‹ La criminologieChapitre 60 sur 98 · Despinc, De la Folie, etc., p. 39, éd. cit · texte numérisé non relu

Despinc, De la Folie, etc., p. 39, éd. cit

3. « 11 n'y a pas longtemps qu'au Brésil, un docteur en médecine de rUniversité de Bahia abandonnait les civilisés et retournai terrer tout nu dans ses forêts natales. Des faits du même genre ont été observés en Australie et en Nouvelle-Zélande. » Victor Jeanvrot, La question de la cnminalile\ Revue de la réforme judiciav^e, 15 juillet 1889, Pari&

système de coercition pour faire acquérir aux prisonniers de nouvelles habitudes en leur imprimant des changements de structure physique et intellectuelle, par rhygiène, l'alimentation, les bains, le massage, la gymnastique, les exercices militaires, Tatelier, Técole, la tenue et la discipline la plus sévère ; on libère après un an ceux qu'on croit capables de se bien conduire d'eux-mêmes ; on les surveille ensuite pendant six mois, et s'ils persistent dans la bonne voie, ils sont définitivement libres, quelle que soit la peine à laqueRe ils avaient été condamnés. Il faut remarquer pourtant que les pensionnaires d'Elmira ne sont pas des récidivistes ; ce sont presque tous des jeunes gens ; leur âge moyen est vingt-et-un ans ; ils sont soumis à un traitement qui ne leur laisse presque pas de repos ; on les place ensuite avantageusement; malgré cela, plusieurs (f entre eux ( 20 pour 100) récidivent dans les six mois suivant leur libération sur parole; les autres sont perdus de vue, mais on affirme « qu'on n'en a plus entendu parler comme criminels ». Mais pour combien de temps, et quelles en sont les preuves? Pourrait- on, d'ailleurs, étendre ce système aux malfaiteurs habituels, aux criminels endurcis? Et quelles qualités ne devrait pas avoir le personnel de l'administration ? Les qualités que possède M. Brockway, l'éminent directeur d'Elmira. « Il faut qu'à la tête d'une institution de ce genre il y ait un homme instruit, très habile, énergique et sévère ; ses subordonnés doivent lui ressembler ; ils doivent être remplis de l'esprit du système. » C'est M. Dudley- Warner, un enthousiaste d'Elmira, qui écrit cela dans une remarquable brochure. A de pareilles conditions, très difficiles à remplir, des institutions de ce genre peuvent donner de bons résultats, mais toujours sur une petite

échelle, comme à Elmira où Ton n'opère que sur des délinquants d'un jeune âge, qui ne sont pas des malfaiteurs habituels.

Ce qui est certain, c'est que le nombre des récidives n'a fait que s'accroître en tous pays, à mesure qu'on adoucissait les peines et qu'on en abrégeait la durée. En France, de 21 0/0 en 1851 elle était arrivée à 440/0 en 1882 pour les délits, et, pour les crimes, de 33 à 52 0/0 *. « La récidive — disait le ministre — continue sa marche envahissante... L'accroissement du nombre des malfaiteurs en état de récidive légale est, en dix années, de 39 0/0, près des deux cinquièmes. » De 1891 à 1895, le chiffre moyen des récidivistes s'éleva à 104,070, presque la moitié du nombre total des condamnés ; il ne commença à baisser que dans la période de 1896 à 1899, évidemment par l'effet des nouvelles lois contre les récidivistes et sur la condamnation conditionnelle.

En Allemagne, de 1889 à 1899, les récidivistes ont plus que doublé (de 88,270 à 187,136).

En Italie, de 1876 à 1895, la récidive a toujours monté. Parmi les 45,579 récidivistes détenus, il y en avait 3,000 ayant encouru plus de six condamnations !

Tout cela prouve expérimentalement l'absurdité de la théorie correctionnaliste, de ses applications du moins. Il n'en pouvait être différemment, car il y a contradiction flagrante dans ses principes. En effet, pendant que d'un côté l'on déclare que le but de la peine est la correction du coupable, de l'autre côté on établit une mesure fixe de peine pour chaque délit, c'est-à-dire un certain nombre de mois ou d'années de détention dans une maison de l'Etat ; ce qui — comme l'a dit le juge Willert —

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