‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 48 sur 60 · L.V KKLir.tON · texte numérisé non relu

L.V KKLir.tON

bable que ce symbole appartenait au dieu, plutôt qu'à la déesse du ciel.

Ce qu'on a nommé « cornes d<^ consécration » n'est qu'une réduction de ce premier symbole. Le nom est assez bien choisi pour marquer

Fig. :i!>.

Fij;. {HK Fil,'. <»l.

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D'après USA. VI M, ng. (J(>.

D'après un tiionla^e acMpiis au mus«'t' de Tandie.

D'après USA. MU, (ii-. (il.

(pie la présence de ces cornes donne à un édilice le caractère sacré. On les rencontre souvent sur les édicules figurés (cf. fig. {\'2\ et elles formaient par ellcs-ménK^s un objet votif, surtout lorsqu'elles portaient la double hache (tig. 03^.

Elles étaient destinées à caractériser les autels. L'Ancien Testa- UKMit parle souv<Mit des ror/trs de l'autel. 11 est pi'obable (pic l(»s coriK^s d(» ranimai immolé, placé(^s sur Tautid comnn» un trophé<», lurent remplacées par (h^s formes analogues permanent(»s , naturellement placées au\ (piatrc coins, lopsipic l'autel était carré. L'accord est ici parfait entre la Crèle et les Sémit(^s. On ne peut non plus se dispenser de rappeler à ce propos l'autel des cornes à Délos, rattaché à la Crète par le mythe de Thésée qui y aurait institué la danse r/crn/ios, en souvenir du labyrinthe. « Callimaque, qui raconte au long, la construction de cet autel, dit qu'il était fait de cornes cntrelacétîs cl qu'il était entouré d'une enceinte construite aussi avec des cornes... Artémis apportait à sou frère les tètes de chèvres sauvages

Fi};, u-2. Aiiiol voiK en Irrre cuite roui;*'. a>ee eurnes de eonsecralioii peintes en Diane. DéDris d'un lenon iiniallique :mi de'.sous. Cnossos : licsor de la déesse aii\ serpents (env. I ;{).

tuées par elle sur le Cynthe, et Apollon, entrelaçant les cornes, en élevait un autel sur les fondements qnll avait préparés (1) ». Ces cornes de chèvres sauvages elles aussi rappellent la Crète. L'animal, maintenant nommé agrimiy fitîure sur plusieurs monuments Cretois. Dans la grotte de Dicté, un protome de chèvre sauvage alterne sur un tesson nvec la double hache (cf. fig. 2V). 11 serait bien hardi de dire avec M. Max Millier (-2) que la chèvre Amalthée vient d'une confusion des longues cornes de la vache avec celles des chèvres.

11 y avait évidemment en Crète une légende spéciale relative aux agrimi, comme le prouve l'empreinte (3) représentant une chèvre qui allaite un enfant; une sorte de main de justice plane au-dessus du groupe. Sur une autre empreinte, le svastika est placé au-dessus d'une chèvre (%. OV).

Malgré tout, le rôle do la chèvre so

Fig. 63. — Cornes supports de double liaclies. D'après une [Uiotugraphie.

Fig. 64. — D'après BSA, IX, fig. 59.

Fig'fô» — D'apros Mémoires. ..

développa moins que celui du taureau.

Dans ce cas encore, c'est l'Élam qui nous fournit le point de comparaison le plus frappant. Parmi les documents d'écriture archaïque que le P. Scheil croit antérieurs au IV millénaire av. J.-C, on a trouvé des Mil, iig.3). çyiin^pçg ç^ surtout des empreintes de cylindres qui ont révélé toute une phase inconnue du plus ancien art oriental. M. Jéquier a relevé des taureaux placés dans un champ semé de croix (fit;. 65), et des taureaux debout sur deux

(1) Tu. HoMOLi.K, L'autel des cornes à Dêlos, dans le Bulletin de Corresp. hellénique. vni (188i), p. 432 et 433, cilanl Callimaoik, Hymne à Apollon, et Ovide, Iferoid. XXI : Miror et innumeris structam de cornibus aram.

(3) BSAt 'X, p. 88; trouvée dans un dépôt d'écriture pictograpliique.

LA REIJGION.

pattes (fig. 66), avec des mains à trois doigts ramenées sur la poitrine (1). C*est très exactement le type du minotaure, et il faut dire sans doute, à cause de la date, le prototype. M. Evans a remarqué

Fig. (W. — a,Minolaures élamites, d'après Mémoires..., VIII. fig. 21; 6, c, démons égôens d'après

des empreintes de Vaphio et Mycènes.

que l'espèce bovine ne figure pas dans les couches archéologiques les plus anciennes de la Crète (2).

c) La Cf*oîœ.

La vitrine du musée de Candie qui contient le groupe des figurines aux serpents a été disposée par M. Evans de façon à figurer un sanctuaire, sur le type de la petite chapelle du palais. La place d'honneur est occupée par une croix en beau marbre gris et blanc, soigneusement polie, à branches égales (3). Peut-être cet arrangement met-il trop en relief le culte de la croix, comme on l'a reproché au savant explorateur. Mais on ne saurait nier que la croix ait été un symbole sacré. Nous en avons eu la preuve en la rencontrant, à la place de la rosette, sur une tète de bœuf (ï). En même lemps nous avions le secret de sa signification; comme la rosette c'est le signe — encore plus abrégé — d'un astre. Entre les deux, il faut placer le svastika ou croix gammée, qui représente probablement l'astre conçu comme une roue enflammée en mouvement. Ce signe se trouve fréquemment

(1) Mémoires de la délégalion'en Perse, t. VIIF, p. 10 s.

(2) « The ox indeed in any form seems lo be absent in tbe more primitive archaeological strala of tbe island » (JHS, 1901, p. 152).

(3) Hauteur et largeur 0"',22.

(4) D'après M. l£vans, U croix remplace l'étoile de la pictograpbie primitive (BSA, !X, p. as ss).

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