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CHAPITRE XIX

L EPïLEPSIE ET L HYSTERIE K L ECOLE,

Comment se manifeste l'épilepsie à l'école. — L'inattention due à un vertige. — Equivalents de l'accès. — L'obnubilation intellectuelle consécutive aux accès. — Les colères épileptiques. — Portrait du petit hystérique.

L'épilepsie ne s'observe pas très fréquemment chez les écoliers et je n'ai pu, dans une pratique de quinze années, n'en noter qu'un petit nombre de cas.

Les grandes attaques surtout sont rares, d*autant plus qu'elles entraînent presque toujours le renvoi momentané ou définitif de Técole.

Mais on peut observer d'autres manifestations moins bruyantes de la névrose.

Voici, par exemple, un enfant qui n'est pas un mauvais écolier; il est suffisamment intelligent et travaille bien : mais il a des périodes

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d'inattention inexplicables qui surprennent ses maîtres et ses parents. Certes^ il ne faudrait pas voir dans tous ces cas des vertiges épileptiques ; une foule d'autres phénomènes peuvent intervenir pour]distraire Tenfant ; ma^is il est des cas, — et on en a cité, — où il s'agissait de vertiges épileptiques de courte durée et qui rendaient momentanément l'enfant inconscient. C'est cette inconscience qu'on prenait pour de l'inattention.

D'autres fois l'écolier présente de véritables équivalents dos accès délirants : actes ou paroles incohérents. J'en ai observé tout récemment un exemple. Il s'agit d'un enfant de dix ans, docile et travailleur, d'intelligence moyenne. Il lui arrive de temps en temps de quitter sa place sans raison, de se promener un instant d'un air égaré dans la classe, en prononçant des paroles incohérentes. Je conseillai au directeur de l'école et au maître de le surveiller attentivement, car je pensai immédiatement à l'epilepsie. L'enfant eut en effet un jour, dans l'école même, une crise convulsive qui duraplus d*un quart d'heure.

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J. Philippe et P. Boncoup (1) ont encore rencontré une autre forme de l'épilepsie chez les écoliers : les crises nocturnes qui passent inaperçues de Tentourage, mais sont suivies dans la journée d'une sorte d'obnubilation intellectuelle qui rend Tenfant inapte à tout travail. « En classe, à la suite de ces crises, qui ont passé inaperçues, le petit écolier parait, durant quelques heures ou quelques jours, endormi et allourdi ; la mémoire se montre brusquement très paresseuse, l'attention est émoussée et toute Tintelligence embrumée. Le maître trouve que Tenfant « n'y est pas » ; il s'aperçoit à une foule de menus détails que cet écolier est autre qu'il n'était la veille, et cependant rien dans les apparences générales de la santé (sauf peut-être un peu de pâleur^ ne justifie ces modifications très profondes au point de vue scolaire ».

Dès Técole le petit épileptique est difficile à vivre. Sombre, égoïste, rancunier, sournois, querelleur, entêté, il est d'une irritabilité exagérée et sujet à des impulsions aussi soudaines que violentes. Ses colères se manifes-

(1) Loc. ctt.

lent par des réactions hors de proportion avec la cause provocatrice. Ce sont des colères explosives et absurdes. Cette forme de Tépilepsie est peut-être celle que Ton observe le plus fréquemment.

X..., âgé de neuf ans, n'est pas absolument inintelligent ; il sait lire et écrire. Fils d'alcoolique, il se masturbe ; on le considère à l'école comme extrêmement dangereux. Pour le motif le plus futile il a des colères soudaines, accompagnées d'impulsivités tout aussi soudaines. Un jour, son voisin de table trempe sa plume dans son encrier ; il se lève de son banc et, avant que le maître ait eu le temps d'intervenir, il lui plante son porte-plume dans la figure, à un centimètre de l'œil.

Comme les crises épileptiques les crises hystériques sont rares à l'école ; mais cela ne veut pas dire qu'on n'y rencontre pas d'hystériques. J'y ai observé bien des enfants menteurs, avides de paraître, d'un amour-propre exagéré, vaniteux et jaloux, très faciles à suggestionner.

Dans bien des cas, il s'agissait peut-être d'hystériques. Voici, du reste, le tableau que

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Mlle Delporte (1) trace du petit hystérique:

« Il dort mal dès sa plus tendre enfance et il est impossible de trouver une cause quelconque à cette insomnie. Il subit facilement les impressions extérieures, il se laisse souvent suggestionner,puis hypn otiser . Il est grand imitateur des actions bonnes ou mauvaises qu'il voit faire auprès de lui. En dehors de sa facilité à subir les impressions extérieures, il est fantasque, capricieux, volontaire, il est faiseur d'histoires et simulateur, il est déjà prétentieux et coquet, il aime à attirer l'attention. Exagéré dans ses manifestations affectives, il est souvent emporté, colère, méchant même, ayant l'amour de la contradiction, affirmant aujourd'hui ce qu'il a nié hier, et toujours avec autant d'énergie et peut-être de bonne foi. Il est bizarre et fantasque, il émet les idées les plus invraisemblables et les plus baroques. Il se vante de prouesses imaginaires et cependant il a peur de tout, il n'ose s'endormir sans lumière, ne peut faire un pas dans l'obscurité, il a souvent des préoccupations au-dessus de son âge ; la mort, la maladie l'impressionnent énormément. Le petit

(1) Loc, cit.

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hystérique est profondément jaloux, au point d'en être malade. Il est excessif en tout, aussi bien dans ses antipathies que dans ses affections, et il en souffre ». A cela s'ajoutent des symptômes d'ordre physiologique : appétit médiocre et capricieux, sommeil agité, terreurs nocturnes, violents maux de tête, etc.

Cet état réagit forcément sur les aptitudes de Técolier ; il importe donc d'en établir rapidement le diagnostic, pour intervenir par une éducation spéciale.

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