Turiello, Op. ci7., ch. m
que depuis 1850 en Belgique, dès que la pratique de quelques années aval donné aux masses la conviction qu'il n'y aurait plus d'échafaud, le nombre des grands crimes s'est accru, el que depuis 1863, où Ton revint à la pratique de la grâce systématiquement accordée, les grands crimes se sont multipliés « d'une manière effrayante, à mesure que la croyance à l'abolition de la peine de mort a pénétré de plus en plus dans les esprits * » . En effet, de 1865 à 1880, les accusés de meurtre s'étaient accrus de 34 à 120.
On sait que dans le midi de Tltalie, le brigandage, qui y éclata d'une manière terrible en 1861, ne put être dompté que par la fusillade. L'Angleterre où Ton a constamment pendu les assassins, est le seul pays d'Europe dont la criminalité décroît d'une manière sensible (voir page 223). La Prusse, où pendant de longues années il n'y a presque pas eu d'exécutions, présenta dans la même période, un nombre toujours croissant de meurtres : de 242 en 1854, ils arrivaient par une progression non interrompue, à 518 en 1880. En Suisse, à la suite de l'abolition de la peine de mort en 1874, on avait constaté un accroissement dans les meurtres, évalué à 75 0/0 environ, en cinq années seulement*, ce qui décida plusieurs cantons à rétablir cette peine.
En France, les grands crimes avaient été en décroissance tant qu'elle avait été régulièrement exécutée. En 1877 il y avait eu 31 condamnations capitales; M. Gré\y voulut faire une expérience in anima vili ; il ne laissa exécuter que 7 criminels en 1878, 2 en 1880, un seul en 1881. Dès que le monde criminel s'en aperçut, les
1. Cité d*après Beltrani-Scalia, La Ri forma penilenziaria in Italia.