‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 37 sur 60 · U CRÊTE ANCIENNE · texte numérisé non relu

U CRÊTE ANCIENNE

sang coule du cou dans un vase de couleur rouge; les quatre pattes forment un faisceau lié par une corde rouge qui prend tout le corps, d'un gris jaunâtre. Sous la table, de couleur jaune, deux veaux sont accroupis au repos K); l'un est jaune, l'autre .i-ris-vert, mais nou tacheté. A partir d'ici le fond qui était bleu devient blanc. On voit

Kiff. .11. - Scliùina de la frise <lu sarcophage de Hagia Triada. I/imnioIalion du taureau.

une prétresse (/) i\ robe vermiculée qui est peut-être une toison dont le bas a été coupé de manière à ce que la queue, régularisé(s forme encore un appen<lic(-, sa ceinture est celle des statuettes en porcelaine de Cnosse, à double tore de métal; les mains sont tendues en avant avec énergie dans l'attitude de loffrandc, l'a^il grand ouvert est dirigé vers Toiseau noir dont nous allons parler. Ce qu'offre eelte

U^Jî^fT,

Fig. 3i. — sanophago de Hagla Triada. Suite du satrifice.

femme, que nous avons nommée prétresse à cause de sa robe vermiculée, c'est un panier i^) suspendu en l'air devant elle à la hauteur de sa tête; les objets contenus dans le panier débordent de façon à laisser voir deux boules blanches et deux boules jaunes, fruits oii gâteaux. Au-dessous du panier, un petit autel //) supportant quelque

LA lŒLlGlON.

chose connue une coupe, ou une table d'offrandes, ou même du combustible. Une grande œnochoé (/) parait plutôt suspendue en l'air, comme le panier, que posée sur un coin de l'autel. Un long support arrondi (/), qui s'amincit vers le haut, fixé dans un socle bâti, se termine par une bipenne double sur laquelle est posé un oiseau noir (/.); on dirait d'un corbeau ou d'un aigle ; l'œil hardi est tourné vers la corbeille. Un arbre, ou plutôt un arbuste [m^ fait le fond de la scène; son feuillage est léger comme celui de Vagnus castus; il est probablement planté dans une caisse, un véritable édicule, garni sur le devant par les cornes de consécration (/;fig. 32).

La même disposition se trouve clairement sur une pierre dure du musée de Candie (fig. 3:J), achetée, mais authentique, qui figure une femme soufflant dans un triton devant un autel où brûle une flamme; plus loin une jardinière avec cornes de consécration, d'où sortent trois plantes. Dans le sarcophage de Hagia Triada, le petit édicule d'où sort la plante est si orné (ju'cm peut le prendre pour le domicile de la divinité. On comprendrait très i)ien que l'oiseau noir, qui en serait le symbole, fût sorti de là pour se porter sur la double hache afin d(^ recevoir l'hommage du sacrifice.

L'autre grand côté du sarcophage contient deux scènes bien distinguées par la direction des visages et des actions (cf. ivj;. 30).

Nous partons ici du milieu pour aller d'abord à gauche [Wg. 3V). Un homme (/«, carnation rouge) tient à la main une lyre à sept cordes; les cordes sont serrées au bas de l'instrument par un grand ruban rouge; il est vêtu d'une robe longue et porte les cheveux longs. Une femme (o), coitfée d'un diadème haut en plumes, porte sur les épaules un \y\Um aux extrémités duquel sont suspendus deux paniers. Une prêtresse (o'), en cheveux nus, vêtue, send^le-t-il, d'une taille dont on ne voit cependant que les rubans, d'une ceinture ronde et d'une jupe vermiculée terminée par derrière en pointe, telle que nous l'avons déjà rencontrée; elle vide un canthareà anses dans un autre canthare plus grand. Ce second canthare est posé sur une base qui repose ellemême sur deux socles pyramidaux; il est donc comme encadré par ces socles d'où sortent des hampes dont chacune se termine par une paire de bipennes. Sui* l'une et l'autre de ces paires de doubles haches, un oiseau. Les hampes, vertes, ne sont pas lisses, comme pré-

Kig. 33. — D'après ww moulage acquis au musée de Caudic (euv. i;2).

LA <:UKTK ANCIENNK.

cédemmciit, mais barbelées d'une couleur plus sombre, comme si ou avait voulu marcjuei* une écorce rugueuse, ou peut-être un tronc de palmier. Les bipennes s<mt jaunes, cernées de noir. Les oiseaux sont actuellement plutôt jaunes que noirs, mais la couleur primitive, peutêtre altérée dans le nettoyage, paraît bien avoir été le noir; la pliysionomie est ici celle de colombes plutôt (|ue celle de coi*beaux ou d'nigles. Dans toute cette partie le fond sur lequel les personnages se déta-

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lii?. 3'». - San'opliai,'e <Ic llaî,Ma l'riadn. Compirmoiit de In scène du sacrifice.

cbeiit est blanc; il devient bleu (juand la directicm cbange (cf. fig. M)]. Nous revenons maintenant au milieu pour aller vers la droite. Vu premier personnage (s), vêtu seulement de la jupe vermiculée, porte un petit veau de couleur jaune. Un deuxième (/), avec la jupe vermiculée, mais dont le moucbetage (»st rouge au lieu d'être noir, porte un petit veau jaune tacheté de gris. Sans ces petites taches grises, on dirait que ce sont les deux veaux de Tautre face; mais la différence est minime, il y a toujours une nuance jaune et une nuance grise, de sorte (|ue la paire se reconnaît. Un troisième pei*sonnage (?/), même costume, porte une barque assez petite pour qu'il la tienne commodément à la main; les extrémités en sont relevées en forme de croissant (1). En avant de ce troisième porteur, et déjà sous le bateau, une petite construction [v] sendjlable à un escalier de trois marches; elle est de couleur lie de vin, et n'est pas en bois, car les lignes sont coupées de façon c\ figurer un appareil. Ici la couleur du fond redevient blanche. La petite construction énigmatique est immédiatement suivie d'un arbn» (.r), semblable à une plante .i:rasse A Irois panaches. Derrière, un [>ersoniiage (//), drapé dans une sorte de pardessus collant qui enveloppe les bras, dans l'attitude d'une momie, avec moins

(\) Vno pelilc ban|ue en niaiine blanc, Irouvée à Ua^iaTriada, est de forme absolument identique. Musée de Candie, vilr. AI'.TPIAAA. n :ri4. Iahv' env. O'n.12.

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