D'Aramburu, op, cit,, p
2. Lozano, La escuela antropologica y sociologica criminaly p. 98, La Plata, 1889.
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catégorie peuvent également faire partie d'une autre catégorie, parce que, disent-ils, ce qui est injuste est cruel, et ce qui est cruel est injuste. Je trouve au contraire que ces deux sentiments sont bien distincts Tun de l'autre, et qu'on peut en blesser un sans attaquer Tautre, quoiqu'il puisse bien arriver parfois qu'ils soient tous les deux lésés par une seule et môme action. Est-ce qu'il y aurait de la cruauté par exemple à dévaliser la maison d'un richard en son absence, ou à détourner quelques milliers de francs de la caisse d'une banque de premier ordre ? Il n'y a là évidemment que de Timprobité. Et quelle est au contraire l'improbité de certaines vengeances qui ont été même excitées par le sentiment exagéré d'un tort subi par nous-mêmes, ou par un de nos proches ? Sang •doute, on peut dire qu'il est toujours mal d'offenser qucî-r qu'un d'une manière quelconque, mais ce qui est mal peut ne pas être injuste, et en tous cas il ne s'agit pas de ce sentiment de justice dont nous nous sommes occupés et que nous avons désigné par le mot « probité ».
On nous a fait encore cette objection que les sentiments altruistes n'ont que peu d'uniformité et que le <^ercle des actions délictueuses s'est toujours étendu * . Mais nous admettons parfaitement que les sentiments altruistes étaient bien moindres dans un autre temps et dans d'autres sociétés. Tel a même été notre point de départ, lorsque nous avons parlé des progrès de ces sentiments parallèles à ceux de la civilisation. Notre recherche a pour but de déterminer quels sont les vrais crimes de notre société contemporaine, dont la moralité est fondée sur l'altruisme, pendant que la moralité d'autres peuples et d'autres époques était fondée sur des sen-
1. Colajanni, op.cii,,p, 54-55. — D'Aramburu, op. ci7., p. 102-104.
liments de nature différente, tels que le patriotisme, la religion, la fidélité envers le roi, le respect de la caslc à laquelle on appartenait, le point d'honneur, etc. Je parle de ce quiv constitue un crime pour nous. Européens du XX® siècle. Cela n'empêche pas que l'altruisme rtc puisse se développer encore, et que des actions qui aujourd'hui ne sont pas considérées comme des délits n'acquièrent un jour ce caractère. Le progrès, certainement, enrichira toujours de plus en plus le sens moral. « Si la sensibilité morale augmente, — dit M. Fouillée, — les choses qui sont simplement choquantes deviendront les choses
odieuses de l'avenir Notre sympathie embrasse un
nombre toujours plus grand d'êtres, elle s'étend non seulement à l'humanité , mais à la nature entière ; c'est pourquoi elle peut plus facilement être offensée, surtout dans sa force morale *. »
Il arrivera donc bien probablement que plusieurs faits considérés aujourd'hui comme indifférents en viendront à être considérés comme immoraux, et que d'autres simplement immoraux seront marqués du cachet délictueux, tels que V abandon des fils naturels, le manque de soins de la pari des parents pour leurs enfants, ou le fait de ne pas leur donner une éducation suffisante , ou enco;e la cruauté envers les animaux, la vivisection, V engraissement artificiel, etc., faits contre lesquels les sociétés zoophiles poussent déjà de justes cri3 d'indignation. Pour ce qui regarde la probité, toutes ces fraudes et simulations qu'on découvre dans les procès civils pourront prendre place — à moins de difficultés pratiques — à côté des fraudes qui sont aujourd'hui punissables, de sorte qu'entre les deux espèces il n'y ait