‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 28 sur 60 · I;ART CRETOIS · texte numérisé non relu

I;ART CRETOIS

gypte et l'Assyrie se sont essayées à imprimer fortement Tidée de la majesté royale. Trop souvent leurs sculpteurs n^ont rien trouvé de mieux que de donner au monarque une taille gigantesque ou des attributs divins. Jamais peut-être ils n'ont produit l'impression de la majesté, mais d'une majesté humaine, mieux que l'artiste qui a sculpté le troisième des vases en stéatite de llagia Triada.

Un grand chef est debout, tenant dans la main droite un sceptre, le bras gauche courbé avec aisance le long du corps. Sa tête est nue, les longs cheveux sont retenus au sommet par un léger bandeau! Sur la poitrine nue, un triple rang de colliers. Pour tout costume, la ceinture et le caleçon richement brodé et bordé, auquel est fixé le poignard dans une gahie. 11 est chaussé de bottines rattachées aux jandîes par des courroies en forme d'anneaux. La nudité du buste et des bras a permis de rendre le relief des muscles et des cotes.

Devant le prince, un officier tenant dans le poing droit une épée ramenée en arrière dans l'attitude du respc^ct, tandis que la main gauche eet relevée à la hauteur des yeux, comme pour ne pas être ébloui par l'éclat du monarque. Il est coiifé d'un casque à longue aigrette; son habillement est le même, mais il n'a qu'un collier, le caleçon est sans bordure, les bottines sont lisses. Enfin, derrière roflicier, trois soldats dont on ne voit que les têtes et les pieds nus, dissimulés qu'ils sont derrière d'immenses boucliers qui leur donnent le vague aspect de tortues.

On voit que les artistes minoens s'exerçaient à saisir le jeu des articulations et des muscles. Ils ont donné des preuves incontestables de leur habileté dans des bas-reliefs en gesso diiro où les personnages étaient représentés de grandeur naturelle. Ils ne semblent pas avoir jamais exécuté de statues ; en tout cas nous n'en possédons point et nous ignorons c<miment ils se seraient tirés de cette suprême épreuve où les Égyptiens ont si bien réussi.

Le sens du réel, observé dans tous ses détails, se retrouve encore dans la reproduction fidèle du costume. Celui des hommes était peu compliqué, nous venons de le voir. Celui des femmes comportait toutes les recherches de l'élégance.

Sur la petite fresque-miniature i\m représente une grande assemblée, probablement en face d'un temple, des femmes sont assises et elles jasent. Leurs attitudes aisées, leurs minois chitfonnés, leurs cheveux frisottés ont fait l'étonnement, puis la joie des graves archéologues qui les ont vues. Par-dessus l'art classique, si simple dans ses formes, on retrouvait le monde moderne avec son élégance à la fois plus familière et plus affectée ; on prononçait les mots de

LA (:IU:TE AN<:itNNK.

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faubourien, paiisienne, fashionahlo... « Au premier cuup d'œil, dit

M. Evans, nous reconnaissons des dames de la Cour (mi toilette soi-

g-née; elles sortcMitdcs mains du coifleur (1 ). »

Et ce goiU si vif de la nature, ce don de l'observation directe,

cette sûreté de la main qui fixe d'un trait l'expression propre à

chaque être, se retrouvent dans l'imilation des animaux et des plantes. Sur une fresque de Wiis^'m Triada on n'aperçoit d'abord que des plantes grimpantes, puis une tcte de chat apparaît, cachée dans la vcrduic; en suivant son regard on rencontre l'oiseau insouciant qu'il guette (-2).

Nous avons déjà parlé de la cérami(|ue, dont les transformations caractérisent les dilférents Ages de la culture dite minocnne.

liien de plus simple

jf/W^^^ comme ornementation

vent le long d'un vase, ou ces poulpes (|ui semblent Télreindre de leurs tentacules, ou ces spirales, ou ces rosettes, ou ces crocus, si chers aux artistes crétois. Mais la fornu^ du vasiî et sa décoration forment un ensemble si exquis qu'on devra descendre jusqu'au temps des lécythes blancs d'Athènes pour voir rien d'aussi parfait. Encore pourrait-on soutenir que l'ornementation par petits tableaux des vases attiques est moins connaturelle à la céramique. Le succès d'ailleurs fut le môme, et les vases de Crète, quinze cents ans avant

(1) USA. VI. p. 47; cf. lig. 2?.,

(2) Vn sujet j.naJogiu' — l'oiseau est uu cygne — dans un IragiiienI |>ul>lié par M.Clormont-Ganneau dans son album — malheureusement inachevé, — planche V : Cyn'naU/uc.

lig. ±2. — L'ne demoiselle de la eoiir. Kn s(iuc do Cnossos. D'après USA, vu, Jig. 17.

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