‹ La criminalité politique (volume 2)Chapitre 5 sur 76 · L'ASSASSINAT POLITIQUE · texte numérisé non relu

L'ASSASSINAT POLITIQUE

mari. Lorsque Charles H envoya des assassins à la poursuite de Sidney et d'autres patriotes anglais, c'est sa sœur, Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis XIV, qui fut chargée de donner les ordres et de payer le salaire aux meurtriers.

L'assassinat politique a été quelquefois récompensé par le don de la noblesse. Philippe II anoblit l'assassin du prince d'Orange.

C'est la politique qui a fait longtemps accepter comme une maxime de gouvervement le massacre des enfants après l'assassinat des parents. « Il faut être insensé, disait un proverbe grec, pour laisser vivre les enfants, après avoir tué le père 1 . » Philippe, roi de Macédoine, avait sans cesse cette horrible maxime à la bouche et la mettait en pratique. D'après Denys d'Halicarnasse *, les Grecs faisaient toujours mourir les enfants des tyrans. Les Romains furent d'abord moins cruels. Lorsque Cassius fut condamné pour avoir aspiré à la tyrannie, on mit en question si l'on ferait mourir ses enfants; ils ne furent condamnés à aucune peine 3 . » Mais sous les empereurs romains, le massacre des enfants devint une pratique gouvernementale. C'est ainsi que Mucius fit mourir le fils de Yiteliius, pour étouffer, disait-il, toutes les semences de guerre \

Sous les rois Francs, on sait que la vengeance passait du père au fils et que le désir de supprimer des prétendants à la royauté détermina plusieurs massacres d'enfants. Les deux fils de Clovis, Childebert et Clother, égorgèrent deux des enfants de leur frère Clodomir. Les princes Ita-

(1) Aristote. Rhétorique, 1. 1, ch. xx.

(2) Denys d'Halicarnasse. (Antiquités romaines, \. VIII.)

(3) Montesquieu. Esprit des Lois, I. XXII, ch. xvm.

(4) tacite. Histoires, 1. IV, § 80.

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