‹ La criminalité politiqueChapitre 6 sur 32 · Bryce, t. Hï, p · texte numérisé non relu

Bryce, t. Hï, p

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pagoie a dans la capitale de l'État un agent ayant qaalité pour acheter ceux qui présentent des bills hostiles et pour se servir' des intrigants de couloir (lobbyssti) dont il a besoin (t. III, p. 218). J'ai constaté moi-même dans plusieurs procès que des Compagnies allouent k des agents spéciaux un supplément d'indemnité pour démarches à fitire auprès des hommes politiques, ministres, députés, conseillers généraux, conseillers municipaux, en vue d'obtenir des concessions de travaux et de fournitures.

Un tiers de membres du Congrès, d'après le président Roosevelt, ou un quart d'après Bryce, coupables de corruption aux Etats-Unis, c'est effrayant, lorsqu'on songe que les lois sont votées souvent à quelques voix de majorité et même à une voix, et cependant à Rome et surtout à Athènes la vénalité des hommes politiques était tout aussi grande. Ils vendaient leurs votes aux rois d'Asie et d'Egypte; on les payait pour qu'ils fissent voter ou rejeter tel décret par l'Assemblée du peuple ou par le Sénats Les orateurs athéniens, dit M. Croiset, très intelligents, très habiles, étaient en somme des aventuriers, dont beaucoup étaient d'une moralité très médiocre. Démostbène lui-même n'était pas un homme intègre; d'après Plutarque, « il n'eut jamais la force de résister aux présents que les rois lui faisaient pour lui témoigner leur estime et leur reconnaissance^. » Le roi de Perse fit passer à ses satrapes des sommes considérables avec ordre de les donner à cet orateur. Cette correspondance fut découverte par Alexandre qui trouva dans la ville de Sardes les lettres de Démosthène et les registres des généraux du roi de Perse, où étaient inscrites les sommes que cet orateur avaient reçues^. Lorsque Herpalus vint à Athènes

1. Paul Girard : Les orateurs et Popinion publique chez les Athéniens {Revue des Deux Mondes) ^ !•' jaiUct 1897.

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