‹ La crise américaine ;Chapitre 2 sur 6 · US · texte numérisé non relu

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<quî sont âVGc mol , et de me lier à sa fonte , dans quelque cas que ce puisse être ^ dois -je le souffrir tranquillement? Et que m’importe que mon enneini soit un roi ou un brigand vulgaire? ou mon compatriote ou étranger ? que je sois attaqué par une armée ou par un seul voleur ? En raisonnant juste , tout cela paroît égal ; ils doivent être punis ou pardonnés de même. Qudls me traitent de rebelle, cela ne me fait rien. Mais je souffrir ois tous les maux de l’enfer^ si je pouvois consentir à prostituer mon ame et à jurer fidélité à fin homme brute , Stupide , imbécîlle et opiniâtre. Je frémis aussi à la seule idée de recevoir grâce d© celui qui , au jour du jugement , cherchera pour se cacher les rocs et les montagnes ^ et fuira avec terreur la présence de l’orphelin ^ de la veuve et de ceux qui ont péri dans la guerre d’Amérique.

Il est des circonstances que Téloquence humaine ne peut rendre^ et telle est celle où nous nous trouvons. Il est aussi des hommes qui ne voient jamais toute l’étendue du mal qui les menace ; ils se leurrent, d’un vain espoir en croyant que si l’ennemi est victorieux , il sera clément. Mais il y a

He îa folie d^espérer de la clémence de celui ^ni nous a refusé justice; car toutes iés fois qü’on desire de vous subjuguer, la clémence qu’on vous promet ü’est qu’une rüsé: de guerre. L’adresse du renard ést aussi dangereuse que la violence du loup : txàné devons donc nous tenir é^aleinent en é^arde contre lune et l’autrèl

Le principll objet qu’Howe â èrt vue \ c’est de pouvoir par ses menaces et pàr ses promesseâ nous épouvanter ôunbus séduivè de manière à nous faire poser* les armés dè demander grâce. Le ministèfé anglais avoÜ recommandé à Gage de Suivre le même plan, et c’est là fc'e que l'es torys. appellent faire leur paix ; paix qu’en vérité on ne peut Concevoir ! paix qui ne seroit que le préludé de maux cent fois pires que tous ceux qué Uous avons jusqu’à pfésètit redoutés !

O vous J habitans de la Pensylvanié , som gez-y sérieusement. Si les AniéHcains de^ cantons éloigriés de là hier quittoléni les armes, ils dëviendroient aisérrieiit la proie des Indieîis qtii soht tous armés ; et peut-être quelques torys n’eh sefoiëht-ils pas facllés ■ Mais si au contraire c’étoiéiit les Américains dit centre qui posasseilt leâ armes ; ils dë^

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snenreroient exposés au ressentiment Iiabitans des provinces reculées , lesquels s’enipresseroient sans doute de punir leur défection. La première province qui mettroit les armes bas ^ recevroit bientôt une garnisson d’Anglais et de Hessois qu’Howe lui donneroit pôur la défendre contre le ressentiment des autres provinces. Une crainte mutuelle est un des principaux anneaux dans la chaîne d’un mutuel amour ; ainsi malheur à celle des provinces qui rompra la première l’accord qui les unit ! Howe vous invite par des paroles de grâce à encourir les dangers d’une destruction barbare ; et ceux qui ne veulent pas voir ces dangers sont des perfides ou des fous. Je ne cherche point à vou3 présenter des terreurs imaginaires ; je ne veux que vous faire entendre la voix de la raison, et vous exposer la vérité dans un langage aussi simple que l’A B G.

Grâce à Dieu, je ne crains points parce que je ne vois rien qui doive nous inspirer des craintes. Je connois bien notre situation , et je vois les moyens d’en sortir. Tandis que notre armée étoit rassemblée, Howe n’a pas osé risquer une bataille 5 et il est

t)îen peu glorieux pour lui d’avoir décampé des plaines blanches , pour aller rava.ger'les campagnes des Jerseys qui étoient sans défense : mais ce qui nous honore, nous, c’esS qu’avec une poignée d’hommes , c’est qu’à la vue d’un ennemi puissant , nous avons fait une retraite de cent milles et passé quatre rivières ^ emportant nos pièces de campagne i nos munitions et la plus grande partie de notre bagage. On ne peut pas dire que cette retraite fut précipitée, puisqu’elle dura près de trois semaines. Nous voulions donner aux gens du pays le tems de se revoir ; nous revînmes même deux fois sur nos pas pour attaquer l’ennemi, et nous restâmes alors jusqu’à la nuit , hors de notre camp. Le moindre signe de crainte ne parut parmi nos troupes ; et sans les fausses alarmes que répandoient quelques lâches et perfides habitans , les Jerseys n’auroient point été ravagés.

Mais nous voilà encore une fois rassemblés. Notre nouvelle armée se recrtite avec célérité jusqu’aux deux extrémités du continent ; et nous pourrons entrer en campagne avec soixante mille hommes bién vêtus et bien armés. Tel est notre état, tout

le monde le sait. Avec du côurage et de là persévérance , nous ne pouvons manquer de succès ; avec de la timidité et de la soumission y nous devons nous attendre au^s: plus grands malheurs ; nos campagnes seront dévastées , nos villes dépeuplées , nos demeures cesseront d'être sûres, Tesclavage y régnera, les Hessois en feront le théâtre de leurs débauches , et nous serons réduits peut-être à douter si les malheureux enfans qui croîtront autour de nous seront à nous* Contemplez riinage de tant de maux , et pleurez ! mais s’il est encore quelqu’insensé qui croie qu’en cas de sujétion ces maux ne seroient point notre partage , puisse -t>il les endurer sans que personne le plaigne l

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