I.A RELIGION. y
de raideur; la figure est naturelle, les cheveux sont nus; la tunique blanche est v<.nniculoe de rouge et bordée dune riche «arniture jaune comnic d'une fourrure. Tout au fond un édiculc polychrome ^;,,' aussi nchen.ent orné que celui de l'autre face, sans porte, comme aussi ce dernier.
Tel est ce monument e.vtraor.linairo, dont les moindres détails offrent un si vif intérêt. Nous ne nous arrêtons qu'au.v grandes lignes
Fig. .TS. - Saicoiihagc de llasia Triada. l.-nirr.indc au mon.
de 1 action représentée. Sur le premier côté, c'est une scène de sacri- ,:t '^t [''"""•'' '!»' Pa^-^isscnt d abord sont probablement celles qui 1 offren . Le joueur de flùlc employé dans c.-tte circonstance était bien connu dans 1 aniiquité classique; nous l'avons retrouvé en Palestine dans le tombeau de Marésa. Le taureau est immolé sur une table et probablement une partie de ses membres était consumée sur l'autel ■ la prêtresse devait les arroser d'huile ou de vin; cette immolation s;ng anic était accompagnée ,1'unc offrande de gâteaux ou de fruils. L'autel elait flanque ,1 une double hache, comme lautel sémitique de ses pierres eveesn.asses d'armes, hampes surmontées d'attributs divers, parmi lesquels on trouv.-ra uiêmc la hache (1). La divinité, figurée peut-être .ieja par la double hache, l'était plus encore par l'oiseau, corbeau ou .••iglc, qm descendait sur la hache pour manifester sa présence sensible I. ed.cuic du fond est apparemment son sanctuaire, ornéde l'nrbro sacré et des cornes de consécrati.m. Tout cela parait assez clair. Il s'agit d'un «acnhce, et d un sacrifice à l'occasion d'un mort, comme le prouve
0) t.«.^.«em,.lcs à cilcr seraient r.u.rnis .urtoul ,.ar les cylindres et cacl.ets ehaldéo-as.v-
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LA CRKTE ANCIKNNK.
l'autre panneau. On dira sans doute encore que le sacrifice est offert an mort, mais il faudrait récuser révidcnce des symboles divins placés derrière l'autel.
L'autre panneau est moins aisé à expliquer. Nous avons dit qu'il se divisait en deux parties. Il y a aux deux extrrmit«''s deux foyers d'attraction : d'un côté les symboles divins, qui sont doubles; de l'autre côté, le défunt. Dans ces conditions il nous parait légitime de rattacher au premier panneau le début du second. L'acte de verser de l'eau dans un canthare, exécuté par une prétresse, n'est pas par luimême un rite de sacrifice; on ne peut voir là une libation. Tout s'explique très bien s'il s'agit d'un des actes du sacrifice du taureau; l'eau servira, soit ù laver les membres offerts au bûcher, soit à faire bouillir certaines parties de la victime réservées aux prêtres. Nous pensons donc que la scène de cette moitié du second panneau n'est p!acée là ([ue parce que la place faisait défaut sur le premier. Tne fois engagés dans cette voie, nous sommes contraints de bloquer toutes les hampes avec leurs bipennes et leurs oiseaux et de ne faire qu'un groupe composé de trois liarnpes. ¥A cela est à coup sur plus satisfaisant (jue de supposer qut' l'objet du culte était tantôt uni([ue, tantôt double. Nous supposons plutôt qu'il était ordinairement triple. Le joueur de cithare correspondrait naturellement au joueur d(» flûte. Ainsi entendue, cet!e scèn<* n'offre pas plus (le difficulté que la première, dont elle est le complément.
Reste l'autre moilié du second panneau. Si nous admettons — puisqu'il s'agit d'un sarcophage — que le sacrifice était offert pour le mort, nous devons maintenant en constater les effets sur le mort, ou peut-être la part qui lui revenait de ce sacrifice. H semble bien que, outre le bénéfice résultant de l'acceptation par les dieux, le mort avait sa part i)ropre de l'offrande. Ce sont les deux veaux, tenus en réserve dans le sacrifice précédent, et comme arrosés du sang du taureau qui pouvait couler sur eux. On les lui offre et aussi une barque. Probablement ils serviront à sa nourriture, tandis que la barque lui permettra de traverser l'Océan céleste. D'ailleurs l'arbre qui ombrage le défunt marque bien qu'il est déjà arrivé à la félicité. De même que la divinité sortait de son sanctuaire pour assister à l'immolation, le défunt a quitté son habitation splendide pour recevoir les d<ms et les hommages des siens. L'édicule richement décoré doit être sa demeure au séjour du bonheur. Oue faire maintenant de la petite construction, semblable à un escalier, placée devant l'arbre? Après bien des conjectures, nous y voyons le propre tombeau du mort; les escaliers marquent peut-être la voûte en encorbellement de sa t/toios. Il est
LA lŒLICION.
donc place entre sa demeure de la (erre et sa demeure céleste. N'estce pas e passage de l'une à l'autre qui est marqué par la course du char enlevé par des griffons sur un des petits panneaux?
Nous avons vu, par l'exemple du flûtiste et du cithariste, le rôle de la musique pendant les sacrifices; il faut ranger ici cette prêtresse déjà citée qui souffle dans une coquille marine {trilonY probablement pour appeler la divinité en môme temps que les fidèles.