‹ La criminalité comparéeChapitre 7 sur 43 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Dans l'un de nos précédents chapitres, nous avons moDtré que nous étions loin de méconnaître les facUurs anthropologiques du délit, comme dit Ferri. Il n'est pas un phénomène social, nous le savons, qui ne soit produit par des forces naturelles ; mais il n'en est pas un non plus qui n*ait ses raisons sociales. Et comme à nos yeux le criminalisle n'est pas avant tout un naturaliste, mais bien un moraliste éclairé, c'est-à-dire un sociologisle, sa tâche principale nous paraît être de démêler, je ne dis pas les fadeurs sociaux (car tous les fadeurs sont individuels et physiologiques), mais les raisons sociales du délit afin d'agir sur elles. Nous allons, dans le présent chapitre et le suivant, nous poser un peu au hasard quelques problèmes que soulèvent les données de la statistique criminelle ou de la nouvelle psychologie. Le seul lien de ces considérations sera l'esprit éminemment sociologique qui les inspira, et qui se révélera de mieux en mieux. — La question de savoir la part qu'il faut faire aux impulsions physiologiques et celle qu'il faut réserver aux influences sociales dans la criminalité n'est pas purement théorique. Elle présente l'inlérêt le plus pratique. Par exemple, si à l'égard de certains criminels,

il y a lieu de croire que les impulsions de la vie physique oui été déterminantes, le châtiment appelé ici médication pourra impunément être tout à fait nouveau, sans nul respect pour les usages judiciaires et pour les coutumes du public. Pourquoi ? parce que le conservateur le plus enraciné à la tradition comprend fort bien la nécessité d'innover brusquement en médecine, toutes les fois qu'une découverte nouvelle a suggéré un traitement préférable à Tancien, môme plusieurs fois séculaire. G*est ici l'équivalent de la coutume à respecter, c'est rkaHtude physiologique, le tempérament auquel, en effet, il convient d'avoir toujours égard en traitant son malade. Or, tout pareillement, quand il s'agit de répondre à un délit né de causes principalement sociales par un traitement approprié, c'est-à-dire par un véritable châtiment, on ne comprendrait pas une innovation brusque, une perturbation subite des habitudes sociales et du tempérament national en matièrj de pénalité.

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