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Les monuments éi:yptiens sont nombreux et ont été bien étudiés. Ouoicpie rc-ypte pliarannicpn; ait évolué, elle aussi, ce fut dans une certaine li.;:nc; son style st; décèle assez bien. Il a doue été facile aux
iirolilliiiiueiniinilive, ayanl ra>oniH' inovenlail «l»- IKiirope n»nlralt' mi dr iKiiroiM' du Nmd > S. Ki:iN\i:ii. (hroniffttcs il'(frirnf. *• sn'w. p. .M",.",). il) Kiij.i. /m- l\ans(hi.storis(/H'„ sfvlhnit, «Irr /irchrr roii Ta/io. dan^ Irs Jtihnshrfh- «les osteneli/tisthrtt Arrh. Insfitufrs in Wini. \I I'.mk; . \.\\),
savants explorateurs de la Crèt<» de reconnaître dans leurs trouvailles
des objets provenant d'Kuypte. ou imitc-s dr rc-yple, et les éi:\p-
toloi^ues peuvent maint»'-
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raoni(pies, dont les traits individualisants sont si maiMpiés. Peut-être en serait-il tout autrement si l'on compaiait les Cretois à rancienne population de rKnypte, telle qu'elle ,-, été reconnue et n^constituée par M. de Morgan vi .M. Flinders Pétrie. Les res- . semblances nous paraissent réelles et tenir à refond im-me des coutumes (pion n'emprunte pas. Kn lisant \vs Jirc/tm //rs sur 1rs Oritjines dr ri'lijf/ptr du savant français, on sera frappé de certaines analoiîies entre les Cretois et ces Prééiivptiens. Par (exemple à pr<q)os de la céramicjue : « Les débuts de la eé]'ainique des ilcs grecques prcscnteni
rii^. ss. - lMa«|iic' «le srhi.slr c^Np lioiiiH'. au ninsrc du l.niivro. D'apn s lUill. (nrr. hc/l.. \VI. isiiL». pi. I.
LA CUKTK AiNCIKiNMi.
LKS OUKilNES.
des analogies frappantes avec des vases archaïques de l'Egypte. Mais, dans l'Archipel, ces premiers essais furent suivis de nouveaux ellbrts, toujours* dirigés dans le même sens, et peu à peu se forma cet art merveilleux qui se transmit à TÉlrurie et à tous les pays méditerranéens. En Egypte, au contraire, alors que les premiei*s essais dénotaient un véritable sens artistique de la part des indigènes, la conquête arrêta court ces efforts et la céramique devint vulgaire et banale, les émaux remplacèrent pour la décoration des vases, sous le nouvel Empire, les peintures de l'antiquité (1). »
Peut-être faudrait-il rattacher à cet art primitif cette plaque de schiste représentant un taureau qui foule un homme, que M. Heuzey a étudiée sous ce titre : Un prototype des taureaux de Tirynthe et d'Amyclées (2); elle est sans doute égyptienne mais non pas de style égyptien (%. 88).
Plus encore que l'art, les sépultures fourniraient des analogies; citons un seul trait : « L'usage des figurines, très répandu à la fin de la période néolithique, devient très rare dès l'arrivée des Égyptiens (3). » En Crète au contraire, et dans les Cyclades, il se perpétua.
Toute conclusion serait prématurée, tant qu'on ne connaîtra pas mieux la race qui la première a habité aux rives du Nil. La préhistoire égyptienne remonte si haut !
En revanche, ce qui était préhistoire pour les Grecs est de l'histoire relativement moderne chez les Égyptiens. Cette histoire, au temps du nouvel Empire, nous fait connaître un pays de Keftf/w, à prononcer probablement Keftô. Les égyptologues s'accordent à y reconnaître le pays des peuples égéens, et plusieurs reviennent à l'opinion énoncée dès 1858 par Brugsch, que Keftô est tout simplement la Crète.
On n'aurait jamais abandonné cette opinion, d'une sagacité si pénétrante, s'il n'avait été constaté que Kefto, au temps des Plolémées, était la traduction du mot grec qui désigne les Phéniciens, «I^cîvty.s;. iMais ce n'est pas le seul cas où les Égyptiens ont varié leur onomastique.
Le plus curieux est que le même changement, sur le même mot, s'est produit chez les tirées. La Carie, d'après les renseignements
(1) De Morgan, HecUerches..., Il, p. 127. On peut comparer à la |)Olerie de Négailah (fig. 431), trois pots liés, ceux de Crète, Monumenti..., XI V, col. 701, lig. Il,
(2) Bulletin (le Correspondance hellénique, \\\ (1892), p. 307-319 «l pi. I.
(3) De Morgan, Recherches.,., Il, p. 144.
fournis par Athénée, s'appelait d'abord Phénicie (i). Phénix, le père de la Cretoise Europe, n'est pas nécessairement un Phénicien, et les Solymes d'Asie Mineure ne sont point des Sémites parce qu'on nous dit qu'ils parlaient phénicien (2». On peut donc conclure avec M. Fick que <I>5(vt; désigna d'abord, chez les Grecs, la race qui peupla la Crète, la Lycie et la Carie (3).
C'est précisément à la Carie qu'a songé d'abord M. Max Millier, lorsqu'il eut reconnu que Keftô, au temps de la XVIIP dynastie, ne désignait pas les Phéniciens. Il a reconnu depuis que ses premières audaces n'étaient pas assez résolues et qu'il faut entendre par Keftô les pays d'origine de la civilisation égéenne.
L'évidence est entière, aujourd'hui qu'on peut comparer les vases du musée de Cnosse à ceux qui sont représentés sur un certain nombre (le tombeaux du temps de la XVni" dynastie.
Prenons pour exemple le tombeau de Rekhmara (4). Des envoyés de divers pays défilent, pendant que les scribes du Pharaon enregistrent leurs présents (cf. fig. 89J. Us sont divisés en plusieurs groupes, pour représenter les quatre points cardinaux. Du sud viennent les Éthiopiens, avec des singes, des léopards, des bœufs à grande corne, des girafes même; du nord viennent les Syriens, pieds nus, la tête couverte d'un bonnet, vêtus de longues tuniques, avec des chevaux, des ours, des éléphants; du sud-est, les gens de la côte des Somalis, avec des singes et des guépards. Que reste-t-il? l'ouest, évidemment, ou plutôt le nord-ouest, car il ne peut être question des Libyens.
« Viennent en paix les princes de Keft, des lies qui sont au milieu de la grande Verte, à l'état de courbés et d'inclinés pour les volontés de sa majesté le roi du midi et du nord, Ramenkheper, vivificateur éternellement. Les victoires sur tous les pays | ont porté] chez eux le dégoût [de combattre?] (5). »
S'ils n'ont pas combattu, ils n'ont donc pas été vaincus. Ils s'avancent non point courbés, mais dans une attitude aisée, comme des ambassadeurs, non comme des esclaves. Ils ne traînent point d'animaux, ni de produits naturels rares comme plumes d'autruche, ébène,
(1) Kai f, Kapia «I>oiv{xri £xa>£tTO. û>; irapà Kopîvvy; xaî Ba/yy/iôr, SdTiv eupelv [AUi., 17i f.).
(2) Choirilos de Samos dans la Perséide, frag. 4 : y^w<ï<i*v »l»oivia(Tav àizo <TTO(i.àTwv àçievts;.
(3) Voryriechische Orisnamen, p. 124.
{%) Mémoires... de la mission archéologique française au Caire, t. V, fasc. 1 : Le tombeau de Hehhmara, par Ph. Virey ; Paris, 1889. — On ne songeait alors qu'aux Phéniciens. D'aulres tombeaux, celui de Senye et celui de Senmut, dans la partie sud de la nécropole tliéhaine. ont fourni de nouvelles preuves à M. M. Millier dans sa brochure : Neuc Parstellungen « mykenischer » Gesandler... in altOgyptichea Wandgemdlden ; Berlin, 1904,
(5) Traduction de M. Virey.