Voir Haeckcl, Anikropogénie, p. 48. Paris
ment à rhérédité. « La conscience, dît M. Espinas, croît comme l'organisme et parallèlement à lui, renfermant des aptitudes, des formes prédéterminées de pensée et d'action, qui sont des émanations directes de consciences antérieures éclipsées un instant il est vrai, dans Tobscurité de la transmission organique, mais réapparaissant au jour avec des caractères de ressemblance non équivoques, bientôt de plus en plus confirmés par l'exemple et l'éducation. Une génération, c'est un phénomène d€ scissiparité transporté dans la conscience^. »
Cette hypothèse n'est pas invraisemblable, quoiqu'il soit impossible de la démontrer rigoureusement, parce qu'il faudrait, pour cela, pouvoir distinguer, dans le développement moral d'un enfant, ce qui est dû à l'hérédité de ce qui est dû à l'éducation. Comment s'y prendre, d'autant plus que ces deux influences agissent ordinairement dans la même direction, parce que presque toujours elles dérivent des mômes personnes, les parents? L'éducation domestique n'est que la continuation de l'hérédité ; ce qui n'a pas été transmis organiquement, sera transmis par la force des exemples, et d'une manière également inconsciente. On ne pourra jamais mesurer jusqu'à quel point l'une de ces deux forces serait arrivée sans le secours de l'autre.
Aussi, d^une part, ne saurait-on contredire Darwin lorsqu'il affirme que si l'on transportait dans un même pays un certain nombre d'Irlandais et d'Ecossais, les premiers seraient, après un certain temps, dix fois plus nombreux que les Écossais ; mais ceux-ci, à cause de leurs qualités héréditaires, seraient à la tête du gouvernement et des industries. — Mais on n'aurait pas le