Journal officiel, 13 mars
ressemble au traitement qu'un médecin prescrirait à son malade, avec rindication du jour où on devrait le renvoyer de rhôpital, qu'il soit ou ne soit pas guéri K Tout ce qu'on peut sauver du naufrage de cette théorie ce sont les institutions pour l'enfance abandonnée et pour les adolescents qui ont commencé à montrer de mauvais penchants. Quant aux adultes, on ne peut qu'essayer de leur faire acquérir Yhabitude d'un genre de vie qu'ils devraient désirer pouvoir continuer toujours, parce qu'il sera plus utile pour eux que toute autre activité dans le nouveau milieu social où on les transportera. C'est ainsi que, parmi les criminels, ceox qui ne sont pas tout à fait des hommes dégénérés pourront cesser d'être nuisibles à la société. Cela n'est réalisable que par la déportation on par des colonies agricoles à établir dans les régions peu habitées de la mère-patrie, à la condition que cette sorte d'exil soit perpétuel, ou que du moins la durée n'en soit pas fixée à l'avance, afin qu'on ne libère que les rares individus dont la régénération par le travail pourra être réellement constatée *. De pareils cas, il s'en produit, mais ils sont exceptionnels ; dans les cas ordinaires il est absurde de penser qu'après une absence plus ou moins longue, un délinquant pourra reparaître dans le milieu qui est sa petite patrie, sans y subir les influences qui l'avaient poussé au crime,
1. Willert, Das Postulat der Abschaff'ung des Slrafmasses mU der daçegen erhobenen Emtvendiing.
2. L'idée de la peine sans durée a été avancée par moi en 188«) (voir mon « CrUerio posilivo deUa penalilà », Napoli, Ed. Vallardi) et la môme année, par le D' Kraepelin, dans sa brochure « Die Abschaffung des Slmfmassesy Lefpzifr, 1880 ». Elle a été appuyée par le prof. Liszt, dans ses leçons à TUniversité de Marbourg, 1882, et plus récemment par plusieurs auteurs. Quelques codes ont commencé à radopter, par exemple celui de la République Argentine, 1903, dont il existe un excellent commentaire : La ley pénal Avgentina^ Esludio ci*ilico por Rodolfo Moreno, La Plata, 1903.