‹ La criminalité politique (volume 2)Chapitre 21 sur 76 · IS · texte numérisé non relu

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teurs vaniteux et maladroits, dans les moments critiques, demandent au gouvernement des explications qui peuvent créer de grosses difficultés 1 Que de députés, atteints d'une incontinence de paroles, font des phrases et cherchent l'esprit dans les circonstances les plus graves i « Depuis que j'ai l'honneur d'entrer au Sénat, dit un personnage de sirPolitick S j'ai observé que l'envie de faire voir notre esprit et la vanité de bien parler nous tirent souvent hors du sujet, dont il est question, pour nous jeter en des choses générales, dont il ne s'agit pas. » M me de Staël a observé, à l'occasion du procès de Louis XVI, que ce qu'on avait le plus de peine à concevoir était l'abondance de paroles que les députés prodiguaient dans une discussion aussi solennelle : « Quelle persistance de vanité dans une telle scène 1 î »

Quelles lois peuvent être faites par des assemblées nombreuses, dont les membres ne sont pas préparés à leur rôle de législateurs et sont principalement occupés de leurs intérêts électoraux ! Ils entassent les lois sur les lois, les défont et refont sans cesse, suivant l'intérêt du moment. Les lois ne sont plus gravées sur le marbre, ni sur le bronze, mais écrites sur de la cire et sur du sable tant elles durent peu. Cette mobilité affaiblit leur autorité.

Les lois sont votées, sans être étudiées, sans être coordonnées avec les lois antérieures. C'est pitié de voir des législateurs inexpérimentés, quelquefois imberbes, et même peu familiarisés avec l'orthographe, bouleverser la législation, abroger des lois utiles, voter des lois inutiles

(1) Comédie de Saint-Evremond.

(2) M" 6 de Staël. Considérations sur la Révolution française^ 3* partie, ch. xii.

Pourquoi supprimer les abus, dont nous profitons? A la veille de la Révolution, lorsqu'il était question de réformes, un fermier général disait de même : « Pourquoi changer ? nous sommes si bien. >

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