‹ La criminalité politique (volume 2)Chapitre 4 sur 76 · L'ASSASSINAT POLITIQUE ET LE TTRANNICIDE · texte numérisé non relu

L'ASSASSINAT POLITIQUE ET LE TTRANNICIDE

Lorsqu'on étudie l'histoire des proscriptions, on est épouvanté des actes de cruauté qu'elle contient. Combien Bossue t avait raison de dire : « Il n'y a rien de plus brutal, ni de plus sanguinaire que l'homme 1 , > surtout quand il est animé par une passion politique. A tour de rôle, les patriciens ont proscrit les plébéiens, les plébéiens ont proscrit les patriciens , les rois ont décimé les peuples, les peuples ont égorgé les rois. Les passions politiques ont ensanglanté la terre : rois, empereurs, aristocraties, démocraties, républiques, tous les gouvernements ont commis des assassinats par des considérations politiques, les uns par amour du pouvoir, d'autres par haine de la royauté et de l'aristocratie, tantôt par peur, tantôt par fanatisme.

Des empereurs païens ont fait périr des milliers d'hommes, parce qu'ils étaient chrétiens; plus tard des princes chrétiens ont persécuté leurs sujets qui étaient juifs ; des rois catholiques ont fait égorger des protestants ;

(1) La Politique tirée de l'Ecriture Sainte, 1. I, art. 2.

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des princes protestants ont fait périr des catholiques.

Des rois célèbres, des empereurs illustres n'ont pas reculé devant l'assassinat : Alexandre tua Clilus et Parmenton, Titus Gt assassiner Ccecina au sortir d'un festin auquel il l'avait convié, Charles-Quint Gt tuer Rincon, Philippe Il le prince d'Orange, Charles IX Gt égorger Coligny, Henri 111 le duc de Guise, Ferdinand II Walienstein, etc., etc. Les empereurs romains 1 et les princes italiens qui se disputaient le pouvoir s'envoyaient des assassins. Venise donnait des primes pour faire assasiner ses adversaires. Pendant les guerres de religion, les rois et les chefs de parti avaient des assassins à leurs gages. Pendant la Fronde, le cardinal de Retz Gt proposer à la reine d'assassiner Condé; le duc d'Orléans vint au Parlement demander qu'on complétât les 150.000 livres destinées à récompenser celui qui apporterait la tète de Mazarin. Quelques années auparavant, on avait tenté d'assassiner Richelieu. Le cardinal de Retz raconte dans ses Mémoires qu'il avait lui-même formé le projet de tuer le cardinal de Richelieu pendant la cérémonie du baplême de Mademoiselle ; il ne craint pas d'écrire : « J'embrassai le crime qui me parut consacré par de grands exemples, justifié et honoré par de grands périls. » Le coup manqua par ce que la cérémonie n'eut pas lieu. Retz ajoute : « Cette entreprise nous eût comblés de gloire si clic nous eût réussi. »

Au xvi c , au xvii°, au xvm° siècle on voit des reines, des impératrices commettre ou laisser commettre des assassinats : Marie Sluart laissa luer Darnley, Christine de Suède fit assassiner Monaldesky, Catherine de Russie Gt périr son

(1) Tacite. Histoires, 1. I, § 75 : « Alors Olhon et Vitellius envoyèrent des assassins. •

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