‹ La criminologieChapitre 18 sur 98 · E. Fcrri, op. cil · texte numérisé non relu

E. Fcrri, op. cil

L'ANOMALIE DU CRLMINEL 77

« On persistera lâchement ou niaisement — ajoute M. Corre — à ne pas reconnaître l'assassinat, le vol, les méfaits de toutes sortes, sous Tarrogance et la brillante livrée des hautes situations politiques et financières. Il semble que le crime s'amoindrisse jusqu'à cesser d'être lui-même, à mesure qu'il prend plus d'envergure et que les coupables méritent davantage la réprobation et le châtiment, d'après les conventions sociales. C'est une vérité aussi banale que triste : tous les misérables, qui font bon marché des droits de leurs semblables ne vivent pas dans les prisons et les bagnes; un trop grand nombre posent en vertueux personnages sur les tréteaux du monde honoré et opulent. Voilà qui rendra difficile l'application des principes anthropologiques à l'étude des criminels... Que de prétendus honnêtes gens sont des coquins plus dignes de la chaîne que les coquins auxquels ils l'ont rivée * ! »

Bref, ce serait une grave erreur que de vouloir comparer les condamnés aux non-condamnés^' au lieu de cela, pour avoir deux termes opposés, il faudrait isoler d'un côté les vrais criminels, de l'autre côté les vrais honnêtes gens. Cette dernière classe est sans nul doute la plus difficile à signaler avec certitude, mais la première non plus n'est pas aussi nombreuse que celle des condamnés. Les deux termes que nous possédons sont, le premier, d'honnêtes gens en majorité ^ le deuxième, de criminels en majorité , Qu'y a-t-il d'étonnant, après cela, si la criminalité a son cachet au physique, que ceux qui sont frappés de ce cachet ne forment pas toute la population des prisons ? D'ailleurs, s'il est vrai que ces stigmates se retrouvent plus fréquemment chez les con-

Page 1