‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 26 sur 60 · l'art · texte numérisé non relu

l'art

Nous avons pris le palais de Cnosse pour type dr l'architecture Cretoise, ou plutôt comme type de l'organisation de la vie Cretoise. Mais

(1) /i.S.I, vu, p. 118SS.

{'A) loc. liiiid., p. i:>0.

(;{) Ereavaltons al Phylakopi iit }fetos, 1904. Des viiigl-cinq signes de |H)lrrie de Phylakopi, six sont à peu près parallèles à l'écriliire linéaire de la classe B, et les signes pour les dizaines et les iinilés semblent les mêmes d'après M. Kvansi/i.S I, VII, p. :.9).

(4) Hescarchea in Simn, 19(»r,. « | am disposed lo see in this onc of llie man> alpliabels which were in use in llie Medilerranean lands long before tlie lixed alphabet seleeled b> the PhoMiicians. A mass of signs was used continuously l'rom C.ooo or l.om H. C. unlil ont of il was cr>slallised the alphabet of Jhe Medilerranean - fhe Karians and Celtiberians pre-

L'AUT crp:tois.

déjà, pour caractériser les époques successives reconnues sur ce sol, nous avons dû chercher des points de comparaison dans les autres centres de fouilles. Le rassemblement au nuisée de Candie des objets qu'elles ont fournis permet d(^ conclure avec évidence à l'unité de l'art Cretois, et aussi à son incontestable originalité.

Encore ne faut-il pas oublier, avant d'apprécicT ces pauvres débris, que les palais de Cnosse, de Phaestos et de Hagia Triada ont été pillés avant d'être incendiés. Les objets en métaux précieux, les pierres fines, même le plus grand nombre des objets en bronze ont dû disparaître. Qu'on se représente un dépouillement systématique comme celui (lu Temple de Jérusalem.

11 en reste assez pour nous donner une haute idée du sens artistique de ce peuple, fragm(»nts de vases, vases en bronze dédaignés ou oubliés, vases en stéatite, fresques ou bas-n^liefs qu'on ne pouvait détacher du nmr, statuettes ou reliefs de porcelaine dissimulés dans leurs cachettes.

Tous ces objets sont à l'étude. Nous ne saurions avoir la prétention de les décrire. Qu'il nous suffise de donner, s'il se peut, une idée du génie du peuple qui les a exécutés.

Fixée depuis si longtemps en Crète, la race qui habitait ce pays s'est développée sans solution de continuité, non p.as toujours en progressant, mais toujours en obéissant à son instinct propre. C'est un monde nouveau, qui surgit parmi les grandes civilisations anciennes exhumées de» nos jours, et qui prendrait peut-être rang dans Thistoire en tiers avec Babylone et l'Egypte, si on pouvait lire ses écritures. Ce qu'on sait déjà, c'est que la vieille culture minoenne ne leur cède en rien pour le sentiment de l'art. Ce n'est point un monde fermé ; il est ouvert, dès les premières origines, du cùté de l'Egypte, mais il demeure tout à fait original. Il emprunte à la vallée du Nil, cela paraît incontestable, mais ce serait trop de dire qu'il subit son influence. On peut citer parmi les monuments égyptiens des thèmes semblables; peut-être les Cretois les ont-ils connus. Mais ils ne s'en sont point inspirés; ils se sont inspirés de la nature et de leur propre conception du beau.

Voici, sur un monument égyptien (1), une antilope ou une gazelle, ou un autre animal peut-être, qui allaite son petit. Elle a des cornes, mais pas d'oreilles! qu'on la compare à cette chèvre sauvage en por-

serving the greatest number of signs, the Semiles and Phonicians keetûng fewer » (p. Ui\). Il faut attendre une description plus complète de ces signes, qui paraîtra sans doute dans le supplément épigraphique des fiesearcfies.

(I) Description de l'Egypte, A, vol. V, pi. 17, n* 9.

Il /

LA CKKTE ANCIENNE.

celame, dans la même position, (rouvt-e à Cnossc clans le déi.ùt de la déesse aux serpents (miuoen moyen III). Il y a entre ces deux représentations toute la distance dun poncif à une œuvre admirable de réalité et de vie (fig-. 20).

Les Égyptiens ont représenté des paysans s'amusant avec une vache (1). Un petit homme lui court sur le dos et saisit une crne,

Kis. Ht. - c»oss.,s. Chèvre sauvage allaitant ses pelits. Waïuis USA. ix, |.|. ;i.

un autre est à califourchon sur le museau, un troisième siiisit la (|ucue Uu.' ne pouvons-nous reproduire une fresque de Cnosse ! Le taureau est en pleine course, la queue levée, dans le style des vases .le Vaphio. Au-dessus de lui un homme exécute un exercice de cir<iue Son corps allongé trahit un violent effort des muscles. Une femme, suspendue par des cordes, saisit une corne du taureau : une autre, par derrière, semble avoir esquivé son élan.

Et sans doute l'Egypte a fait beaucoup mieux que ce que nous venons de dire. Elle a connu le réalisme, et telle de ses statues est .saisissante de vérité; c'est le portrait dun roi, ou dun conire-maltre, ou d un ouvrier, quelquefois au repos, d'autres fois, et ce sont les plus belles œuvres, dans l'exercice de sa profession. On n'v rencontre pas ce semble, des œuvres animées du môme entrain que les scènes de

(I) Description de VÉijijpte, A, vol. V, (.1. 18, n" 6.

L'AHT CKKTOIS.

pugilat et de cirque d'un des vases en stratite de Hat^ia Triada. Ce beau rhyton pointu, à une anse, est divisé en quatre registres. Premier registre, coupé en deux par un pilier évasé par en liant : deux lulteui*s aux prises, l'un en face de l'autre; puis un lutteur en pousse un autre, un troisième ayant déjà le genou en terre. Deuxième registre : deux taureaux lancés à fond do train ; sur l'un d'eux un

Fig. 21. — Les lieux zones Inféiicnros du rhyfon des lultours. D'après Mnnorie... latït. Lnmhav<in di sricuzr c h'it., \\I, V, lîlOo, pi. H, 3.

Iiomine parait couché fort à son aise, une corne passée entre les jainhcs, dans l'attitude d'un gymnaste expérimenté. Troisième registre: les lutteurs, casqués et gantés; l'un d'eux mord la poussière, le vainqueur, superbe, vient de l'étendre d'un coup de poing. Quatrième registre : les lutteurs ne sont ni casqués, ni gantés. L'un d'eux vient d'abattre son adversaire qui s'arc-boute sur le dos pour lui lancer les pieds dans la poitrine (fig. 21).

Au même ordre d'idée appartient le jongleur en ivoire, qui a dû appartenir lui aussi au thème des courses de taureau (1 ). Il est dans une posture horizontale, tout en longueur, tant son élan l'emporte; la ligure, assez bien conservée, exprime l'énergie et la tension d'un violent effort.

(1) Comparer une eniprciule analogue, /;.s I. Vlll, li-;. i.5, H est maintenant bien clair que le personnaj^c placé au-dessus du taureau dans une fresque de Tirynllic (cf. Perrot et CiiiPiKZ, Hisloire..., VI. fig. i3îO est un gymnaste et non point, comme on l'a cru, un homme qui marchait devant le taureau, placé dans une fausse perspective.

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