‹ La criminologieChapitre 64 sur 98 · Voir Carrara, Programma del Dinllo pénale^ % 1S · texte numérisé non relu

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qui se prononce même sur les lèvres d'un enfant, dont les sentiments de justice n'ont sans doute pas été puisés dans la loi ^ Jusqu'à quel point cette conscience nous donnera-t-elle des réponses précises et uniformes? Rossi lui-même est forcé de convenir que le « fait de conscience » ne saurait être étudié dans chaque délit, et que sa méthode ne peut fixer que les catégories principales. Mais ici encore le doute reprend le dessus. « Il peut exister un critérium moral constant pour dire que certaines actions sont mauvaises; mais il n'y a pas, bien certainement, de critérium moral universel et constant pour pouvoir affirmer qu'une de ces actions est plus mauvaise qu'une autre ^ ». — « Car, a-t-on ajouté, — il est impossible d'affirmer, qu'au point de vue moral, en toutes circonstances, une espèce donnée de délit soit plus grave qu'une autre ^. »

Les différentes espèces de devoirs sont trop différemment appréciées, non seulement par les individus, mais par les classes sociales mêmes, prises dans leur ensemble. Il faut ajouter que les termes de la comparaison ne sont pas homogènes. Sans doute la conscience publique n'hésitera pas à déclarer que l'abus de pouvoir, le vol, le viol, l'escroquerie et la concussion sont des délits, mais elle restera muette si on l'interroge sur le degré d'immoralité intrinsèque de chacun de ces actes.

La vérité est que, par une méthode quelconque, il sera toujours impossible de déterminer d'une manière absolue la gravité relative des délits, car il y a concours de trop

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