PREFACE XV
paysan russe émigré, et la particularité de sa situation, tant au point de vue de l'exploitation du sol que de l'emploi dans Tindustrie, tient à l'existence de ce communisme agraire que M. Alfassa s'est attaché à décrire et qui, en somme, peut être ou amendé ou supprimé.
Le problème, on le voit de nouveau, se lie étroitement à la rénovation constitutionnelle de la Russie, et s'il me fallait émettre un avis sommaire sur ce sujet, je n'hésiterais pas à dire que la plus grande erreur des réformateurs rtisses serait de vouloir transplanter et appliquer imjnédiatement les idées occidentales de souveraineté populaire, de suffrage universel, de responsabilité ministérielle, etc. En l'état d'ignorance des masses rurales (i), en présence des diversités de races^et de régions, c'est l'élite seule, l'élite de
■ (i) « Cette masse, écrivail-on récemment, comprend l'obéissance aveugle aux volontés du tsar blanc, car elle répond à dix siècles de traditions ; elle comprendra aisément l'excitation au pillage et au partage des domaines seigneuriaux, qui répond à ses instincts ; entre les deux de longtemps elle ne comprendra rien. Donc elle fournira une assemblée de thuriféraires qui ne réformeront rien, ou d'énergumènes qui bouleverseront tout.» (La Crise constitutionnelle en Russie ^ par ***, Paris, 1903, p. 25).
la noblesse, Télite de la bourgeoisie et des classes instruites, qui peut collaborer avec le tsarisme pour mettre fin au gouvernement bureaucratique, améliorer par une administration sage et avisée la condition intellectuelle et matérielle de^ classes populaires, et préparer, à une échéance qui dépendra de sa fermeté et de sa clairvoyance, la participation du pays tout entier à la gestion de la chose publique.
Jacques Flagh.
Les Fougères, 4 Août igo5.