'on puisse allirmer une libation : ce sont plutôt deux svstèjues parallèles; peut-éti'e la prédominance de 1 un à une épocpie est-elle due A une révolution [mliliipie.
r^e (pli importer plus, c'est de caractériser l'écriture linéaire lii:. 1<) par opposition à l'écriture [)icto-ra[»bi(pie ou biéro-Iypbiqur. La elasse W oll're une base de com|>araisnn beaucoup plus lari:e.
nés le mois de mars l!M)(L on trouvait à Cnossos plus de neuf cents taldettes d'ariiiie couvertes de cette écriture linéaire, ferme et baute. Le caractère linéaire es! très prononcé, (pioiipu', eà et là. on puisse reconnaître l'aspect picto-raplii(pieori.^inal : ainsi la tête et le «ou de rbomme, la main, les bras croisés, un vase pointu, un oiseau volant.
l'iu. I". — TjihN'ltf lie Cnossos. <;lassf T.. b'apn's /.'S.!,
des portes, une clôture, un trône avec un sceptre, un arbre, une feuille. Environ soixante-dix caractères semblent avoir été d'un usaiie commun. Certaines ligures sont manifestement suivies de nombres destinés à indiipier la nature et la (puuitité des objets, dé[)osés dans des caisses dont la tablette était l'étiquette, ('/est ainsi cpie, dans les arsenaux tlont nous avons parlé, une cinquantaine de tablettes sont relatives à descliars: d'autres lii;urent des llèclnîs: l'une en énumère (>()1(), une autre 2(>.'$(); et précisément deux dépôts de tlècbes ont été trouvés tout auprès. Des signes déteiniinatifsliiéroi'lypbiques, et desnombres, c'est d'ailleurs tout ce cpi'on comprend à cette écrituie. Le système des nombres, (pii est décimal, ressend)le, quoique de loin, à celui de 1 K.i:y[)te. Les unités — des barres droites — sont les mêmes que cbez les Kgyptiens. Les dizaines sont généralement des lign<»s liorizonlales. Les centaines sont des cercles, (pielquefois brisés, <piisuggèrenl une comparaison éloignée avec les spirales égyptiennes. Les mille sont des cercles avec des crochets.
Les signes détcrminatifs, outre les chars et les tlècbes, s«>nt des chevaux, des têtes poursignilier des esclaves , des maisons ou des granges, des poi'cs, des arbres, des th'urs, des vasc'S en poterie ou en métal, des outils comme des haches ou des bêches. Voici cpii est encore plus inqiorlant. Les mots sont parfois séparés [)ar des lignes droites, et, de la moyenne des lettres qui y sont incluses, M. Kvans conclut " qu'il est probable que ces signes ont une valeur syllabique ». « Les inscriptions sont invariablement écrites de gauche à droite » \).
Parmi les soixante-dix lettres communes, dix sont pratitpiemenl identiques à certains siiines du svllabaire chvpriote: et environ le même nombre montre des aflinilés avec les letlies grecques postérieures.
('es cpiclques caractéristiques sont peu de chose pour l'intelligence des signes: elles permettent de constater une divergence extraordinaire entre l'écriture linéaire et r«''crilure pictographicpie conventionnelle. Il y a très peu de points communs. L'écriture hiéroglyphique comprend une centaine de signes, dont (pielques-uns manifestement ich'ographiques. (^es idéogrammes sont parfois suivis de nombres, Comme dans r<'*criture linéaire, mais le système hiéroglyphique se résout moins facilement. Quelques-uns des hiéroglyphes les plus fréquents, comme la doid)le hache, l'œil, la croix pommée, ne se retrou-
(I Ils (, VL Y .V.». On ne voit pasi-rpriuiaiil (|iril laill»' plus ou moins de «araclrn's pour uiif rn ihin* syllal»i(|uo que pour une rditurc qui ne Irace que les consonnes; la réfleYion ne porle «lonr que sur la «-iMopaiaisoii avec une éenlure (|ui inarquerail les voyelles sêparénienl (ouinie le ^ree.
LA CRÈTE ANCIENNK.
vent pas dans le linéaire. Ce sont deux systèmes indépendants. Et pourtant, si on peut toujours supposer un changement de dynastie entre les deux systèmes, ils n accusent pas une difFéronce de races. Ils se trouvent en dernier lieu dans le même palais, environnés des mêmes objets.
Mais ce n'est pas assez d'avoir trouvé en Crète trois systèmes distincts d'écriture, au sein d'une civilisation très remarquable par la continuité, sans hiatus, de son développement.
M. Evans a encore recueilli à Cnossos une vingtaine de signes sur des objetsdestinés à l'incrustation (l):ilsressemblent à des siiiiieségyptiens relevés sur des fragments de porcelaine. Les Cretois, en imitant celte industrie, ont probablement emprunté ces signes qui sont peut-être des signes de raccord. Le plus curieux est la ressemblance de dix de ces signes avec des lettres grecques, et la presque^ identité de quatre, quoique dans une position diiféronte. M. Evans n'ose pas toutefois conclure que l'alphabet grec en soit dérivé, il ne consent pas non plus A exclure « une survivance possible et une réaction éventuelle sur la forme des lettres sémitiques importées » (2) en (Irèce.
De même encore, à Phylakopi, dans l'île de iMélos, si complètement imbibée d'influences Cretoises, l'École anglaise d'Athènes a reconnu sur de la poterie des signes dont quelques-uns sont peut-être des lettres, tandis que d'autres sont des signes simples pour évoquer un sens; c'e'st un rudiment, une phase cycladique de l'écriture minocnne (:)).
Dans ces signes non alphabétiques, M. Evans n'a vu qu'un reflet des signes relevés en Egypte par M. Pétrie, et qui, d'après ce savant, remontent à l'antiquité la plus reculée. M. Pétrie a retrouvé le même phénomène au Sinaï, et il n'hésite pas à conclure A une véritable écriture antérieure A l'an 1500 av. J.-G. Ci.).