Bournet, La Criminalité en Corser Lyon
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tel qu'on a été obligé de les soustraire au jury et de les faire juger par les tribunaux correctionnels, afin de ne pas centupler les débats criminels, et aussi, pour que la condamnation soit moins incertaine. Mais d'autres inconvénients se sont manifestés : la liberté provisoire, d'abord, qui, selon la procédure italienne, est due à presque tous les inculpés de délits^ pendant l'instruction et jusqu'à ce que la procédure soit close par un arrêt de la Cour de cassation (les condamnés ne manquant jamais de se pourvoir devant cette Cour), — ce qui diminue de beaucoup l'effet terrorigant de la justice ; — ensuite, l'application de peines trop courtes, et pour lesquelles il est facile d'obtenir encore une diminution par la grâce du souverain. Tout cela ressemble à une demi-impunité, et maintenant le coup de rasoir est devenu tellement à la mode qu'il y a des villages aux environs de Naples, où pas une seule jeune fille, à moins que sa laideur ne la sauvegarde, n'a chance d'y échapper, si elle ne se résigne à épouser le premier venu qui lui en fait la proposition. 11 en est de même pour les coups de revolver, qu'on échange dans les rues ou dans les cabarets de cette ville. On a été forcé, vu leur fréquence incroyable, de les soustraire au jury ; ainsi donc, de ne pas les considérer comme des tentatives de meurtre quoique, le plus souvent, de malheureux passants en soient les victimes. Et c'est avec quelques mois de prison que leurs auteurs sont quittes le plus souvent. Le même effet déplorable s'est produit en France avec les acquittements des vitrio' leuses. Au contraire, en Ecosse, la menace de la peine de mort a suffi pour faire totalement cesser les crimes par le vitriol *.