‹ La crise comedie en quatre partiesChapitre 43 sur 48 · SCÈNE Y. - DE MARSAN, JULIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE Y. - DE MARSAN, JULIETTE

DE MARSAN, simple et naturel.

Seule?... je croyais trouver Pierre ici.

JULIETTE, travaillant.

Ici!... y songez-vous?

DE MARSAN, arec la simplicité souriante.

Pourquoi pas?... Vous me permettez de me chauffer les

pieds* (Il s'assied sur le canapé.)

JULIETTE, parlant avec effort.

Il n’est que huit heures... vous n’avez donc fait qu’aller et revenir? *

DE MARSAN

Mon Dieu, oui... le fermier était parti pour la ville... Et encore je suis revenu par le plus long — par le bord de l’eau... Avec les étoiles qu’il y a ce soir, c’est délicieux.

J ULIETTE, indifférente.

Devenez-vous poète par hasard ?

DE MARSAN, riant.

Je n’ai garde de vous donner ce chagrin-là... mais il y a des moments où je rêvasse... comme tout le monde.

JULIETTE, le regardant.

Vous?

DE MARSAN

Moi-même... on rêve à tout âge...

JULIETTE

Je trouve qu’il serait poli, quand on est marié, de rêver haut.

DE MARSAN, un peu sérieux.

Rêver haut?... et le faites-vous, vous, madame?

JULIETTE

Ah 1 ni haut — ni bas, moi !

DE MARSAN

Non, vous ne le faites pas; vous gardez vos songes... la

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