Plutarque : Vie de Démosthène
implorer la protection de la ville^ il De manqua pas de s'assurer, par de riches présents, Tappui de Démosthène et des principaux orateurs; le peuple, qui eut connaissance de cette corruption, en manifesta une vive indignation. « Démosthène. dit Plutarque, croyant en imposer, proposa lui-même un décret qui chargeait l'aréopage d'informer de cette affaire et de punir tous ceux qui seraient convaincus de s'être laissé corrompre. 11 se présenta donc à ce tribunal, mais il fut le premier que le Sénat trouva coupable et qu'il condamna à une amende de 50 talents*. »
La vie simple, les goûts modestes sont, en général, une garantie de moralité ^, et cependant on trouve à Sparte, comme à Athènes, des exemples de corruption politique, tant est grand le r^le que joue l'argent en politique, même dans la patrie de Lycurgue. Périclès avait ses fonds secrets avec lesquels il achetait méthodiquement les principaux hommes politiques de Sparte*. Du temps de Xénophon, on disait : « Avec de l'argent, on fait bien des choses à Athènes* )>.
Tandis que les philosophes considéraient la vénalité des hommes politiques comme le plus grand des crimes, que Platon proposait de punir par la peine de mort*, les mœurs plus indulgentes faisaient fermer les yeux quand la vénalité ne dépassait pas une certaine mesure. « Dans un fragment qui nous est resté du discours prononcé dans l'affaire d'Harpale par Hypéride contre Démosthène , accusé de vénalité scandaleuse, (on lui reprochait d'avoir