Tarde, article cité
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jettent des femmes par la fenêtre, ou qui prennent plaisir à prolonger un supplice, ceux-là sont de vrais criminels qui joignent la lâcheté à la cruauté ; s'ils sont foule, cette foule est bien et dûment appelée criminelle, sans qu'il y ait aucune atténuation de la responsabilité individuelle.
Il y a plusieurs exemples de foules dont la composition anthropologique , suivant l'expression de Sighele, n'était pas mauvaise et qui ont pu être vite calmées par de bonnes raisons ou par un acte énergique, ou en tout cas ont reculé devant le carnage qu'on leur proposait *, ces exemples sont la démonstration a contrario de notre thèse. « Une foule composée d'honnêtes gens pourra commettre des excès, mais elle n'arrivera jamais au degré de perversité atteint par une foule dont la majorité est composée de méchants. »
On à tort de croire à la toute-puissance de la suggestion. « S'il est prouvé que la suggestion hypnotique, la plus forte de toutes, ne va pas jusqu'à annulef complètement la personnalité humaine, mais qu'elle ne lait que l'amoindrir, comment pourrait-on supposer que cette personnalité soit détruite par une suggestion exercée sur un individu non endormi » ^ ?
Il n'y a donc pas de délit collectif ; il n'y a de foule criminelle que celle qui est composée de criminels.
Passons maintenant à l'autre espèce de criminalité, celle des attentats à la propriété. C'est ici sans doute que les causes sociales sont bien plus agissantes ; elles n'empêchent pourtant pas de démêler un élément qui ne dérive pas toujours des influences du milieu»