I.E Sens commun
jà
3E NT poIîtîq«e , comme dans les choses ,
pins ordinaires J» nous sommes portéa à on- :
blier le point d’pu nous étions partis , maia ^
même à négliger rexpérience que nous deyrions acquérir en avançant. Nous dépendons, si je puis m’exprimer ainsi , les con- ,
ssoissances de chaque jour suivant les circonstances^ et nous voyageons pour faira de nouvelles découvertes : niais de même, qu’en voyageant il est quelquefois agréable , même utile , de regarder derrière soi , et de. yeîracer tous les sentiers et les détours par^ où Ton a passé , il peut nous être avanta-. \
^eux de Ikire halte dans notre carrière po-. litiqne , pour considérer le labyrinthe extraordinaire que irous ayons parcouru en si peu de tems.
Nous pouvons vraiment dire qu’on n’a jamais vieilli si promptement que nous..
Nous avons fait en, quelques mois ce qui ^ouvoit occuper un siècle. Les événement 3aous ont entraînés si rapidement , que^^ fauta de pouvoir y réfléchir ^ nous ^ prodi-
gu4 à mesure que nous acquérions, et laissé jpresqu’autant que nous emportions. Mais le çhemin où nous ayons passé est encore couvert de riches débris \ et avant que nous ^.liions, plus, loin , je yeux essayer d’çn prpfiter.
Un homme totalement privé de mémoire île pourroit jamais avoir une opinion juste.^ Tout ce qui se passeroit autour de lui j lui offrirpit rimago du chaos. Il seroit oblige d^apprepdre sa propre histoire de la bouche des autres ; et ne sachant pas ce qui se seroit passé dans le monde en son absence ^ il ne pourroit pas juger de ce qui devroit arriver à son retour. Il en est presqu’ainsi d’une trop grande inattention pour les évéuemens dont nous avons été témoins ; elle aaous retarde ; elle embarrasse sans cesse notre j,ugement; tandis que si au contraire ^n compare le passé au présent , on se forme nne idée juste de l’un et de l’autre , et on devient sage à peu de frais. C’est pax une sorte de marche rétrograde que nous pouvons devancer le tems et prédire les choses qui doivent avoir lieu. Beaucoup de cir-^ constances, au moment qu’elles s’offrent] à nous , sembJcut d’énigmes;
comme une énigme est toujours accompa-^ gnée du mot qui l’explique, chaque circonstance amène l’événement qui en donne îa solution. Un long espace de tems peut s’écouler entre les événemens , et à moins que nous ne les observions tous également , le rapport qu’ils Ont eritr’etix nous échappe ; mais ce qu’il y a de maiheüi’eux , c’est que tant parce que nous sommes quelquefois pressés par la nécessité , que parce que notre impatience naturelle nous entraîne, n’examinant pas asse:^ les choses à mesure qu’elles arrivent , et conséquemment les concevant mai, nous nous formons sans cesse de nouveaux obstacles, et nous nous opposons aux desseins favorables de la Providence..
Je n’ai voulu parler de ces inconvénient qu’en générai , parce que, de cette manière, on ne peut les attribuer à personne en particulier : mais avec le tems , on ne pourra .guère s’empêcher d’en rejetter îa faute sur les torys ; car ces g^ns-ià sont toujours empressés de tirer des conclusions des faits les plus simples. La moindre apparence d’uii revers pour nous, la moindre apparence d’im avantage pour Fenneini, doit décider kiivant eux du sort de la campagne. En jii-
géant ainsi à la bâte ^ ils ont métamorphosé une retraite en défaite ; ils ont donne pour impéritie les grands talens du general , et appelle conquête quelque foible avantage accordé à l’ennemi , soit pour l’affoiblir eu divisant ses forces , soit pour 1 embarrasser en multipliant les objets de ses soins , soit enfin pour conserver un poste important ou en enlever quelqu’autre. Ainsi par une mauvaise politique fondée sur de mauvais principes, ils ont réellement servi la cause à laquelle ils prétendoient nuire , et nui à celle qu’ils vouloient servir*
Il est probable que la campagne s’ouvrlrs^ avant l’impression de cette feuille. L’ennexni est resté long-tems dans l’oisiveté , ou s’est amusé à faire la guerre avec des pro-* clamatiOns. Tandis qu’il perd encore son tems,.nos forces s’accroissent; et si nous en venions mainten-^nt à une action^ il est yraisembiable que , coînme il n a pas pu re-, cevoir de. secours, nous remporterions Tayantage, Tv l qu’une baleine blessée à liiort, il n’a |)ais besoin que de tems et d’une place pour .‘x pirer . 11 pourroic pourtant être encore dangereux à approcher de trop près, comme la baleine dont la queue frappe encore de?
Wtips Semblés à son agonie : Itiàîs cîiàqlîi imoinent diminué sa force, et lui ôte le poü^ voir de faire du niale
S’il survient quelque cliôsfe d’intéreésant |>èndant que cet écHt sera sous presse > j’en j^rofîterai pour mes derniers. A prient je ine lasse d’être atix aguets ; et éomnie l’ennemi n’a rien entrepris , comme, il n’y à feu rien dé nouveati depuis quelque tems^ |e rie püis parler que d’objets généraük sans avoir aucun but particulier. Cette Crise contiendra donc plutôt des variétés que des nouvelles, et sera plus utile à la raison qué piquante pour la curiosité.
Les succès de notre causé , fritiiôn dü peuple américain ^ et les nioyens de leà riiainteriir, ne doivéiit pas être perdus uri seul instant de vue. Celui qui doute dé «nos succès est tin lâché, et celui qui cherche à rompre notre union un traître ; leur Caractère peut se reconnoître aisément , et je n’eii dirai pas davantage à présent.
L’une des plus gran dès preuves d’uriîoii . que l’Amériqiie ait jamais offerte > c’est eri refusant au parlement britannique le droit de lier les colonies ddn!s quelque cas qué cè pût êire^ Getté déclaratiori dü parlement
Itoîl non- seulement très hautame dans sà forme , mais elle étoit encore un effet tér*^ !rible du pouvoir arbitraire qu’un certairt nombre d’hommes, ou un pays , puisse s^ar^ roger sur un autre. La taxe qu’ils vou«« îoient nous imposer n’étoit que la pra^ tique de leur prétendu droit ; et cette taxe ne réussissant pas , on a eu recours aux armes pour établir ensemble et le droit et la pratiqué , ou pour effèe tuer un dessein plus funeste dont je parlerai dans ce pam^ plilet. Pour se dédommager énsuitë des frais de leur armée ^ les Anglais ont déclaré les colonies en état de rébellion ; et eil con^ séquence de cette déclaration , ils regardent toutes les propriétés des Ainléïîcains eoitimé im objet de conquête.
De leur côté les Colonies ont d’abord dé-^ fiié à rAUgleterre son prétendu droit ; ensuite elles se sont abstenues des marchandîseâi sur lesquelles on avoit mis une taxe , et elles ont réclamé contre les prétentions du parlement. Mais ces moyens ne leur suffisant pas , elles ont pris les armes pour défendre leurs propriétés attaquées ; et éil réponse à la déclaration de rébellion et de non-proteelion, elles ont publié la déclaration de leur
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