‹ La criminalité politiqueChapitre 4 sur 32 · Euripide : Fragments, t. H, p · texte numérisé non relu

Euripide : Fragments, t. H, p

PREFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION v

chent à communiquer leurs croyances. L'incrédule se plaft à faire des incrédules, le vicieux aime à propager ses vices. « Toute chair, dit la Bible avec une grande profondeur, s'unit à celle qui lui ressemble et tout homme s'unit avec son semblable^ » Les savants ont constaté que cet attrait du semblable pour son semblable existe môme dans la nature physique : « Il existe, dit Geoffroy Saint- Hilaire, dans la nature, un principe d'union entre toutes les choses semblables, qui les attire les unes vers les autres*. » Ce n'est que dans les relations des sexes que lesdifférences s'attirent. Partout ailleurs, dans les relations des individus, comme dans celles des peuples, c'est la similitude des goûts, des caractères, des croyances, des littératures qui crée la sympathie.

C'est parce que l'homme n'aime que son semblable et déteste même souvent celui qui diffère de lui par les idées, par les goûts, par la couleur de la peau, que tant de préjugés et d'antipathies existent entre des peuples appartenant à des races différentes, par exemple chez les blancs contre les nègres et réciproquement chez les nègres contre les blancs. « La plupart des blancs, dit Livingstone, se figurent que les nègres sont des sauvages; presque tous les nègres sont persuadés que les blancs sont des cannibales; ils les regardent à leur tour comme des bêles curieuses et les appellent animaux sauvages**. » Aux yeux des peuples barbares de l'Asie, les Européens sont des diables. Non seulement les différences d'idées, mais les divergences de goûts, de nourriture, de vêtements suffisent pour créer des antipathies. Les hommes qui n'ont pas voyagé ou qui ont Tesprit peu cultivé ont même de la peine à comprendre que l'on puisse se vêtir, se nourrir autrement qu'eux, avoir d'autres habitudes. Dans les pays

i. Bcclésiastique, XIU, 19, 20.

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